L’avis, publié cette semaine, déconseille également aux citoyens chinois de se rendre en Eswatini.

Selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, cette décision fait suite à une évaluation prudente de la situation, marquée par une forte prévalence de la fraude dans les télécommunications et des activités illégales en ligne, ainsi que par des risques élevés en matière d’ordre public et de sécurité.

Cette mise en garde intervient après une importante opération des forces de l’ordre eswatiniennes visant des ressortissants étrangers, dont une majorité de citoyens chinois, soupçonnés d’être impliqués dans des activités liées à la cybercriminalité organisée. Les autorités locales affirment que ces activités ont été détectées et interrompues avant que les personnes concernées ne soient soumises aux procédures prévues par la loi.

Des médias ont notamment rapporté que 40 ressortissants chinois avaient été détenus lors d’une vaste opération menée contre des ressortissants étrangers soupçonnés d’être liés à des activités illégales en ligne à Mbabane, la capitale, et dans ses environs.

Le gouvernement d’Eswatini a toutefois rejeté l’image d’un pays confronté à une insécurité généralisée, la porte-parole intérimaire, Thabile Mdluli, ayant jugé infondée et regrettable toute suggestion selon laquelle le royaume représenterait une menace sécuritaire « exceptionnelle ou généralisée ».

Mbabane estime que l’opération policière récente ne constitue pas une preuve d’un échec des services de sécurité, mais plutôt la démonstration de leur capacité à identifier et à combattre les activités criminelles. Le gouvernement affirme par ailleurs que l’Eswatini reste un État pacifique, stable et régi par l’État de droit, où les ressortissants étrangers bénéficient de la protection de la loi.

L’avertissement chinois intervient en outre dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, l’Eswatini figurant parmi les 12 pays au monde et demeurant le seul pays africain à entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan, que la Chine considère comme faisant partie intégrante de son territoire.

Les autorités chinoises ont toutefois évité d’établir publiquement un lien direct entre l’avis sécuritaire et les relations entre l’Eswatini et Taïwan, le porte-parole Lin Jian ayant insisté sur le fait que cette décision « reposait sur une évaluation des risques encourus par les ressortissants chinois ».

Cette tension survient également après plusieurs épisodes diplomatiques entre Pékin, Taipei et Mbabane, notamment en avril 2026, lorsque le président taïwanais Lai Ching-te avait rencontré des difficultés pour se rendre en Eswatini, Taïwan ayant accusé la Chine d’avoir exercé des pressions sur certains pays afin qu’ils refusent à son avion les autorisations de survol.

Le gouvernement eswatinien affirme de son côté que sa politique étrangère et ses relations diplomatiques relèvent de sa souveraineté et qu’il ne se laissera pas contraindre ou déstabiliser dans l’exercice de cette souveraineté.

Les autorités chinoises ont toutefois évité d’établir publiquement un lien direct entre l’avis sécuritaire et les relations entre l’Eswatini et Taïwan