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Le Président burundais serait entrain d’écarter progressivement les Fdlr de sa garde républicaine

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 24 février 2021 à 10:07

Il circule sur les réseaux sociaux une information montrant que l’actuel président burundais, le Général Evariste Ndayishimiye, tient à dessiner une trajectoire politique burundaise de sa propre main. Ces réseaux sociaux rapportent qu’à la lumière des activités politiques de rapprochement constatées récemment entre le Rwanda et le Burundi avec les rencontres des Chefs des services de renseignement puis des ministres des affaires étrangères des deux pays, le Président Evariste Ndayishimiye écarterait de ses services de sécurité rapprochée les éléments des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) très actifs depuis 2015 au Burundi.

Mais si cette information s’avère correcte, cela montrerait que les officiels burundais auraient appris qu’on ne construit pas un règne sur des sentiments revanchards et sur des idéologies ethnocentristes génocidaires. Cela implique aussi le fait que le régime actuel burundais entend se solidifier sur son nouveau socle, celui d’une nouvelle nomenclature politique essentiellement hutue en lieu et place du malheureux establishment régionalisant de Bururi qui a fait un gâchis dans la conscience populaire burundaise.

Est-ce une avancée dans la démocratie burundaise ? Oui et non !
Non ! Dans la mesure où la nouvelle classe politique burundaise faite d’anciens guérilleros a pris quinze ans pour se confirmer sur la scène politique tout en chassant les anciens occupants qu’ils associaient globalement aux Tutsi. Cette carte politique qu’elle brandit est bien entendu délibérément fausse. Elle est adoptée pour légitimer et donner les pleins pouvoirs politiques et surtout économiques à la nouvelle classe et pour donner une nouvelle orientation des affaires de l’Etat burundais. Peu importe qu’elle prend des allures ethniques. Les nouveaux stratèges du pouvoir burundais savent qu’ils doivent tirer sur la fibre ethnique du hutu majoritaire pour régner.

Oui, dans la mesure où ces nouveaux maîtres du pays ont des transes. Ils luttent entre eux dans des débats silencieux pour qu’ils se succèdent au pouvoir à la mode tanzanienne, que c’est bien cela qui fera leur pérennité au pouvoir. N’ont-ils pas annoncé la couleur en nommant le nouveau Secrétaire Général du parti CNDD-FDD au pouvoir , l’Hon. Révérien Ndikuriyo ? Cette nomination-élection propulse cet homme d’Etat devant les feux des médias. Si le séjour au pouvoir du Gén. Ndayishimiye arrive à son terme sans qu’il y ait eu des bourdes et autres excentricités de la part de ce monsieur, personne à part lui ne se présentera à l’investiture suprême. Lui aussi fera de même à son dauphin, et ainsi de suite.

Et puis, il y a la question des affaires de bon voisinage. Le frère siamois rwandais à son flanc nord est un cas qui pose problème. L’un et l’autre, les dirigeants politiques, du moins la plupart d’entre eux, formant l’establishment burundais ont fait leurs premières armes peu après le meurtre du Président burundais réellement élu, Melchior Ndadaye, en 1993, dans les formations de masses d’Interahamwe au Rwanda. Ils avaient fui leur pays de peur des représailles des pogroms qui, pensaient-ils, allaient s’ensuivre.

Soit-il dit en passant que cette formation paramilitaire supervisée par de sérieux instructeurs militaires français en préfecture de Gikongoro et ailleurs qu’ont subie ces jeunes Burundais hutu terminant ou en passe de terminer leur cycle d’études secondaires a laissé des traces idéologiques indélébiles.

Le recrutement de petites centaines d’ex- Interahamwe et alors éléments FDLR/Forces Démocratiques de Libération du Rwanda par les dirigeants burundais pour faire l’ossature de la garde rapprochée du Président de la République burundaise en 2013-2014 en dit long.

Pour l’immédiat, l’actuel président burundais général Evariste Ndayishimiye veut évaluer les forces en présence sur le terrain et penser nation avant de faire valoir les sentiments ethnocentristes hutus. Dans un fourvoiement où il allie nation, valeurs chrétiennes d’amour du prochain et interdits sociaux– Ne Tues Point-, il parvient à construire un discours potable montrant que « Rwandais et Burundais sont des frères de sang et de culture. Et gare à celui qui s’interposera ». Et le ton est lancé.
Les internautes sautent sur le filon. Ils y vont à corps perdu trouvant que le Chef d’Etat burundais s’est, pour se rapprocher de son grand frère rwandais, dissocié de son précarré des Interahamwe-FDLR quyi forment sa garde rapprochée.

« Il y a sans doute quelque chose qui fait peur au président Evariste Ndayishimiye. Les informations qui nous parviennent nous disent qu’il procède depuis un certain temps au renvoi des membres des FDRL qui vivaient et faisaient leur travail à partir du palais présidentiel. Selon les mêmes informations, ces génocidaires n’ont pas été jetés dans la rue. Le premier ministre, Marechal Alain Guillaume Bunyoni et le ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et développement communautaire, le Général Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika, auraient trouvé des maisons d’habitation pour ces éléments dans le quartier de Kamenge (quartier Nord de Bujumbura) », rapporte un document lu sur le net.

Ce document fait des recoupements de séquences de discours du président burundais où il encourage ses citoyens à se dissocier des pratiques sauvages de meurtres et disparitions politiques qui sont courants dans le pays.

« Il ne faut pas verser le sang des citoyens burundais. Qui verse le sang sera maudit. Vous pouvez aller dans la rue et faire des manifestions comme vous voulez, mais je vous interdis de verser le sang des hommes, car l’homme (…) est une créature divine’’, lit-on dans le document qui cite le Chef d’Etat burundais au cours de la Fête de l’Unité du 5 février dernier, assailli par les multiples associations des Droits de l’Homme internationales y compris le Haut Commissariat onusien aux Droits Humains.

On constate une sorte de changement de ton du discours burundais à l’égard du Rwanda depuis que les Ministres des Affaires étrangères se sont rencontrés à Nemba vers la fin de l’an passé2020.

Au moment où pour le dégel des relations rwando burundaises les autorités rwandaises souhaitent voir dans le Burundi un espace libre d’incursions mortelles des FLN/Forces de Libération nationale sévissant et égorgeant et pillant de paisibles citoyens des districts Nyamagabe et Nyaruguru (Sud du pays) et des FDLR, le Burundi quant à lui pose une condition d’extradition des auteurs du coup d’Etat manqué consécutif à l’annonce du 3ème mandat dit illégal de feu le Président Pierre Nkurunziza ou leur relocalisation dans une troisième destination d’asile.

Ces conditions ne devraient pas poser de difficultés pour l’une et l’autre partie. La soudaine prédisposition à un climat serein entre les deux pays de la part de Ndayishimiye sonne avec douceur dans les oreilles de la Communauté internationale.


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