Cette rencontre a permis au gouvernement rwandais de présenter aux représentants diplomatiques les mesures prises pour lutter contre la production et la commercialisation de boissons alcoolisées non conformes, ainsi que les efforts déployés pour préserver la santé publique et renforcer la résilience de la société.
Les échanges interviennent alors que le Rwanda poursuit une vaste opération contre la production et la distribution de boissons alcoolisées illicites, après plusieurs alertes sanitaires liées à leur consommation.
Depuis le début de cette campagne, les autorités ont fermé plus de 140 entreprises et sites de production ne respectant pas les normes. Plusieurs marques de boissons alcoolisées ont également fait l’objet de rappels, tandis que des restrictions ont été imposées sur l’importation de certaines boissons et de l’éthanol.
À Kigali, les autorités ont par ailleurs saisi plus de 470 000 litres d’éthanol, dans le cadre des opérations visant à empêcher son utilisation dans la fabrication de boissons non conformes.
Le gouvernement a également renforcé les contrôles sur les producteurs, les distributeurs et les établissements commerciaux soupçonnés de vendre des produits interdits.
La campagne a également donné lieu à de nombreuses arrestations. Selon le Rwanda Investigation Bureau (RIB), 104 personnes ont été arrêtées dans le cadre des enquêtes, tandis que 97 dossiers ont été transmis au parquet.
Parmi les personnes interpellées figurent des propriétaires et employés d’entreprises de production d’alcool, ainsi que des agents publics soupçonnés d’avoir facilité certaines activités, dont Ntihanabayo Samuel, alias Kazungu, propriétaire et gérant d’Ingufu Gin, et deux employés de cette entreprise, présentés parmi les 16 suspects à Kigali le 8 août.
L’enquête s’est ensuite étendue aux personnes chargées de leur contrôle et de leur réglementation.
Le 13 août, le RIB a présenté 18 suspects, dont le directeur général de la Rwanda Food and Drugs Authority (Rwanda FDA), Prof. Emile Bienvenu, ainsi que des responsables de la Rwanda FDA, de la Rwanda Standards Board (RSB) et des autorités locales.
Selon le RIB, certains responsables publics sont soupçonnés d’avoir abusé de leurs fonctions à des fins personnelles ou d’avoir facilité les activités d’entreprises ne respectant pas les normes. Les enquêteurs examinent notamment des irrégularités présumées dans la délivrance de documents et de certificats, ainsi que dans l’enregistrement de certains produits.
La campagne intervient dans un contexte marqué par de graves conséquences sanitaires attribuées à la consommation de boissons alcoolisées illicites ou de mauvaise qualité.
Les autorités sanitaires ont fait état de plus de 500 personnes prises en charge dans les établissements de santé, de plus de 50 décès et de plus de 100 personnes ayant perdu la vue.
Le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, avait également indiqué que près de 11 000 personnes étaient confrontées à une dépendance chronique à ces substances.
Face à cette situation, le gouvernement affirme vouloir poursuivre les contrôles, renforcer la réglementation et traduire en justice les personnes impliquées dans la production et la distribution de boissons non conformes.
Le gouvernement rwandais a par ailleurs réaffirmé sa volonté de travailler avec ses partenaires afin de trouver des solutions durables pour protéger les communautés et renforcer la résilience de la société.







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