Cet accord de 60 jours est destiné à ouvrir la voie à des négociations plus larges en vue d’un cessez-le-feu permanent. Parmi ses 14 principales dispositions figurent la cessation des hostilités entre les deux parties au Moyen-Orient, le respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que la remise en service des ports iraniens.

Dans le cadre de cet accord, l’Iran est tenu de mettre fin au développement d’armes nucléaires, tandis que les États-Unis se sont engagés à assouplir les sanctions et à libérer des fonds iraniens gelés dans des banques internationales. Washington a également promis de contribuer à hauteur d’environ 300 milliards de dollars à la reconstruction des zones touchées par la guerre.

À la suite de cette annonce, les prix mondiaux du pétrole ont rapidement reculé vers leurs niveaux d’avant-crise. Au plus fort des tensions, le baril de brut avait atteint jusqu’à 120 dollars, avant de redescendre à environ 77,69 dollars. Le pétrole brut américain s’échange actuellement autour de 74,90 dollars le baril.

Le président américain Donald Trump a signé l’accord lors d’une réunion du G7 en France, tandis que l’Iran a également confirmé que le président Masoud Pezeshkian avait signé le document le 17 juin.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, demeure une route stratégique majeure pour les échanges énergétiques et commerciaux entre le Moyen-Orient et les marchés internationaux.

La précédente flambée des prix du pétrole a eu des répercussions directes sur le Rwanda, où les prix des carburants ont atteint des niveaux historiques. Le 5 juin 2026, le litre d’essence s’élevait à 2 938 francs rwandais, tandis que le diesel atteignait 2 927 francs rwandais, sous l’effet de la volatilité des marchés internationaux.

S’exprimant devant les médias le 6 juin, le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva avait insisté sur le fait que, sans les subventions gouvernementales, le litre de diesel aurait atteint 3 581 francs rwandais, l’État couvrant ainsi environ 18,16 % du coût par des mesures de soutien.

Lors d'une intervention le 16 juin, le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a pour sa part noté le fait que, bien que cet accord soit une évolution positive, le Rwanda adopte une approche prudente.

« Jusqu’à présent, nous avons reçu de bonnes nouvelles faisant état d’accords initiaux concernant la guerre au Moyen-Orient. Toutefois, notre principe demeure d’attendre de voir. Cela s’explique par deux raisons principales. Premièrement, nous souhaitons vérifier si l’accord est effectivement mis en œuvre et s’il est durable. », a-t-il déclaré.

En effet, les prix du carburant au Rwanda sont ajustés tous les deux mois, le pays disposant par ailleurs de réserves stratégiques pour atténuer les chocs d’approvisionnement.

Les routes maritimes reliant des ports tels que Dubaï ou Bandar Abbas prennent généralement entre six et douze jours pour atteindre Mombasa au Kenya ou Dar es Salaam en Tanzanie, avec un délai supplémentaire pour l’acheminement vers le Rwanda. Cela signifie que les marchandises déjà en transit ou stockées dans les entrepôts peuvent encore refléter les anciens niveaux de prix.

M. Murangwa a toutefois souligné le fait que même en cas de stabilisation immédiate des conditions mondiales, les marchés locaux continueraient de subir les effets des perturbations antérieures.

« Même en cas de stabilisation immédiate, un effet de rattrapage persisterait. Nous anticipons donc la poursuite des répercussions du blocage survenu. Il n’est pas encore établi que la situation soit totalement résolue. Il conviendra d’observer la manière dont les acteurs du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement parviendront à résorber l’arriéré de marchandises bloquées dans le Golfe. », a-t-il ajouté.

L’accord prévoit également le retrait des mines navales et d’autres obstacles maritimes dans le détroit d’Ormuz dans un délai de 30 jours. Durant cette période, les volumes de transport maritime devraient revenir à leurs niveaux d’avant-crise, avec le retrait des forces navales américaines déployées dans la région.

Il stipule par ailleurs que le transport maritime commercial doit reprendre un fonctionnement normal sous supervision iranienne.

Le Rwanda affirme que ses réserves stratégiques de carburant n’ont pas été affectées depuis le début du conflit avec l’Iran et indique travailler à garantir la stabilité de l’approvisionnement du marché intérieur ainsi que des biens essentiels.

Selon l’Institut national des statistiques du Rwanda (NISR), les prix à la consommation ont augmenté de 12,9 % en mai 2026 par rapport à la même période en 2025.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, demeure une route stratégique majeure pour les échanges énergétiques et commerciaux