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RDC : Entre défiance et espoir, le premier meeting de l’opposition secoue Kinshasa à l’aube des élections

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 26 juin 2023 à 01:50

Le feuilleton politique de la République démocratique du Congo (RDC) a connu un nouveau rebondissement. Après plusieurs péripéties, le premier meeting de l’opposition s’est tenu à Kinshasa, avec en toile de fond un climat de divergences parmi les ténors de l’opposition, qui s’est intensifié à six mois des élections générales prévues pour le 20 décembre.

Cet événement, d’abord reporté à deux reprises puis refusé par les autorités, a finalement eu lieu et a rassemblé plusieurs milliers de militants. Au cœur d’un quartier populaire de la capitale, sur un terrain sablonneux de Sainte Thérèse, les partisans se sont regroupés, arborant fièrement les effigies et les drapeaux de leurs partis politiques.

Au centre des attentions, Martin Fayulu, arrivé en seconde position lors de la présidentielle de 2018, a fait son apparition peu après 15h00 GMT, sous les applaudissements nourris de ses fidèles.

L’homme politique a confirmé son intention, ainsi que celle de son parti (ECIDE), de boycotter le processus électoral en cours, mettant en avant un manque de transparence depuis la constitution des membres de la Commission électorale nationale indépendante et le recensement des électeurs.

Ses compères de l’opposition, Moïse Katumbi, Matata Ponyo Mapon et Delly Sessanga, n’ont pas emboîté le pas à Fayulu, qui a créé par la même occasion une certaine zizanie au sein de son propre camp.

Malgré leurs absences physiques, Katumbi, Mapon et Sessanga étaient symboliquement représentés par les secrétaires généraux de leurs partis.

Quant à Fayulu, celui qui se présente encore comme le "président élu" ou le "commandant du peuple", a fait une déclaration tonitruante : « Il est inenvisageable de nous jeter dans un processus chaotique comme des bovins vers l’abattoir. Nous réclamons la transparence. Plus question de cautionner la fraude dans ce pays ».

Il n’a pas hésité à mettre en garde le président Tshisekedi, affirmant qu’il « devra quitter le pouvoir le 23 janvier 2024, avec ou sans élections ».

Cependant, Fayulu a su apporter une nuance à sa posture, en affirmant : « le boycott ne fait pas partie de mon langage. Comme la commission électorale a annoncé qu’elle veut discuter avec toutes les parties prenantes, nous sommes d’accord pour définir ensemble les règles du jeu. Dans le cas contraire, nous n’irons pas cautionner la fraude ».

De son côté, le président de la CENI, Dénis Kadima, a lancé l’ouverture des candidatures pour les législatives nationales. Il a annoncé des « rencontres prochaines avec des leaders politiques, particulièrement ceux de l’opposition », avec pour ambition de « trouver ensemble des solutions réalistes pour un processus plus inclusif ».

Lors d’une cérémonie à Kinshasa, Kadima a voulu rassurer les futurs candidats en affirmant : « Vos voix seront protégées ! Nous allons traiter toutes les candidatures et tous les candidats de manière égale. La CENI ne va pas s’ériger en grand électeur, nous allons respecter scrupuleusement le choix des électeurs ».

L’échiquier politique de la RDC se dessine progressivement à l’approche des élections. Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, brigue un second mandat. Mais il devra faire face à plusieurs figures de l’opposition dont Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Matata Mponyo, qui ont déjà officialisé leurs candidatures.

Tous trois unis depuis deux mois, la question sensible d’une éventuelle candidature commune de l’opposition reste en suspens. Le climat politique de la RDC s’annonce donc tendu et imprévisible pour les mois à venir.


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