Publié le 10 juin 2026, le rapport de Human Rights Watch fait état d’exécutions, de détentions arbitraires ainsi que de recrutements forcés de civils dans les provinces orientales de la RDC.

L’organisation attribue, selon elle, une responsabilité importante à l’armée rwandaise et établit un lien étroit entre les RDF et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), sans toutefois fournir de preuves irréfutables à l’appui de ces accusations.

Dans une déclaration publiée ce jeudi, Yolande Makolo a dénoncé ce qu’elle qualifie de schéma récurrent à l’égard du Rwanda, estimant que, depuis plus de trois décennies, l’organisation produit des rapports reposant sur des sources non identifiées, sans vérifications suffisantes sur le terrain ni éléments de preuve concluants, tout en privilégiant les appels à des sanctions.

La porte-parole du gouvernement a également reproché à Human Rights Watch d’ignorer certains faits pourtant reconnus dans ses propres publications, notamment le soutien avéré du gouvernement congolais au groupe génocidaire FDLR.

« Dans son dernier rapport, Human Rights Watch ne peut prétendre défendre l’obligation de rendre des comptes tout en ignorant ses propres constats selon lesquels Kinshasa arme, finance et coordonne les FDLR, les groupes Wazalendo, des mercenaires étrangers ainsi que l’armée burundaise, autant de forces et milices armées dangereuses qui se trouvent au cœur du conflit et des souffrances humaines dans l’est de la RDC », a-t-elle déclaré.

Yolande Makolo a par ailleurs rejeté toute assimilation entre les Forces de Défense rwandaises et l’AFC/M23.

« Il convient également de rappeler que les Forces de Défense du Rwanda (RDF) ne sont pas l’AFC/M23. Toute enquête sérieuse exige de l’impartialité, un accès aux faits sur le terrain, une rigueur médico-légale, le respect des procédures et du contradictoire, et non des conclusions annoncées à l’avance ou des appels retentissants à des sanctions », a-t-elle ajouté.

Pour Kigali, une solution durable à la crise dans l’est de la RDC passe par la mise en œuvre des accords de Washington, « fondée sur une médiation équilibrée, afin de promouvoir une sécurité durable, le dialogue, la reddition de comptes et la coopération régionale ».

Le gouvernement rwandais affirme depuis plusieurs années que Human Rights Watch ne constitue pas une source d’information fiable concernant le Rwanda. Les autorités rappellent notamment un rapport publié en 2017 sous le titre « All Thieves Must Be Killed », dans lequel l’organisation affirmait que 43 personnes avaient été tuées dans l’ouest du pays, certaines par balles et d’autres après avoir été battues, tandis que plusieurs autres auraient disparu. Les victimes étaient présentées comme étant soupçonnées de vols.

À la suite de ce rapport, la Commission nationale des droits de la personne a mené sa propre enquête. Le 13 octobre 2024, elle a présenté ses conclusions à la presse, affirmant que plusieurs personnes déclarées mortes par Human Rights Watch étaient toujours en vie, tandis que d’autres étaient décédées de causes naturelles.

Kigali reproche également à l’organisation de ne pas reconnaître ses erreurs ni de corriger ses rapports lorsque des informations erronées ou trompeuses sont mises en évidence.

Les critiques à l’encontre de Human Rights Watch ne proviennent pas uniquement du gouvernement rwandais. En mai 2026, l’AFC/M23 a également accusé l’organisation de diffuser des informations mensongères et de faire preuve de partialité en faveur des autorités congolaises.

Cette réaction faisait suite à la publication, le 14 mai, d’un rapport de HRW accusant les combattants de l’AFC/M23 d’avoir tué des civils, commis des viols et procédé à des enlèvements dans la ville d’Uvira entre décembre 2025 et janvier 2026.

L’AFC/M23 avait alors affirmé que Human Rights Watch ignorait délibérément la coopération entre les forces armées congolaises et les FDLR, mouvement considéré par Kigali comme une organisation terroriste créée par des personnes ayant orchestré le génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda.

Selon l’AFC/M23, le manque d’impartialité dont ferait preuve Human Rights Watch dans ses rapports a fortement entamé la crédibilité de l’organisation et réduit la confiance accordée à ses conclusions sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

Yolande Makolo a vivement critiqué le dernier rapport de Human Rights Watch, dénonçant des allégations anonymes récurrentes visant le Rwanda