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Lettre ouverte à MM les Ambassadeurs de France et du Royaume Uni à Kigali et à Kinshasa

Redigé par
Le 21 novembre 2022 à 05:40

Au moment où la situation qui prévaut à l’Est de la RDC ne cesse de dégénérer, la contribution de quiconque, aussi modeste soit-elle, susceptible de mettre un terme à la crise qui, de toute évidence, est d’abord et avant tout interne à la RDC, ne serait pas de trop.

Messieurs les Ambassadeurs, je suis convaincu et vous en conviendrez avec moi, que vos gouvernements respectifs ont l’obligation à la fois morale et juridique de faire des déclarations moins timides et moins confuses, à l’égard de Kinshasa et Kigali, surtout que vous y êtes pour quelque chose. L’histoire l’atteste.

Vous étiez présents à la Conférence de Berlin en 1885, vous êtes aujourd’hui les témoins parmi les plus crédibles pour attester que l’Est de la RDC était à l’origine un territoire du Royaume du Rwanda devenu congolais par le traçage de nouvelles frontiѐres à l’occasion de ladite Conférence dont vous êtes signataires.

Dѐs lors, il serait aberrant, insensé et irresponsable de se taire ou de prêter une oreille au Gouvernement de Kinshasa quand il nie la congolité des natifs de ce territoire, en les étiquetant de rwandais rien que parce qu’ils sont rwandophones, tout en revendiquant simultanément la congolité de ce territoire.

On ne peut plus absurde et plus contradictoire.

Messieurs les Ambassadeurs, là réside le nœud du problѐme, et vous le savez bien autant que le sait Mr Tshisekedi, Président de la RDC.

Vous le savez mais vous vous taisez. Votre silence est coupable.

Pis encore, vous assistez, indifférents, au déroulement d’un autre génocide des Tutsis en RDC, qui risque de dépasser en atrocité celui perpétré contre les Tutsis en 1994 au Rwanda.

En effet, quand on en arrive à griller le Tutsi congolais sur un brasier, manger sa chair et le dévorer comme une brochette de chèvre, sans entendre personne broncher, ni les voisins ni encore moins le trѐs chrétien et humanitaire Occident, on tressaillit d’effroi.

Hier, au Sud Kivu, les Banyamulenges ont été génocidés dans l’indifférence totale de la Communauté internationale.

Par la suite ce fut le tour de leurs frères du Nord Kivu. Et ça continue. Silence encore et toujours.

Vous voulez savoir combien ? Vous attendrez, pour le reconnaître, qu’ils atteignent et dépassent un million comme ce fut le cas au Rwanda ?

Vous le savez autant moi, que ce qui définit un génocide n’est pas le nombre des victimes mais bien un programme macabre prémédité et mis en exécution par l’Etat.

Ce qui est le cas en RDC. Les autorités à plusieurs niveaux de l’Etat ne cessent d’inciter ouvertement les citoyens à la chasse du Tutsi congolais.

Au Rwanda les génocidaires utilisaient le mot travailler pour dire tuer.

Kinshasa, grâce à son protégé FDLR, a appris à utiliser le même langage codé.

La jeunesse est entraînée à devenir des milices du genre Interahamwe, du temps de Habyarimana, le dauphin de Mobutu.

C’est drôle comme l’histoire peut se répéter en un laps de temps. Et pour cause. Le Gouvernement de Kinshasa a trouvé dans le FDLR un allié et un maître, sous l’assistance en apparence distraite des Chancelleries africaines et occidentales.

Messieurs les Ambassadeurs, l’ONU, dont vos deux pays sont membres permanents du Conseil de Sécurité, regarde ailleurs comme elle l’a fait Il y a 28 ans.

Mais parbleu ! Quoi d’étonnant ? Les yeux sont braqués en Ukraine parce que, comme le disait quelqu’un dans ce pays si proche et si lointain à la fois, la trѐs fraternelle et égalitaire République, ”un génocide…heu…ce n’est pas important en Afrique”.

Avec tout le respect que je vous dois, Messieurs les Ambassadeurs, je vous prierais de ne plus persévérer dans ce silence coupable, sinon l’histoire vous jugera de complice d’un régime qui a du mal à cacher ses actes génocidaires.

Et si jamais cela vous devenait impossible, je vous prierais de nous promettre que vous aurez, à tout le moins, la délicatesse de nous épargner alors, quand le génocide aura été consommé, le désormais banal et hypocrite “on n’a pas su”.

Je vous remercie.

Kalisa Alphonse


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