Urgent

Tolérance Zero-Malversations et corruption… certains hauts dirigeants pourraient être poursuivis en justice

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 23 juillet 2020 à 11:13

Le Rwanda officiel améliore de mieux en mieux son système managérial de la chose publique. Il en est actuellement à l’étape supérieure où ministre ou autre haute personnalité réponde pénalement de sa mauvaise gestion délibérée et de présumé crime de corruption dont il est sérieusement soupçonné.

Ça c’est du moins ce que réserve l’année 2020. Toute démission forcée est suivie de près par une enquête sur les possibles malversations économiques de tel ou tel haut fonctionnaire. Sur les 20 hautes personnalités investies ministres en 2017, 12 ont été priées de remettre les gants. Tous les secrétaires d’Etat entrés en fonction à la même période ont été déjà congédiés. En tout 23 ministres et Secrétaires d’Etat ont été chassés.

Publiez a temps les conclusions des investigations policieres !!!
Mais ce n’est pas tout. Certains d’entre eux sont sous investigation judiciaire pour répondre des manquements aux responsabilités qui étaient les leurs.
Certains hommes politiques dont Joseph Habineza, député et président du Democratic Green Party of Rwanda apprécient la nouvelle situation de lutte contre les personnalités publiques corrompues.

« Tout ceci c’est bon. Quand on remercie un haut fonctionnaire, qu’on annonce la faute commise qui lui vaut d’être chassé, nous apprécions cette action parce que cela veut dire qu’il doit répondre des responsabilités non ou mal remplies. Mais alors, quand on annonce que ce fonctionnaire est sous investigations policières, il faut que celles-ci soient conclues dans une période courte et qu’on annonce les résultats. Ça ne sert à rien d’annoncer ces investigations qui n’aboutiront qu’après des mois ou des années », a dit le député Habineza trouvant que très vite de telles longues investigations se font oublier de l’opinion publique.

Poursuivre en justice ces hauts fonctionnaires qui ont manqué à leurs responsabilités est apprécié par des gens lettrés et autres chercheurs en matière de gouvernance sociale. Loin de croire que le ciel tombe sur la terre quand on arrête telle personnalité publique et la traduire en justice pour vice de corruption et autres malversations économiques, cela a un impact positif sur la société.

« Des telles mesures montrent souvent que la volonté politique tracée par le régime de faire de la Corruption Tolérance Zero va de plus en plus s’affirmant dans les us et coutumes des citoyens », a dit Dr Ismaël Buchanan, Professeur de Politologie à l’Université du Rwanda, insistant sur le fait que ne pas réprimer ce crime est plutôt signe de couverture de ces mauvais fonctionnaires qui empuantiront de plus en plus d’autres fonctionnaires et la société entière.

Pour ce chercheur, il est intéressant de voir la situation créée à la lumière de la radiation d’un haut fonctionnaire corrompu à tel poste donné.
« Combler les lacunes causées par le fonctionnaire véreux chassé de son poste, cela prend du temps. Mais il est impérieux de ne pas tergiverser sur cette personnalité corrompue pensant qu’on la chassera quand on aura une autre personne pour la remplacer. La question cruciale est d’être fidèle aux stratégies mises sur pied pour assainir l’administration et veiller à l’intégrité de la chose publique. Le Rwanda a opté pour la Tolérance Zéro contre la corruption. Il y va deux fois plus vite que d’autres pays soucieux aussi de combattre la corruption », a-t-il ajouté.

Mais est-ce un problème de chasser telle haute personnalité publique pour manquement ?
Non, pas du tout, rétorque l’hon. Habineza. Ce politicien trouve que dans la gestion saine de la chose publique, les relations entre dirigeants ne doivent pas être de nature amicale. Elles doivent être froides et basées sur le principe de transparence et d’intégrité.
« Tout dépend de l’attitude de la personne qui les (fonctionnaires et personnalités publiques) met en place. Quand il constate qu’ils ne remplissent pas leurs responsabilités comme il faut, il doit s’obliger de prendre des mesures sévères pour qu’ils répondent pénalement de leurs actes criminels. Personne n’a le droit de dilapider le patrimoine public », a-t-il dit qui est désolé de voir qu’il manque de passerelles de communication entre diverses institutions concernées par le souci de transparence de la chose publique.

Ainsi, il trouve qu’aussitôt que l’Office de l’Auditeur Général (OAG) des Comptes publics a publié son rapport qui pointe du doigt telle ou telle institution, les organes d’investigations policières en parfaite collaboration avec le Ministère public devraient commencer leurs travaux et faire comparaître devant la Cour les fonctionnaires délictueux.

Un développement nouveau intéressant en la matière
Il est appréciable de voir que deux secrétaires Permanents près le Ministère des finances, Caleb Rwamuganza (Secrétaire Permanent) et des Christian Rwankunda de celui des Infrastructures en compagnie du DG de RHA (Rwanda Housing Authority) sont sous les verrous pour avoir détourné deux milliards de francs du Trésor public. Il leur est reproché d’avoir délibérément surévalué la valeur d’un immeuble d’un particulier acheté par l’Etat pour une valeur de six milliards de francs. Ils ont présumablement surfacturé à 8 milliards cet immeuble situé dans le quartier urbain de Kacyiru en face de l’Hôtel Méridien.

La lutte contre les personnalités corrompues déferle aussi sur le géant et indéboulonnable Ministre Claver Gatete des Infrastructures.
Des investigations sur la mauvaise gestion du bien public courent toujours sur lui. C’est aussi l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Primaire et Secondaire, Isaac Munyakazi, poursuivi pour corruption.

Le couperet de la justice frappe l’ex-Premier Ministre

Le Président Paul Kagame a décidé : « Pas de quartier pour les fonctionnaires véreux ! ». C’était lors de la très récente réunion du Bureau Politique restreint de son parti le FPR au pouvoir. Il a carrément instruit son ministre de la justice de poursuivre tous les fonctionnaires coupables de malversations économiques du patrimoine public.

Mais la justice frappe indistinctement. Personne n’est à l’abri. C’est le cas de l’Ex-Premier Ministre, Dr PD Habumuremyi, promoteur en éducation et président directeur général de son université Rwanda Christian University qui a été obligé de fermer ses portes par le ministère de l’Education.

Il est reproché à Damien Habumuremyi d’émettre des chèques sans provision d’une valeur totale de plus de dix huit millions de francs. Le tribunal de Kacyiru vient de confirmer que cette ancienne haute personnalité du pays séjourne provisoirement en prison en attendant de terminer l’instruction judiciaire son dossier. Dommage qu’il a compris tardivement qu’il devait permettre à son institution d’accueillir de nouveaux et nombreux actionnaires et d’oublier qu’une université peut se gérer comme une affaire familiale à moins qu’on ait d’énormes fonds y compris ceux qu’il faut allouer à la recherche.

Au rythme actuel, il est intéressant de réfléchir sur les chances qu’a Kagame de vaincre ce combat contre la corruption dans une société roulant sur des principes du capitalisme sauvage et gesticulant qu’il encourage personnellement. Il y met les coudées franches il est vrai. En bon commandant militaire qu’il est, il compte sur le respect total et sans faille de la chose publique de la part de ses jeunes administrateurs qui tiennent fermes les rennes des sociétés parastatales, banques de développement, projets gouvernementaux et grands chantiers de constructions routières ou ferroviaires et qu’en sais-je.


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité