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La fabrique du hutisme ou idéologie du génocide

Redigé par IGIHE
Le 2 septembre 2022 à 06:13

Isaïe Murashi est un des exilés rwandais. D’abord au Burundi puis en RDC ex Zaire. Il est historien avec un parcours professionnel dédié à l’enseignement. Le plus beau métier, dit-on.

Mais aussi diplomate, Ambassadeur du Rwanda en Ouganda et homme politique, Député.

Dans son dernier livre, sur les origines du génocide contre les tutsis, la fabrication du hutisme ou l’idéologie du génocide contre les tutsis publiée chez L’Harmattan, il revient sur cette machinerie qui déroute parfois.

Avec des questions qui exigent une réflexion et une analyse prospectives. Comment des églises ont été transformées en abattoirs des tutsis.

Comment le colon a-t-il réussi à phagocyter les esprits et à falsifier l’histoire ainsi que l’identité rwandaise ?

Il faut dire que les missionnaires catholiques n’avaient la bible que pour prétexte. Ils étaient porteurs de divisionnisme comme idéologie.

Il faut qu’elle arrive et s’impose avec une puissance politique d’abord puis économique et enfin culturelle et sociale.

Elle tient Presque la totalité des écoles et des centres de santé.

On se souvient du rôle catalyseur de Monseigneur Perraudin dans la fabrique du parmehutu, du recrutement des adeptes, de la mobilisation générale et de la diffusion de l’idéologie.

Tous les pogroms successifs portent la marque de l’Église catholique jusqu’au génocide contre les tutsis de 1994.

Des prêtres, des religieuses et des pasteurs ont été condamnées par la justice pour participation directe au génocide.

Les sœurs de Sovu condamnées en Belgique en sont le symbole.

Il a fallu tout le charisme du Pape Francois Ier qui a implore le pardon de Dieu pour les péchés et manquements de l’Église et ses membres durant le génocide contre les tutsis. Tout est dit.

Mais ça remonte à loin dans l’histoire du Rwanda.

En 1932, les classes sociales sont converties en ethnies. Les premières cartes d’identités portent la mention ethnique.

En 1957, encouragés par l’administration belge et l’Église catholique, les hutus envisagent de renverser la royauté.

A coup de prêches dans les églises, de soutiens à des associations, ces ouailles se sentaient poussées les ailes.

C’est là que Murashi en sa qualité d’historien a tenu à rétablir la vérité historique.

Il dit que le colon a écrit, même si c’était une falsification, mais il y a des écrits. En utilisant le parallélisme des formes, il tient à écrire aussi pour contredire les faussaires.

Selon lui, les ethnies ont des caractéristiques spécifiques. Une communauté de langue, de tradition et ds traits culturelles. En RDC, on trouve plus 450 tribus, en Tanzanie près de 200, en Ouganda une centaine.

Et on a voulu calquer cela sur le Rwanda qui n’en avait pas les caractéristiques.

Il continue en mettant a nu la supercherie de la fabrique de l’ethnie hutu. Car en kinyarwanda, était hutu celui qui était pauvre et n’avait pas de vache.

On nommait ainsi hutu celui qui allait travailler pour un plus nanti que lui. On était hutu de quelqu’un.

Ainsi hutu, veux dire pauvre et non une ethnie.

Murashi invite les Rwandais à tourner le dos a l’ethnie qui est une fabrication artificielle.

En Kinyarwanda il existe des clans : abega, abasing, abanyiginya, abazigaba et les autres.

L’ethnie comme fonds de commerce de Mbonyumutwa, Kayibanda, Habyarimana.

Murashi indique que les dirigeants des deux républiques successives au Rwanda ont fondé leur autorité sur un gros mensonge. S’appuyant sur la fallacieuse ethnie, ils étaient plutôt au service de l’ancien colon.

Et il fait des révélations. Mbonyumutwa Dominique serait un tutsi, Gregoire Kayibanda un mushi et Gitera un muyoro de l’Ouganda.

Il en veut pour preuve que les ascendants de Kayibanda ne depassent pas son grand pere Rwabanyiga. Son père était catéchiste et s’appelait Rwamanywa.

Son grand-père s’était réfugié au Rwanda depuis le Congo. Ils ont habité à Ruhango et c’est là qu’était ne le père de Kayibanda qui se faisait passée pour un hutu.

Quant à Habyarimana, il n’est pas non plus originaire du Rwanda car son grand-père Rugwiro venu de l’Ouganda avec les missionnaires.

Habyarimana a été manipulée par les colons pour se comporter comme un hutu.

L’idéologie du parmehutu diffuse au sein des Rwandais indiquait que les tutsis et les hutus n’avaient aucun lien.

Murashi poursuit un objectif pédagogique.

Il espère une prise de conscience sur les falsifications de l’histoire et la sociologie du Rwanda et surtout un changement de paradigme.

Habyarimana en compagnie de Kayibanda n’etaient pas ds hutus.

Des ancient présidents Habyarimana, Mbonyumutwa et Kayibanda

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