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Le Collectif CLADHO d’associations de droits humains enquête sur les causes de viols sexuels en province du Sud

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 14 novembre 2020 à 04:51

Cladho/Collectif rwandais de Ligues et Associations des Droits de l’Homme a mené son enquête sur les causes des viols sexuels de mineures dans le District Nyaruguru en Province du Sud. Certains hommes se disent insatisfaits des prestations au lit de leurs femmes. D’autres trouvent juste qu’ils ont été victimes de tentations sataniques.

Le Coordonnateur National de Cladho, Evariste Murwanashyaka, se confiant au Umuseke.rw trouve que les explications données par les hommes qui violent des enfants de l’âge des leurs sont des échappatoires qui ne disent pas grand-chose.

« La plupart des hommes interrogés sur cette tendance à violer les enfants de même âge que les leurs, se plaignent que leurs femmes sont réticentes à assouvir leurs appétits sexuels, qu’ils se rabattent sur les mineures. D’autres disent que c’est Satan qui les tentent », a dit Murwanashyaka balayant ces arguments du revers de sa main.

Les recherches et les statistiques de RIB (Organe national d’investigations criminelles) disent que les cas de viols sont en progression durant ces trois dernières années.

Coordonnateur National de Cladho, Evariste Murwanashyaka,

Pour le Coordonnateur de CLADHO, ces hommes peuvent dépasser ces habitudes criminelles à force de sensibilisation « mais ça prendra du temps ».

Mais par où commencera cette sensibilisation si ce n’est par un dialogue familial permanent, si ce n’est la conception d’une éducation sexuelle bien élaborée et affichée sur l’horaire hebdomadaire de cours et prodiguée graduellement jusqu’à la fin du Tronc Commun des Humanités depuis que l’enfant a, à peine, dix ans dans les écoles. « Et cette éducation sexuelle doit être poursuivie et subie par les parents au cours de leurs assemblées de petite soirée UMUGOROBA W’ABABYEYI. Ici, les mêmes enseignants qui ont été particulièrement formées à ce genre de leçon, sera sollicité par les assemblées des parents pour que ces derniers soient briefés de ce leur part de formation à l’endroit de leurs enfants », a dit ce psychopédagogue qui trouve que le Rwanda a toutes les infrastructures éducationnelles mais qu’il ne sait pas les organiser pour qu’elles se complètent pour une parfaite atteinte de l’objectif de faire prendre conscience des dangers qui guettent l’enfant à peine nubile (essentiellement fille mais garçon aussi) et l’accompagner jusqu’à la fin de son adolescence.

Pour ce Psychopédagogue qui a requis l’anonymat, les pouvoirs publics croient que la répression du crime de viol est l’instrument essentiel. Il trouve que c’est l’un des moyens mais moins important que l’inculcation de la culture du respect de l’autre et de connaissance des changements physiologiques de l’enfant qui passe à l’étape nubile puis adolescente jusqu’à l’âge adulte.

« L’éducation sexuelle bien enseignée à l’enfant et à la personne adulte commence par le fait qu’il faut parvenir à faire en sorte que l’apprenant apprenne à respecter et à comprendre profondément l’autrui, si petit ou malade soit-il », a-t-il ajouté tentant de faire comprendre que le temps est venu pour que les enseignements d’humanisme social soient parfaitement élaborés et adaptés à différentes classes d’âges de Rwandais.

CLADHO a fait son enquête dans le District de Nyaruguru en Province du Sud pour arriver à collecter des statistiques alarmantes. Il a trouvé que d’Août 2019 à juillet 2000, 381 mineures ont porté des grossesses non désirées.

Les mentalités rurales restent au niveau très bas. Un jeune homme croit être dans le bon chemin quand il a engrossé une mineure et qu’il s’est engagé avec elle dans une union régulière pour la vie, illégale elle aussi. Mme Isabelle Kalihangano, Secrétaire Générale adjointe de RIB fustige ces mentalités et promet que l’homme en question est toujours passible de poursuites judiciaires pour ce cas.


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