Cette nouvelle dynamique fait suite à la récente visite de la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, la première d’un chef d’État tanzanien en Russie depuis 57 ans.

Cette visite fait d’elle la deuxième présidente tanzanienne à visiter ce pays, après Julius Kambarage Nyerere, qui avait effectué une visite similaire il y a 57 ans.

La présidente Samia Suluhu Hassan, qui participait à un forum économique international, était accompagnée de plusieurs hauts responsables tanzaniens. Ces derniers ont tenu des discussions avec diverses entreprises russes opérant dans plusieurs secteurs clés, notamment la santé, l’exploitation minière, l’agriculture et les technologies.

Selon l’ambassadeur tanzanien John Ulanga, ces échanges devraient produire des retombées économiques significatives, avec des investissements estimés à au moins 2 milliards de dollars à moyen terme.

« Sur la base des discussions commerciales et d’investissement, nous espérons que dans trois à cinq ans, la Tanzanie sera en mesure d’attirer des investissements et des opérateurs économiques dépassant 2 milliards de dollars… Cela fera de la Russie un partenaire clé du développement de la Tanzanie », a-t-il déclaré.

Ces projets de coopération devraient également permettre à la Russie de renforcer sa présence sur le marché de l’Afrique de l’Est.

L’ambassadeur Ulanga a précisé que la Tanzanie espère collaborer avec des investisseurs russes dans des secteurs stratégiques tels que la santé, l’industrie et la production de vaccins.

Il a notamment indiqué que des entreprises tanzaniennes ont exprimé leur volonté de produire, dans les cinq prochaines années, au moins 20 millions de doses de vaccins fabriqués localement, destinés à la consommation nationale ainsi qu’au marché régional.

Par ailleurs, des entreprises russes ont manifesté un intérêt croissant pour les investissements dans l’exploitation de minerais stratégiques, notamment l’uranium, utilisé dans les secteurs de l’énergie et des technologies de pointe.

La société russe Gazprom s’est également dite intéressée par des projets liés au raffinage du pétrole et du gaz en Tanzanie.

Ces discussions ont aussi porté sur plusieurs autres domaines, notamment l’agriculture, les technologies, la transformation industrielle et le développement des petites et moyennes entreprises.

Sur le plan politique et diplomatique, la Tanzanie semble orienter davantage sa stratégie vers la Russie, dans un contexte de relations devenues plus complexes avec certains pays occidentaux, à la suite des tensions liées à l’élection présidentielle de 2025.

Cette élection, remportée par Samia Suluhu Hassan, a été vivement contestée par l’opposition, qui a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral, lequel a été marqué par des violences et des manifestations ayant causé de nombreuses pertes en vies humaines.

Sur le plan économique, la Tanzanie est aujourd’hui la deuxième économie de la Communauté d’Afrique de l’Est, avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 94,89 milliards de dollars en 2026 selon le Fonds monétaire international (FMI), derrière le Kenya, dont le PIB est évalué à 147,26 milliards de dollars.

Enfin, la croissance économique du pays est projetée à 5,9 % dans les années à venir, confirmant les perspectives de développement soutenu de l’économie tanzanienne.

La Tanzanie amorce un rapprochement avec la Russie et plusieurs entreprises russes, avec à la clé la perspective d’investissements estimés à plus de 2 milliards de dollars