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A quoi pense-t-on pendant une minute de silence ?

Redigé par Olivier Kabalisa
Le 22 mars 2012 à 05:29

Une minute de silence est un moment de recueillement, signe d’hommage. Elle tient son nom de sa durée, traditionnellement une minute, mais sa durée peut être différente.
Cette forme permet de remplacer la prière, traditionnelle dans des sociétés très religieuses, par une formule plus anodine et compatible avec des religions diverses, incluant l’athéisme.
Afin de convenir d’une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l’on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de (...)

 Une minute de silence est un moment de recueillement, signe d’hommage. Elle tient son nom de sa durée, traditionnellement une minute, mais sa durée peut être différente.

Cette forme permet de remplacer la prière, traditionnelle dans des sociétés très religieuses, par une formule plus anodine et compatible avec des religions diverses, incluant l’athéisme.

Afin de convenir d’une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l’on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence.

 Selon Patrique Manzi, un étudiant dans l’une des Universités qui se trouve au Rwanda, dans son entretien avec IGIHE, une minute de silence c’est comme la télépathie (un hypothétique échange d’informations entre deux personnes n’impliquant aucune interaction sensorielle ou énergétique connue).

Mais pour Eric Deschavane interrogée par Atlantico,"ce qui ce passe dans la tête des gens dans un tel moment n’a aucune importance. On peut laisser ses pensées se promener, ne penser à rien ou trouver le temps long, peu importe quand on ne connaît pas les victimes auxquelles on rend hommage".

"Dans une minute de silence je pense aux histoires douloureuses de mon passée qui ne correspondent pas nécessairement au présent et ça fait toujours mal au coeur" a fait savoir Eric Nkurikiyinka, éleveur, dans un entretien téléphonique avec IGIHE.

La vertu de la minute de silence se situe cependant ailleurs que dans la qualité du recueillement personnel qu’elle est censée provoquer. Elle vaut par sa dimension collective, civique, en tant qu’expression de la communauté. Il s’agit de se taire à l’unisson, si je puis dire.

On ne demande pas à l’individu des pensées précises, la minute de silence n’est même pas une prière : elle n’exige qu’une certaine discipline du corps, un minimum de maîtrise de soi fondée sur la reconnaissance du drame qui affecte la communauté. De tels moments, où la communauté somme l’individu de s’oublier un peu, sont finalement assez rares, et l’on peut voir dans la minute de silence une sorte de rite moderne.

On pourrait cependant discuter l’idée de solliciter les enfants et les adolescents pour cet instant de recueil. D’abord, parce que leur consentement est extorqué ; ce sont des participants captifs. Ensuite, en dépit de ce qu’on veut nous faire croire, parce qu’ils sont a priori moins aptes que les adultes à éprouver de l’empathie ou à saisir la portée symbolique d’un moment.

D’un autre côté, on peut plaider pour la dimension d’éducation civique de la minute de silence, les élèves découvrant à cette occasion la capacité de la communauté nationale à marquer sa solidarité avec les victimes d’un drame particulier. 

La multiplication de ces minutes de silence tient sans doute au fait qu’elles ne sont plus réservées à la commémoration des drames qui ont une portée historique et politique.


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