La future infrastructure, estimée à 16 milliards de dollars, devrait avoir une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole brut par jour. Sa mise en service est prévue à l’horizon 2030, avec l’ambition de fournir des produits pétroliers aux marchés d’Afrique de l’Est et de réduire la dépendance de la région aux importations de carburants raffinés.
Le projet est porté par le groupe Dangote et doit s’appuyer sur des approvisionnements en pétrole brut provenant notamment de pays producteurs de la région. Il vise à faire de Lamu un important centre régional de transformation et de distribution de produits pétroliers.
Le président William Ruto avait annoncé, lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, que les travaux devaient démarrer avant la fin du mois de septembre. Il avait présenté cette infrastructure comme un investissement majeur pour renforcer les capacités industrielles du continent africain.
Selon les informations communiquées par le groupe Dangote, le projet devrait également contribuer à la création de dizaines de milliers d’emplois. Le groupe estime que la raffinerie pourrait générer environ 60 000 emplois et prévoit la participation d’investisseurs étrangers, notamment américains.
Le projet pourrait par ailleurs ouvrir le capital aux États de la région. Dangote a indiqué que trois pays d’Afrique de l’Est devraient détenir ensemble 30 % du capital de la raffinerie, même si l’identité de ces pays n’a pas été entièrement précisée.
Le site de Lamu a été retenu pour ses infrastructures portuaires et son accès aux voies maritimes internationales, dans le cadre de la stratégie kényane visant à en faire un pôle logistique et énergétique pour l’Afrique de l’Est.
Le Kenya considère notamment que l’infrastructure pourrait approvisionner des marchés tels que l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo. Le projet est également lié aux ambitions régionales autour du corridor LAPSSET, qui relie le port de Lamu à plusieurs pays de l’intérieur du continent.
Par ailleurs, la participation de Yoweri Museveni intervient alors que l’Ouganda poursuit parallèlement son projet de raffinerie à Hoima. En mai 2026, le président ougandais avait déclaré que son pays soutenait une grande raffinerie régionale tout en maintenant son propre projet national.
Selon la présidence ougandaise, Kampala considère les deux projets comme complémentaires dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la sécurité énergétique et l’industrialisation de l’Afrique de l’Est.
Le lancement intervient toutefois dans un contexte de contestations locales. Des habitants de Lamu ont engagé des procédures judiciaires concernant notamment les droits fonciers, les indemnisations et les conséquences environnementales du projet.
Un tribunal kényan avait récemment ordonné le maintien du statu quo à la suite d’une plainte déposée par des résidents revendiquant des terres ancestrales et demandant notamment qu’une évaluation des impacts environnementaux soit prise en compte. Malgré cette procédure, la cérémonie de lancement a été maintenue.
Le projet de Lamu s’inspire en partie de l’expérience de la raffinerie Dangote au Nigeria, d’une capacité de 650 000 barils par jour, devenue un important fournisseur de produits pétroliers sur les marchés africains et internationaux.
Avec cette nouvelle infrastructure, le Kenya entend ainsi renforcer son rôle dans le secteur énergétique régional, tandis que Dangote cherche à reproduire en Afrique de l’Est le modèle industriel développé au Nigeria.




Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire