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Lutte de pouvoir au Soudan : deux généraux embrasent Khartoum

Redigé par Jean Jill Mazuru
Le 20 avril 2023 à 11:05

La guérilla qui secoue Khartoum depuis le 15 courants trouve ses origines dans l’affrontement entre le meneur du putsch de 2021, Abdel Fattah al-Burhane, et son numéro deux, Mohammed Hamdane Dagalo dit « Hemedti, » tous deux généraux étoilés. Dans cet article, nous analyserons les parcours, les motivations et les stratégies des deux hommes, ainsi que l’impact de leur rivalité sur la situation au Soudan et ses lendemains qui déchantent.

Khartoum, la capitale du Soudan, est actuellement la proie des affrontements violents entre les forces militaires dirigées par deux puissants généraux : le général Mohamed Hamdan Dagalo, également connu sous le nom de Hemedti, et le général Abdel Fattah al-Burhan, non moins puissant car, chef des forces armees soudanaises, et de facto president du pays.

A. Le général Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti)

Originaire du Darfour, le général Hemedti est le chef des Forces de soutien rapide (RSF), une unité paramilitaire créée pour lutter contre les insurrections dans la région. Hemedti est un personnage controversé en raison de son implication présumée dans de graves violations des droits de l’homme, y compris les attaques contre des civils et l’utilisation de la force excessive par les janjaweeds sous sa direction. Toutefois, ses succès militaires lui ont valu une réputation de guerrier redoutable et lui ont permis d’acquérir une influence considérable au sein des forces armées soudanaises.

Stratégie et motivations de Hemedti

Le général Hemedti cherche avant tout à consolider son pouvoir et à asseoir l’autorité de son unité, les RSF, sur l’ensemble du territoire soudanais. Ses actions sont motivées par la volonté de protéger les intérêts de sa région d’origine, le Darfour, et de contrôler les ressources économiques du pays, notamment les revenus pétroliers. Hemedti entretient des relations étroites avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui le soutiennent financièrement et politiquement.

B. Le général Abdel Fattah al-Burhan

Le général Abdel Fattah al-Burhan est le chef du Conseil souverain, l’organe de transition mis en place après le renversement du président Omar el-Béchir en 2019. Issu de l’armée traditionnelle, al-Burhan a gravi les échelons pour devenir l’un des principaux acteurs du pouvoir au Soudan. Bien qu’il se présente comme un réformateur, al-Burhan est également accusé de violations des droits de l’homme et d’abus de pouvoir.

Stratégie et motivations d’Abdel Fattah al-Burhan

Le général al-Burhan vise à renforcer son emprise sur les forces armées régulières et à garantir la stabilité du pays face aux menaces internes et externes. Il cherche également à obtenir le soutien de la communauté internationale en se présentant comme un interlocuteur crédible et responsable. Al-Burhan entretient des relations diplomatiques avec plusieurs pays, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, bref, il mange à tous les râteliers.

C. La rivalité entre Hemedti et al-Burhan

La confrontation entre Hemedti et al-Burhan est le résultat de la lutte pour le pouvoir et l’influence au sein de l’appareil militaire soudanais. Les deux généraux ont des objectifs et des visions divergentes pour l’avenir du Soudan, ce qui exacerbe les tensions entre eux. La compétition pour le contrôle des ressources économiques, notamment le secteur aurifère et pétrolier, voire l’appui des puissances étrangères sont également des facteurs qui alimentent leur rivalité.

D. Impact sur la situation au Soudan

La confrontation entre Hemedti et al-Burhan a de graves conséquences pour la stabilité et la sécurité du pays, une certaine opinion a aussi peur qu’elle n’embrase les 8 pays limitrophes, si pas la region.

Les combats entre les forces loyales aux deux généraux ont provoqué la mort de nombreux civils et l’instabilité politique continue d’entraver les efforts de reconstruction et de développement. La situation humanitaire s’est également détériorée, avec un nombre de plus en plus croissant de personnes déplacées, surtout les habitants de Khartoum qui sont des milliers sur les routes, à fuir les combats de rues, et par-dessus le marché car, confrontées à la famine.

En outre, cette rivalité a des répercussions sur le processus de transition démocratique engagé après le renversement d’Omar el-Béchir.

Les divisions au sein des forces armées rendent difficile la mise en place d’un gouvernement civil stable et représentatif.

Les tensions entre Hemedti et al-Burhan menacent également la cohésion nationale, exacerbant les clivages régionaux et ethniques.

Le conflit entre les généraux Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti) et Abdel Fattah al-Burhan est un enjeu majeur pour l’avenir du Soudan. Alors que les deux hommes luttent pour asseoir leur autorité, la population soudanaise en paie le prix fort, avec des conséquences dramatiques sur la sécurité, la stabilité et le développement du pays.

Pour mettre fin à cette spirale de violence et favoriser une transition démocratique réussie, il est essentiel que les acteurs internationaux et régionaux soutiennent les efforts de médiation et encouragent les deux généraux à trouver une solution négociée à leur rivalité.

Sans vouloir être un oiseau de mauvais augure, attendre la fin de cette rivalité de galonnés serait comme attendre le grand soir de Marx, et ce n’est pas de sitôt que le crépitement des armes se taira sur la capitale Soudanaise en particulier et tout le pays en général. Seul l’avenir nous dira !

(A gauche) Général Abdel Fattah al Buhrane, patron de l'armée du Soudan, (à droite) général Mohamed Hamdane Dagalo, chef des "Forces de soutien Rapide, "FSR"

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