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Les tensions persistantes entre le Rwanda et la RDC, un casse-tête sans fin

Redigé par Bazikarev
Le 18 mars 2024 à 10:17

Les relations entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo, qui étaient relativement stables entre 2019 et début 2022, se sont à nouveau dégradées après la résurgence des affrontements dans la région du Kivu opposant les forces armées congolaises au groupe armé M23. Cette nouvelle période de turbulences n’est pas la première dans l’histoire tumultueuse entre les deux pays voisins.

La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, cela a conduit à la suspension des accords économiques et de coopération bilatéraux. En janvier 2022, Kinshasa a même expulsé l’ambassadeur rwandais Vincent Karega.

Cette atmosphère délétère s’est intensifiée après des tirs d’obus en provenance de la RDC visant les localités rwandaises de Musanze, Rusura et Kinigi en février dernier.

Une rencontre entre les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi a alors eu lieu en août 2022 à Luanda, sous la médiation du président angolais João Lourenço.

Lors de ces pourparlers, les deux dirigeants se sont engagés à apaiser les tensions et à mettre fin aux affrontements entre le M23 et l’armée congolaise. Malgré ces résolutions, la situation est restée tendue.

En septembre 2022, le président français Emmanuel Macron a réuni Kagame et Tshisekedi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

A l’issue de cette réunion, le Rwanda et la RDC se sont accordés pour normaliser leurs relations et coopérer dans la lutte contre les groupes armés qui déstabilisent la région.

En novembre 2022, le président Lourenço s’est rendu successivement à Kigali et Kinshasa pour tenter de concrétiser les engagements pris lors des précédents pourparlers, dans le but d’éviter une guerre ouverte entre les deux pays.

Un sommet s’est tenu à Luanda le même mois, sous l’égide de Lourenço, aboutissant à des résolutions pour restaurer la paix, notamment le cessez-le-feu au Kivu et le désarmement du M23 et des FDLR.

Malheureusement, ces résolutions n’ont pas été respectées.

En décembre, le président de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, alors à la tête de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a également mené une médiation infructueuse entre le Rwanda et la RDC.

Fin 2022, alors que les combats se poursuivaient entre l’armée congolaise et le M23, et que Kinshasa persistait à accuser Kigali de soutenir la rébellion, ce que le Rwanda a constamment démenti, une nouvelle tentative de médiation a été initiée par les États-Unis.

Dans un rapport semestriel publié en octobre 2023, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre les risques élevés d’une guerre ouverte entre les deux pays, déstabilisant davantage la région des Grands Lacs.

Selon ce rapport présenté par l’Envoyée spéciale Huang Xia, "les perspectives d’un conflit armé à grande échelle entre la RDC et le Rwanda restent très préoccupantes".

Les États-Unis se sont impliqués fin 2023, en acceptant un rôle de médiateur et en promettant une assistance, y compris sur le plan sécuritaire, pour faciliter la normalisation des relations.

D’après un communiqué publié en novembre 2023, les présidents Kagame et Tshisekedi se sont engagés à apaiser les tensions, à réduire la présence militaire à la frontière entre les deux pays, et à procéder au désarmement du M23 et des FDLR.

Washington a souligné que pour stabiliser la situation sécuritaire en RDC et dans la région des Grands Lacs, il était impératif de s’attaquer aux racines du conflit, notamment les atteintes aux droits des Congolais d’expression rwandaise, alimentées par l’idéologie génocidaire véhiculée par les FDLR.

Certains médiateurs accusés de parti pris

Après la rencontre entre les présidents Kagame, Macron et Tshisekedi à New York en septembre 2022, la France a accusé en octobre 2023 le Rwanda de soutenir le M23, exigeant la cessation de cette aide présumée.

Depuis lors, Paris persiste à épouser les accusations de Kinshasa.

Dans une déclaration du 21 janvier 2024, la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makolo a souligné qu’aucun pays n’était mieux placé que la France pour connaître les racines des problèmes en RDC.

Makolo a rappelé le rôle historique de la France dans la région des Grands Lacs, où elle a offert refuge aux ex-militaires rwandais, aux autorités de l’époque et aux miliciens Interahamwe à l’origine des FDLR, dans le cadre de l’opération Turquoise.

Mais la France n’est pas la seule à être accusée de parti pris.

En janvier 2024, les États-Unis ont également pris position en faveur de la RDC, exhortant le Rwanda à cesser le soutien présumé au M23 et à retirer ses troupes que Kinshasa affirme être déployées au Kivu.

Alors que Washington minimise l’importance des liens existants entre le gouvernement congolais et les FDLR, Kigali a exprimé des doutes sur l’impartialité de la médiation américaine, la soupçonnant de poursuivre des intérêts politiques.

Actuellement, les présidents Kagame et Tshisekedi ont accepté de se rencontrer pour tenter de résoudre les différends bilatéraux. Ces pourparlers, qui devraient également impliquer le médiateur Lourenço, n’ont cependant pas encore de date ni de lieu confirmés.

Le Président Lourenço poursuit sa médiation entre le Rwanda et la RDC.
Le Secrétaire d'État américain Antony Blinken s'est rendu à Kigali pour une rencontre avec le Président Kagame.
Blinken s'est également rendu en RDC pour une rencontre avec Tshisekedi.
Le Président de la Guinée s'est également rendu au Rwanda.
Le Président Embaló s'est également rendu en RDC.

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