Dans une déclaration publiée ce dimanche 16 août 2026 sur X, Makolo réagissait aux propos du porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui a soutenu que « les Banyamulenge ne sont pas les “Rwandais du Congo”, mais des Congolais, au même titre que toutes les autres communautés de notre pays ».
Cette déclaration de Muyaya intervenait alors que les Banyamulenge commémoraient actuellement le 22e anniversaire du massacre survenu à Gatumba, au Burundi, en 2004, qui avait fait plus de 150 victimes.
Makolo a reproché à Muyaya de transformer la commémoration des victimes en une plateforme de « propagande anti-rwandaise ».
« Les Banyamulenge massacrés en 2004 par les alliés burundais de la RDC étaient des Congolais. Leur mémoire ne doit pas servir d’instrument politique à Kinshasa, pas plus qu’elle ne doit être prétexte à une indignation sélective », a-t-elle indiqué.
Elle a également dénoncé le fait que les FDLR soutenues par Kinshasa et d’autres groupes issus des forces génocidaires continuent d’opérer en toute impunité sur le sol congolais, en violation de l’Accord de paix de Washington.
Plus de 150 morts à Gatumba
Le massacre de Gatumba s’est produit le 13 août 2004 dans un camp de réfugiés situé près de la frontière entre le Burundi et la RDC. Plus de 150 réfugiés congolais, majoritairement des Banyamulenge, avaient été tués et plus de 100 autres blessés.
L’attaque avait été attribuée aux Forces nationales de libération (FNL), un mouvement rebelle burundais majoritairement hutu. Le groupe avait initialement revendiqué l’attaque, avant qu’un de ses anciens dirigeants ne démente ultérieurement cette revendication.
Le rôle de certaines forces burundaises et l’éventuelle implication de combattants congolais ont également fait l’objet d’interrogations et d’appels à des enquêtes approfondies.
Vingt-deux ans après les faits, les survivants et les familles des victimes continuent de réclamer justice et l’établissement des responsabilités.
En 2024, des survivants et des proches des victimes avaient relancé les démarches judiciaires contre des personnes soupçonnées d’implication dans le massacre. Des éléments liés à ces affaires avaient également été transmis à la Cour pénale internationale (CPI).
Dans sa déclaration, Yolande Makolo a enfin accusé Kinshasa de chercher à détourner l’attention des causes de l’insécurité dans l’est de la RDC.
« Occulter ou détourner délibérément l’attention des véritables sources d’insécurité dans l’est de la RDC constitue le cœur même de cette “instrumentalisation” », a conclu la porte-parole du gouvernement rwandais.




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