Selon une communication du ministère congolais de la Justice ce 31 août, l’arrestation de Denise Mukendi Dusauchoy « s’inscrit dans le cadre d’une coopération judiciaire internationale, alors que son dossier fait toujours l’objet d’investigations ».

Les autorités congolaises affirment que le dossier ne date pas de son arrestation en Tanzanie. En octobre et novembre 2025, le procureur général près la Cour de cassation aurait adressé trois demandes d’entraide judiciaire aux autorités belges, concernant Denise Mukendi Dusauchoy et d’autres personnes.

Kinshasa affirme ainsi avoir engagé depuis plusieurs mois des démarches judiciaires internationales autour de cette affaire.

Les circonstances exactes de son arrestation ont fait l’objet de plusieurs versions dans les médias congolais. Des informations rapportent qu’elle a été interpellée en Tanzanie avant d’être transférée vers Kinshasa. Certaines sources évoquent une arrestation à Dar es Salaam, tandis que d’autres font état d’un passage par Kabanga, dans l’ouest du pays.

Selon ChimpReports, elle aurait été conduite à Dar es Salaam avant d’être remise aux autorités congolaises. Le média souligne toutefois que les autorités tanzaniennes et congolaises n’avaient pas publiquement détaillé la procédure juridique suivie.

Denise Mukendi Dusauchoy est connue en RDC pour ses prises de position très suivies sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Elle s’est également engagée en politique et avait lancé son propre parti en 2024.

Elle est devenue particulièrement critique à l’égard du président Félix Tshisekedi et de plusieurs responsables de son gouvernement. Ces dernières années, ses prises de position se sont également rapprochées de l’AFC/M23, mouvement politico-militaire actif dans l’est de la RDC.

Les autorités congolaises lui reprochent notamment la diffusion de fausses informations et de propos susceptibles d’alimenter les divisions. Les accusations précises liées à sa nouvelle arrestation n’ont toutefois pas été publiquement détaillées par le ministère de la Justice.

Cette arrestation intervient par ailleurs alors que Denise Mukendi Dusauchoy avait déjà fait l’objet de poursuites judiciaires en RDC.

En décembre 2024, le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema l’avait condamnée à trois ans de prison pour notamment faux bruits, faux en écriture et injures publiques à l’égard de l’opposant Jacky Ndala et des services de renseignement congolais.

L’affaire faisait suite à une vidéo devenue virale dans laquelle elle avait affirmé que Jacky Ndala avait subi des violences sexuelles pendant sa détention à l’Agence nationale de renseignements (ANR). Le ministère public avait alors requis huit ans de prison à son encontre.

Après avoir été arrêtée à Brazzaville, transférée à Kinshasa et détenue à la prison de Makala, Denise Mukendi Dusauchoy avait finalement bénéficié d’une libération conditionnelle en mars 2025.

L’influenceuse et femme politique congolaise Denise Mukendi Dusauchoy a été arrêtée en Tanzanie avant d’être transférée à Kinshasa