Urgent

Pour un probable dégel des relations Rwanda-Burundi : Une médiation possible ?

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 20 juillet 2020 à 11:37

A la lumière des récents événements survenus au Burundi avec l’investiture légale du Président élu Evariste Ndayishimiye, 52 ans, et la mort inopinée du Président sortant Pierre Nkurunziza,56 ans, l’homme qui a favorisé des pogroms de Tutsi burundais et des Hutus qui s’opposaient à son mode de gestion des affaires publiques ; divers analystes de la région scrutent tout fait et geste pouvant montrer que ou Kagame ou Ndayishimiye, l’un des deux sera un jour ou l’autre obligé de prendre l’initiative de raviver les relations qui ont pris un mauvais coup de froid depuis 2015, date du 3ème mandat impopulaire de feu Pierre Nkurunziza, et d’inviter l’autre à une bonne tasse de café de voisins.

Le journaliste Karekezi de la VOA kirundi Kinyarwanda vient d’inviter deux analystes politiques, Amb. JMV Ndagijimana, ancien ambassadeur du Rwanda en France sous Habyarimana puis Ministre rwandais des Affaires Etrangères du Régime de l’Après Libération du Rwanda, exilé en France et Omar Kalfan, professeur dans une université américaine.

Tous les deux ébauchent des scénarios possibles d’un probable dégel des relations rwando burundaises. Outre que le Ministère rwandais des Affaires étrangères ait transmis un télégramme de félicitation au nouveau président élu Evariste Ndayishimiye, Ils soutiennent principalement le fait que Kagame aurait pu personnellement adresser un message de félicitation au nouveau président intronisé Evariste. Ils ont apprécié tous les deux le fait que le Rwanda, parmi les rares pays du monde à le faire, à mettre en berne son drapeau comme signe de deuil national pour feu Nkurunziza, mort inopinément. Pour eux, c’est un bon signe mais cela ne suffit pas. Soit !

Le débat de ces deux invités était condamné à ne pas être riche de par la direction que le facilitateur Etienne Karekezi a donné. Celui-ci tenait à ce que ses invités s’expriment sur une possible relance des relations entre le Rwanda et le Burundi. Il ne voulait pas que les débattants montrent et étudient à fond le sujet et montrent ce qui ne va pas entre les deux pays.

Les deux intervenants croient devoir avancer que le Rwanda a voulu avoir un ascendant sur le Burundi, qu’il s’est invité dans les problèmes burundais et non le contraire. Partent-ils de la rencontre Kagame-Nkurunziza de 2015 de Huye en Province rwandaise du Sud ? Certainement que le guerilleros le plus senior qu’est Kagame a tenté de conseiller son jeune frère de ne pas tomber dans la tentation d’inviter sur le sol burundais un contingent d’Interahamwe-FDLR rwandais et surtout de refuser de leur prêter une oreille attentive quant à leur projet funeste de créer un front burundais après celui que ces FDLR entretiennent en RDC pour mieux envahir le Rwanda les armes à la main.

Les deux intellectuels trichent

Quand Omar Kalfan lance une idée, l’ambassadeur semble répondre en refrain. Tout se fait sous l’étroite vigilance du facilitateur Karekezi avec son débat orienté. Il tient à ce que ces analystes ébauchent un plan possible de relance des relations de bon voisinage entre les deux nations jumelles. Kalfan trouve que le Burundi est loin de s’immiscer dans les affaires rwandaises autant que le Rwanda qui d’après lui, « donne asile aux puschistes burundais et fait semblant de ne pas voir les jeunes réfugiés s’entrainer aux armes dans les camps de réfugiés installés au Rwanda ».

Avec toutes les apparences de joutes oratoires qui se déroulent normalement, ce débat est politiquement orienté de par le fait qu’il est superficiel, qu’il évite des sujets gênants dont le fait qu’avec l’an 2015, le mouvement d’éléments FDLR de la RDC au Burundi devient un fait quotidien sous la supervision expresse de feu le Général Adolphe Nshimirimana. L’on sait que même mort dans une embuscade, le général a laissé une formation militaire structurée de ces FDLR qui n’attend qu’un signe pour en découdre avec le Rwanda.

Et avec ça, l’Ambass.-ministre Ndagijimana trouve que c’est le Rwanda qui s’immisce dans les affaires burundaises, que c’est bien lui qui doit prendre les devants pour lancer l’initiative de dégel des relations de bon voisinage rwando burundaises.
Cet ambassadeur n’oublie pas d’exiger que « le Rwanda doit retirer ses troupes du Minembwe congolais. Ah ???

Pourquoi les montagnes de Minembwe ?

Mais Monsieur l’ambassadeur, vous trichez énormément !!! Votre argumentation est délibérément étriquée. Qu’allez-vous faire dans les hautes montagnes inaccessibles de la RDC ? Qu’est ce cela a à faire avec les relations rwando burundaises ?
A supposer que le Rwanda serait effectivement en RDC entrain de traquer en RDC ses FDLR et autres FLN/Forces de Libération Nationale, branchée armée du MRCD de Paul Rusesabagina dont vous pouvez facilement être membre, en quoi cela importune-t-il les relations rwando burundaises ?

Avouez que vous êtes inquiets de voir que ces montagnes abritent les éléments FLN-FDLR qui descendent dans la plaine congolaise de la Rusizi qu’elles traversent et empruntent un long ruban de route burundaise pour s’engouffrer dans la forêt de Nyungwe pour atterrir à Nyabimata et Kitabi et égorger des civils innocents après pillages !!! Dites clairement que vous avec un long projet d’attaque du Rwanda avec des éléments FDLR incorporés dans l’armée burundaise et ceux-là qui sont légion dans la vaste RDC !

Ndagijimana et Kalfan faussent deliberement le débat démocratique

Au fond , il n’y a pas moyen d’être conseiller et partie. Les intellectuels rwandais proches du courant idéologique du négationnisme du génocide seront, dans un proche avenir, taxés d’avoir tué l’exercice démocratique occidental qui peut naître dans le pays Rwanda assiégé à son flanc sud par l’ethnocentrisme hutu au Burundi, par le négationnisme du génocide et révisionnisme portés par les FDU ou DALFA de la Dame Victoire Ingabire et de Me Bernard Ntaganda au Rwanda…

Qu’à cela ne tienne, disent les actuels dirigeants rwandais. « Nous avons un peuple rwandais qui commence à comprendre que les idéologies ethnisantes n’ont rien donné de bon durant les deux régimes successifs issus de la Révolution Assistée de 1959 », a confié à Igihe un cadre du FPR au pouvouir qui a requis l’anonymat. Pour lui, la rage qu’a la régime actuel d’opérer des changements profonds tendant à élever le Rwanda et ses citoyens au mode de vie égal à celui du Singapour, « et bien c’est bien là la clé de la victoire du Rwanda actuel contre ces politiciens obscurs ».
En d’autres termes, la mode de gestion du régime actuel rwandais revient à déconstruire les stéréotypes ethnicistes hérités de la colonisation belge qui tenait à son motto de « divide et umpera ». L’ambassadeur Ndagijimana pourra-t-il renier son groupe idéologique négationniste, lui qui se réclamme de mère Tutsie et de père Hutu ? Le faciès n’a pas d’impact dans la gestion sociale d’un pays. Ces gens qui brandissent la face d’intellectuels tout en encourageant les mouvements armés ont tout sauf la soif de démocratie dans leur pays.


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