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Les Députés recommandent la réhabilitation de Labophar/Butare ; un centre de recherche pharmaceutique

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 16 novembre 2020 à 11:07

Ce 12 novembre 2020, les débats de la plénière de la Chambre des Députés se sont penchés sur le cas d’un Laboratoire pharmaceutique national Rwandais, LABOPHAR-Butare en perte de vitesse. Ils ont déploré le fait que ce laboratoire national de recherche et production pharmaceutiques n’a pas assez d’attention et préoccupation du gouvernement rwandais. Ils ont ainsi recommandé assez de soutien du ministère de la santé à ce LABOPHAR qui dans le temps produisait quelques médicaments y compris les sérums et qui encadrait pratiquement les étudiants en pharmacie de l’Université du Rwanda.

Il est rapporté qu’en l’an 2000, la CTB/Coopération Technique Belge a financé la rénovation des infrastructures de ce Laboratoire détruites par les vendales Interahamwe de 1994. Elle l’a aussi équipé de machines de pointe capables de produire des médicaments.

Le caractère particulier de production des médicaments de ce Laboratoire va être administrativement noyé en 2011 dans sa fusion avec un autre établissement médiical public d’importation de médicaments (CAMERWA) pour être coiffé par un ensemble dit RBC/Rwanda Biomédical Center. Ce Labophar est administrativement une division de production médicale (MPD/Medical Production Division) et la CAmerwa devient MPDD/ Medical Procurement and Distribution Division.

Les députés constatent malheureusement que les objectifs assignés au Labopharqui a fusionné dans RDC n’ont pas été atteints. Il lui avait été donné mission de produire localement des médicaments de l’ordre de 11% par rapport aux médicaments importés par CAMERWA devenu MPDD. "En 2008, un contrôle effectué a montré que sa production n’était que de 0.8%", disent les députés qui déplorent le non accompagnement de cet effort de production par les pouvoirs publics au point qu’il a enregistré une perte de 300 millions de francs pour achats de matières premières importées qui n’ont pas été utilisées dans la production.

"J’insiste pour que cette question de LABOPHAR fasse l’objet d’une question orale au Ministre de la Santé pour de plus amples explications", a dit Hon. Albert Ruhakana qui s’est plaint de la pauvreté des explications données par les autorités ministérielles à ce sujet par le passé.

"Tous les ans que les rapports de l’OAG/Office de l’Auditeur Général des Finances Publiques ont montré que rien ne va au sein de cet établissement pharmaceutique, la seule réponse qui revenait était qu’il n’y avait pas d’investisseurs privés intéressés à l’acheter. Il se voit que les actuels agents de cet établissement n’ont pas de vision ni de mission de production", a-t-il ajouté réveillant tout d’un coup ce monde de chercheurs prostrés dans une inactivité patente au moment où, en contrebas dudit LABOPHAR, des tradipraticiens exploitant des jardins d’herbes médicinales n’attendent qu’un clin d’oeil pour qu’ils leur apportent leurs techniques médicinales traditionnelles à qui ils peuvent donner une forme moderne commercialisable.

Les députés qui ont visité ce complexe pharmaceutique dont Hon. Valens Muhakwa déplore le fait qu’il est visiblement abandonné. Pour lui, c’est une piètre et malheureuse gestion d’un bien public improductif.

Les députés sont décidés à poursuivre le cas de Labophar qu’ils ont mis dans la catégorie de patrimoine public à l’abandon alors qu’en 2013 ce Labophar était arrivé à un niveau fort intéressant, celui de fabriquer 32 produits pharmaceutiques qui étaient distribués dans les Hôpitaux et Centres de santé du pays.


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