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Le CCFR : Un pont culturel renforçant les relations franco-rwandaises

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 21 juin 2024 à 01:33

Le Centre Culturel Francophone du Rwanda, CCFR, se distingue comme un espace destiné à renforcer les liens culturels dans les relations franco-rwandaises, trois ans après sa réouverture.

Suite à la reprise des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France après la visite du président Macron au Rwanda, l’Institut Français du Rwanda (IFR) a repris ses activités sous le nom de Centre Culturel Francophone du Rwanda (CCFR) après son inauguration par le Président Français Emmanuel Macron et Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de la Francophonie, le 27 mai 2021.

Lors de sa visite, Macron a encouragé la jeunesse rwandaise à s’approprier cet espace pour renforcer les liens culturels entre le Rwanda et la France.

Dans une interview exclusive avec IGIHE, le Directeur du CCFR, Johan Hillel Hamel, a souligné l’importance de ce centre dans le renforcement des relations entre la France et le Rwanda, où les échanges culturels jouent un rôle clé.

« Je pense que ce centre est important pour les Rwandais et qu’il est un endroit éminemment symbolique qui marque le réchauffement des relations diplomatiques entre nos deux pays », a déclaré le directeur du CCFR.

« La feuille de route donnée par Emmanuel Macron pour faire de ce centre un lieu de partage, un pont entre la France et le Rwanda, et entre le Rwanda et la France, est le rôle que nous jouons au quotidien. Ce centre est majoritairement dédié à la création contemporaine rwandaise, mais aussi à celle de l’Afrique des Grands Lacs », a-t-il ajouté pour souligner l’appel de Macron.

Le centre offre un riche éventail d’activités, allant de la promotion des arts au renforcement de la langue française.

En partenariat avec des acteurs culturels nationaux, il soutient les artistes émergents en se basant sur des critères de qualité et de professionnalisme, afin de les aider à vendre leur art et à établir un dialogue avec des professionnels.

« Nous faisons d’abord la promotion des arts. Lorsque nous avons découvert le Kinyatrap, un genre de hip-hop rwandais en kinyarwanda, nous avons décidé de le mettre en valeur à travers différents partenariats que nous établissons actuellement avec une plateforme continentale et européenne appelée Pan African Music. »

Hamel salue la progression très rapide de l’enseignement du français, grâce à un partenariat avec l’OIF, qui a déployé plus de 40 volontaires dans les établissements scolaires à travers le Rwanda pour permettre aux enfants d’apprendre le français.

« Les chiffres montrent une progression de plus de 250 % des tests de langue en deux ans et demi. Lorsque je suis arrivé, 1200 personnes passaient des tests de langue en français. Cette année, il y en aura environ 5000 en moins de trois ans. Je crois que le français progresse très rapidement », a-t-il souligné.

Il revient également sur l’initiative de soutenir l’apprentissage du français dans le corps de défense à travers le programme de formation au maintien de la paix, où il prépare les officiers destinés à être déployés dans les missions de maintien de la paix.

« Nous avons des partenariats stratégiques avec le centre de formation des officiers à Gako, où nous formons les Casques bleus en français avec l’Organisation internationale de la francophonie. Bientôt, les diplomates français, Canal+, Total Energy, des médecins », a-t-il affirmé.

Depuis trois ans, selon lui, divers dispositifs sont mobilisés pour diffuser un intérêt pour la langue française au Rwanda, mais aussi pour permettre aux gens d’apprendre le français et de passer des tests de langue.

Le Centre Culturel Franco-Rwandais, comme on l’appelait à l’époque, avait suspendu ses activités avec l’expulsion de l’ambassadeur français et la fermeture de l’ambassade par Kigali fin novembre 2006.

La langue française avait été retirée de l’enseignement et de l’administration en 2008.

Cette situation faisait suite aux mandats d’arrêt lancés par le juge Jean-Louis Bruguière à l’encontre de neuf hauts gradés de l’armée rwandaise. Ce geste a fortement déplu au Rwanda, qui l’a interprété comme une action politique destinée à déstabiliser ses autorités.

A l’époque le Rwanda avait toujours réclamé la reconnaissance du rôle de la France dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.

La situation a connu une embellie en 2010 lorsque l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, est venu au Rwanda. En mai 2021, un nouveau chapitre s’est ouvert lorsque le président Emmanuel Macron est venu au Rwanda.

Cette visite est présentée comme l’« étape finale de normalisation des relations » entre les deux pays, après plus de vingt-cinq ans de tensions liées au rôle joué par la France dans cette tragédie.

« En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître nos responsabilités », a déclaré le Président Macron dans une allocution empreinte de solennité, prononcée après une visite au Mémorial du Génocide de Gisozi lors de la 27e Commémoration du Génocide perpétré contre les Tutsi.

Découvrez l’intégralité de l’entretien avec le Directeur du CCFR, Johan Hillel Hamel


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