Alors que l’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances de sa mort, les révélations concernant le passé judiciaire du principal suspect ont provoqué l’indignation de l’opinion publique et des plus hautes autorités de l’État.
Le corps de la jeune fille a été retrouvé le 4 juin dans un ancien silo agricole situé à plusieurs kilomètres de son domicile. Son identification a été confirmée par analyses ADN. Le principal suspect, Jérôme B., âgé de 41 ans et père d’une camarade de classe de la victime, avait été vu en compagnie de Lyhanna le jour de sa disparition. Il a été mis en examen puis placé en détention provisoire.
Un suspect déjà visé par plusieurs plaintes pour violences sexuelles
L’affaire a pris une dimension politique lorsque les enquêteurs ont révélé que le suspect faisait déjà l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour agressions sexuelles et viols sur mineures.
Selon les informations communiquées par le parquet, une première plainte avait été déposée en 2017 par une mère qui accusait Jérôme B. d’entretenir une relation avec sa fille adolescente âgée de 17 ans. L’affaire avait toutefois été classée sans suite, la relation s’étant révélée consentie.
Une deuxième plainte pour viol sur mineure de moins de 15 ans avait également été déposée en 2022, avant d’être finalement classée sans suite en 2024.
Une troisième plainte pour viol avait été enregistrée en août 2025. Cependant, le suspect n’avait toujours pas été entendu par les enquêteurs au moment de la disparition de Lyhanna.
Une quatrième plainte pour viol sur mineur avait aussi été déposée quelques jours avant la découverte du corps de la jeune fille.
D’autres révélations de presse indiquent qu’au moins une nouvelle plainte portant sur des faits remontant à 2023 a également été enregistrée après l’arrestation du suspect.
Plusieurs médias français évoquent désormais jusqu’à cinq signalements ou plaintes visant Jérôme B. au cours des dernières années.
Plus inquiétant encore, certaines accusations étaient accompagnées d’éléments considérés comme sérieux par les victimes et leurs familles. Malgré cela, plusieurs dossiers ont connu d’importants retards de traitement ou n’ont pas donné lieu à des auditions rapides du suspect.
Macron dénonce des « failles » et un « dysfonctionnement »
Face à l’émotion nationale, le président français Emmanuel Macron a dénoncé un « dysfonctionnement » et des « failles » dans le fonctionnement de la justice. Depuis le Monténégro, où il participait à un sommet européen, le chef de l’État a estimé qu’il était impossible d’ignorer les défaillances révélées par cette affaire et a demandé que toute la lumière soit faite sur le traitement des plaintes visant le suspect.
Le président a également insisté sur la nécessité de comprendre pourquoi les alertes successives n’ont pas conduit à des mesures susceptibles de protéger les victimes potentielles.
Par ailleurs, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu publiquement l’échec des institutions judiciaires dans cette affaire. Très ému lors d’une intervention télévisée, il a déclaré que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger cette petite fille ».
Au nom de la justice française, il a présenté ses excuses à la famille de Lyhanna ainsi qu’aux Français choqués par ce drame. Le ministre a admis que des erreurs avaient été commises dans le suivi des plaintes déposées contre le suspect et a promis d’en tirer toutes les conséquences.
Sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement français a ordonné une enquête administrative afin d’examiner le traitement des différentes plaintes et signalements visant Jérôme B, les procureurs concernés ayant été convoqués pour fournir des explications sur les décisions prises dans ces dossiers.
Les investigations devront notamment déterminer pourquoi certaines procédures ont été classées, pourquoi certaines auditions n’ont jamais eu lieu et si des dysfonctionnements administratifs ou des problèmes de coordination entre juridictions ont contribué à laisser le suspect en liberté malgré les accusations répétées dont il faisait l’objet.
Au-delà du drame humain, l’affaire Lyhanna relance en France le débat sur la prise en charge des violences sexuelles contre les enfants. Plusieurs responsables politiques, associations de protection de l’enfance et magistrats demandent désormais une réforme profonde des procédures concernant les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs.
Alors que la famille de Lyhanna attend désormais les résultats complets de l’enquête criminelle, une grande partie de la France s’interroge sur une question devenue centrale : comment un homme visé à plusieurs reprises par des accusations de viols sur mineures a-t-il pu rester libre jusqu’à ce qu’un nouveau drame survienne ?




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