Alors que les autorités cherchent à déterminer où elle a contracté le virus, des versions divergentes de son itinéraire et de sa nationalité compliquent les investigations.
Le Nigeria a annoncé le 20 octobre 2026 la confirmation d’un cas de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo chez une patiente hospitalisée à Abuja. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les symptômes sont apparus le 7 octobre, quatre jours après son arrivée au Nigeria.
Après avoir été examinée dans un établissement de santé privé le 11 octobre, son diagnostic a été confirmé par des analyses de laboratoire le 20 octobre.
Au-delà de l’urgence sanitaire, l’affaire prend une dimension diplomatique en raison des divergences entre les autorités nigérianes et ougandaises sur les déplacements de la patiente avant son infection.
D’après les informations rapportées, la femme est née en Ouganda et est l’épouse d’un diplomate suisse affecté à Abuja. Toutefois, des déclarations contradictoires ont circulé sur sa nationalité.
Alors que certaines sources la présentent comme une ressortissante ougandaise, le directeur général des services de santé de l’Ouganda, Charles Olaro, a indiqué que la patiente était nigériane. Cette divergence a contribué à alimenter les interrogations sur son identité administrative et son parcours avant l’apparition des symptômes.
Son statut d’épouse d’un diplomate suisse ajoute une dimension internationale à l’affaire, alors que des informations font état de la mise à l’isolement de son mari, bien qu’il ne présente aucun symptôme.
Les autorités nigérianes estiment que la patiente a probablement contracté le virus lors de son séjour en Ouganda. Le ministre nigérian de la Santé, Muhammad Ali Pate, a déclaré que cette hypothèse était privilégiée, tout en précisant que l’enquête devait permettre d’établir les circonstances exactes de la contamination.
De son côté, le ministère ougandais de la Santé a affirmé que la femme s’était rendue dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) pour des raisons professionnelles avant de transiter par l’Ouganda. Kampala soutient que le simple passage sur son territoire ne prouve pas qu’elle y ait contracté le virus.
Le porte-parole du gouvernement ougandais, Alan Kasujja, a également réaffirmé que son pays ne comptait alors aucun cas actif confirmé d’Ebola, après avoir été déclaré exempt de la maladie en août 2026.
L’OMS a indiqué, le 22 octobre, que les informations qui lui avaient été communiquées ne faisaient pas état d’un déplacement de la patiente en RDC. L’organisation poursuit donc ses investigations afin de reconstituer son itinéraire et d’identifier le lieu probable de l’exposition au virus.
La Suisse, par l’intermédiaire de son Département fédéral des affaires étrangères, a pour sa part déclaré que « la patiente aurait probablement contracté le virus lors de son séjour en Ouganda, environ deux semaines auparavant ».
Le Nigeria a en outre renforcé les mesures sanitaires autour du cas confirmé. Selon l’OMS, 44 contacts de la patiente avaient été identifiés et placés sous surveillance, tandis que les autorités aéronautiques ont été chargées d’empêcher certains d’entre eux de prendre l’avion pendant cette période.
L’affaire soulève également des questions sur la détection précoce de la maladie. En effet, la patiente n’a été testée pour Ebola que treize jours après l’apparition des symptômes, après avoir consulté plusieurs structures de santé, les premiers signes, notamment la fièvre, pouvant être confondus avec ceux d’autres maladies courantes dans la région, comme le paludisme.
Par ailleurs, les autorités sanitaires africaines examinent la possibilité que la patiente nigériane et le premier cas identifié au Kenya aient transité par l’aéroport international d’Entebbe, en Ouganda, le 3 octobre. Cependant, aucun contact direct entre les deux patients n’a été confirmé publiquement.
Le cas nigérian s’inscrit dans une épidémie de souche Bundibugyo déclarée en RDC le 15 mai 2026, qui a également touché le Kenya et l’Ouganda, depuis déclaré exempt de l’infection. Cette souche rare ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifiquement approuvé, faisant de l’isolement des cas, du suivi des contacts et du renforcement de la surveillance des mesures essentielles.
L’OMS déconseille toutefois les restrictions générales de voyage et de commerce visant les pays concernés.





Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire