Membre du Sénat américain depuis 2003, où il représentait la Caroline du Sud, Lindsey Graham s’était imposé comme un acteur important sur les questions de défense, de sécurité nationale et de relations internationales. Il était notamment connu pour son soutien à un engagement actif des États-Unis dans la gestion des crises sécuritaires à travers le monde.

Proche du président Donald Trump au sein du Parti républicain, Graham avait joué un rôle dans plusieurs débats liés à la politique étrangère américaine. Peu avant sa mort, il revenait de Kyiv, en Ukraine, où il avait rencontré le président Volodymyr Zelenskyy, alors que la guerre entre l’Ukraine et la Russie se poursuivait.

Un intérêt marqué pour la crise des Grands Lacs

Au fil des années, Lindsey Graham s’était également impliqué dans les questions liées à la sécurité dans la région des Grands Lacs, notamment en République démocratique du Congo (RDC).

Il faisait notamment partie des responsables qui considéraient que les crises de la région ne pouvaient être résolues durablement que par le dialogue politique et les négociations, plutôt que par l’imposition de sanctions uniquement.

Lors d’une visite dans la région en 2013 avec une délégation de cinq autres sénateurs américains, dont il était le porte-parole, il avait estimé que la crise congolaise ne pouvait pas être résolue uniquement par des moyens militaires ou par l’intervention de forces internationales.

Insistant sur le fait qu’une solution durable devait passer par un dialogue politique impliquant la RDC, les pays voisins et les populations locales, il soulignait régulièrement que les préoccupations des populations rwandophones vivant en RDC devaient être prises en compte dans la recherche d’une paix durable.

Sa position sur le conflit AFC/M23

Dans ses dernières années en politique, Graham avait continué à suivre l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, notamment le conflit opposant les forces gouvernementales congolaises à la coalition AFC/M23.

Il plaidait pour un rôle diplomatique accru des États-Unis afin de favoriser une solution négociée. En décembre 2025, après l’annonce du retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, présenté comme une mesure destinée à faciliter les discussions de paix, Graham avait salué cette décision tout en exprimant son inquiétude face aux informations faisant état d’attaques contre les forces en retrait.

« Je suis heureux d’apprendre que les forces du M23 quittent Uvira, en RDC. Mais il est important que les États-Unis renforcent leur rôle de leadership et ramènent toutes les parties à la table des négociations », avait-il notamment déclaré.

Il avait également qualifié l’accord de paix signé à Washington entre le Rwanda et la RDC d’« étape historique », estimant que parvenir à un tel accord semblait autrefois impossible après des années de tensions dans la région.

Un défenseur du dialogue entre Kigali et Washington

Lindsey Graham, qui présentait souvent le Rwanda comme un partenaire important des États-Unis en Afrique de l’Est, avait échangé à plusieurs reprises avec le Président Paul Kagame sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de l’environnement.

En avril 2019, il faisait partie d’une délégation de sénateurs américains reçue par le Président Kagame et la Première dame Jeannette Kagame. Plus récemment, alors que le Président Kagame se trouvait en décembre 2025 à Washington dans le cadre des initiatives liées à l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC, il avait rencontré le sénateur Graham pour discuter des moyens de renforcer davantage les relations entre Kigali et Washington.

Graham s’était également opposé à l’idée d’imposer des sanctions américaines contre le Rwanda dans le contexte des tensions liées au conflit dans l’est de la RDC.

Selon The Wall Street Journal, il avait défendu auprès des responsables américains l’idée que Kigali restait un partenaire sécuritaire important et que des sanctions pourraient compliquer les efforts de paix.

Au Rwanda comme dans la région des Grands Lacs, Lindsey Graham restera associé à la défense d’une approche fondée sur la diplomatie et le dialogue pour résoudre les crises régionales.

Le sénateur américain Lindsey Olin Graham, figure majeure du Parti républicain et personnalité influente de la politique étrangère des États-Unis, est décédé à l’âge de 71 ans
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