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Magrivi et FDRL enfoncent la RDC dans le fanatisme

Redigé par Tite Gatabazi
Le 2 août 2022 à 04:02

L’Est de la RDC est confronté depuis presque trois décennies à la violence extrême et la mort au quotidien.

Ce sont les ferments de la radicalisation qu’il faut interroger ainsi que la terreur et ses effets.

La RDC en est arrivée au point ou cette violence et cette désolation structurelles influencent la conscience personnelle mais aussi les décisions au sommet de l’Etat.

Le Président du Sénat congolais, Bahati Lukwebo et tous les autres savent parfaitement qu’une parole déplacée ou mal interprétée, pour ne pas dire délibérée, peut provoquer la mort.

Cette glose vise la Monusco enfermée dans la vaine forteresse de la mission des nations unies mise sur pied par la résolution 2098 du CS/ONU qui l’instaure et la convention signée avec le gouvernement congolais.

Cette rhétorique effraie aussi intellectuellement car c’est une violation réfléchie de toutes les conventions auxquelles a souscrit la RDC et que Bahati Lukwebu n’ignore pas en sa qualité de Président du Sénat.

C’est un procédé rhétorique assez commun pour qui quiconque est familier du discours populiste. Et d’ailleurs la Monusco tout comme le bureau des droits de l’homme en RDC ne s’y sont pas trompés.

Il est inutile de se murer dans son bureau pour nier la puissance de son discours de Goma. Il s’agit d’un raccourci délibéré pour inciter la population à s’attaquer à la Monusco et la forcer ainsi à plier bagage.

C’est ce qui est arrivé à Goma, Butembo et Uvira après son discours exigeant le départ immédiat et sans condition de la Monusco.

Sauf que depuis l’accueille des génocidaires au Zaïre en juillet 1996, sa partie Est est confrontée au quotidien a une terreur massive et éruptive qui s’est déchaînée avec l’appui des Magrivi.

C’est là au cœur des événements sanglants que toutes les questions existentielles, politiques, sociales, juridiques et morales, liées à cette alliance entre les Magrivi et les génocidaires, doivent être disséquées.

Par leurs origines, Magrivi et FDRL sont des mouvements sectaires et régicides. Ils n’ont aucune excuse.

Depuis presque trois décennies, aucun gouvernement n’a su puiser dans ces épreuves les ressources pour affirmer collectivement l’unité de la nation congolaise.

Ils ont reproduit des incantations auxquelles la population ne croit guère.

Personne n’a vraiment verbalisé le fait que c’était une question existentielle qui se décidait pour chacun avant d’être des questions juridiques, politiques, sociales, et des enjeux sécuritaires et militaires.

Ce que les politiques, le secteur privé, le clergé et la société civile congolaise doivent analyser, savoir et régler, c’est le fait que la présence sur le sol congolais des ex FAR et Interahamwe, encadrés par les idéologues génocidaires, alliés aux Magrivi ont introduit de nouveaux affects nocifs dans le corps social. Lesquels se sont disséminés.

Magrivi et les FDRL ont fait le choix de l’inhumanité. Cette production délibérée de la cruauté.

C’est cela qu’il faut extirper. Il faut déconstruire à la fois leur discours mais aussi leurs méthodes. Le salut viendra par l’éducation et la citoyenneté.

La RDC doit revitaliser le système éducatif de la petite enfance jusqu’à l’université pour conjurer tout terrain favorable à l’embrigadement.

A l’Est de la RDC règne depuis tout ce temps un sentiment de colère, de la peine mais aussi et heureusement de la solidarité dans le malheur.

Et c’est malheureusement ces affects que viennent instrumentaliser ces leaders irresponsables et ceux qui courent après les boucs émissaires.

A l’heure où le corps de la nation est blessé, la tâche s’avère encore plus difficile et complexe. Les passions tristes ne se surmontent pas d’un coup de baguette magique, ça se saurait.

L’influence du discours ne dépend pas du degré de culture de ceux qui le reçoivent. Bon nombre le prenne au pied de la lettre et agissent sur mot d’ordre.


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