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Procès Rusesabagina : Eveque Niyomwungere ; un témoin a charge très percutant

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 6 mars 2021 à 08:56

L’Evêque Constantin Niyomwungere a comparu comme témoin devant la Cour pour montrer sa part dans l’arrestation de celui qui passait pour son ami, l’accusé Paul Rusesabagina.

Ce vendredi, 5 mars 2021, une nouvelle audience du procès Paul Rusesabagina a eu lieu à la Cour Suprême siégeant à Kimihurura. Elle a ouvert les débats du fond de l’affaire Paul Rusesabagina contre l’Etat Rwandais.

Il est reproché à cet homme politique devenu célèbre pour avoir inspiré Hollywood dans son film Hotel Rwanda sur le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994, d’avoir formé un groupe armé FLN qui s’est adonné à des activités terroristes au Sud du Rwanda en 2018 pour emporter plus de huit vies civiles, incendié maisons et véhicules de transport en commun.

La séance du jour consistait à entendre les dépositions d’un pasteur d’église, non, un évêque burundais résidant lui aussi comme l’accusé en Belgique. Celui-ci montre comment il est entré malgré lui dans le secret des activités terroristes de son ami et qu’il lui a été difficile de s’en désolidariser.

Sa déposition de témoin à charge tente de lever le voile sur les circonstances de son arrestation et met devant un fait accompli une certaine opinion internationale qui ne veut pas convenir de la légalité de la procédure suivie pour amener l’accusé devant la justice rwandaise.

Cet évêque burundais Constantin Niyomwungere, 45 ans presque, dit avoir noué des liens d’amitiés avec l’accusé en 2017 par le truchement d’un ami à Rusesabagina à Bruxelles. « Cette rencontre était motivée par le fait que Paul Rusesabagina, président d’un parti d’opposition MRCD/Mouvement rwandais pour le Changement Démocratique et de son aile armée FLN/Front de Libération Nationale, souhaitait que je puisse faire une médiation entre lui et les dirigeants burundais », a dit à la Cour, l’évêque qui aurait dit qu’il n’était pas à la hauteur de cette tâche mais qu’il pouvait lui mettre en contact avec un diplomate burundais en poste à Bruxelles.
« Peu après en 2018, ayant eu vent des exactions de FLN rapportées par le BBC, j’ai fait un texto demandant si lui en tant que Chef du Mouvement pouvait confirmer l’information pour entendre dire Rusesabagina : - Oui mais ils (ses combattants) auraient dû avoir fait le coup et ne pas le revendiquer. Au besoin, nous aurions dû faire un coup médiatique sur les réseaux sociaux accusant les dirigeants rwandais d’avoir fait ce coup-là.

Cela m’a fait de la peine en ma qualité d’évêque, pasteur des âmes et le la paix, d’entendre ces déclarations politiciennes », a dit l’évêque devant la cour « regrettant pourquoi Dieu lui a fait rencontrer une telle personne ».

Plus loin, ce ministre de Dieu raconte comment il a entrepris une visite de travail au Rwanda en 2019 eu que, au moment de prendre l’avion de retour en Belgique, un téléphone a sonné et qu’il s’est retrouvé devant un officier de la Police Rwandaise d’Investigations Criminelles (RIB).

Niyomwungere a, raconte-t-il, dit à la Cour qu’il a promis à cet officier qu’il ne cotoyera plus jamais cette triste personne qu’est Rusesabagina.

« L’officier m’a montré des citoyens portant des handicaps qui avaient reçu des blessures des attaques des hommes de Rusesabagina. Il m’a montré des veuves qui ont perdu leurs maris au cours de ces attaques. Il m’a montré des véhicules calcinés. Cela a fini par m’ôter toute la tranquillité de mon âme », a-t-il dit à la Cour médusée par ce récit.

L’Evêque dit avoir pris l’avion pour la Belgique mais décidé à tout faire pour aider la justice rwandaise à faire son travail.

« J’ai eu de moi-même l’idée de ramener Paul Rusesabagina au Rwanda. J’en ai informé l’officier du RIB. Je savais que Rusesabagina voulait toujours se rendre au Burundi. L’Officier de RIB, Michel, a promis de mettre à ma disposition un avion privé. C’était le souhait de Rusesabagina qui craignait être aperçu et éventuellement arrêté dans un avion de ligne. Rusesabagina a volé des USA jusqu’à Dubai et moi qui était alors à Nairobi, je suis allé l’y rencontrer. L’avion privé y était disponible. J’ai dit à Rusesabagina que la bonne nouvelle est que les autorités burundaises lui avaient envoyé un avion privé pour le voyage de Bujumbura. Pour le reste, la confiance était totale entre lui et moi », a continué l’Evêque disant que le jet s’est posé à Kigali au moment où Rusesabagina dormait à poings fermés.
A la fin, a-t-il dit, à la descente de l’avion un comité d’accueil de RIB était bien en place pour procéder à l’arrestation de l’accusé.

Une déclaration très longue et circonstanciée pour convaincre l’auditoire. Reste a voir si les soutiens de ce politicien qui recourt a un groupe rebelle pour tuer et prendre le pouvoir, pourront changer de comprehension et comprendre qu’il n’y a pas eu de vice de procedure dans l’arrestation de cet homme qui est sur le banc des accuses.


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