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La Secretaire Generale de l’OIF propose un moratoire de la dette des Etats Africains pour fin 2021

Redigé par IGIHE
Le 25 avril 2020 à 08:14

La Rwandaise Louise Mushikiwabo, Secretaire Generale de l’OIF/IOrganisation Internationale de la Francophonie est, ce jeudi 23 avril, l’invitee de France 24 et de RFI. Elle sort sportivement des questions-pieges de son intervieweur BoisBouvier. La question de pretendue violation des droits humains du Rwanda ? Non partout, il y a des morts par suicide, et la France n’est pas epargnee. Et la dette africaine ? "Je suis d’avis qu’il faut un moratoire ou reechelonnement de la dette des pays africains pour sortir de cet etranglement economique, a-t-elle semble dire. Le coeur de cette politicienne bat pour l’Afrique. Elle semble en etre fiere sans du tout narguer les grandes puissances financieres du Monde.

Marc Perelman (France 24) : La crise economique frappe l’Afrique en cette periode de pandemie du Covid 19. Craignez-vous une catastrophe economique pour le Continent ? Si oui, quelle action consequente de l’OIF ?
Louise Mushikiwabo :
L’Afrique a ete tres prudente pour limiter la propagation de la pandemie... L’Afrique s’attend a la fin de cette crise beaucoup de piece a ramasser.
Depuis le debut de cette crise, la Francophonie s’est engage a la hauteur de ses moyens. (...)

Boisbouvier (RFI) : Un moratoire sur la dette africaine ou la suppression pure et simple de la dette. Est-ce realiste ? La Chine est pourtant le premier creancier des Etats africains...

Louise Mushikiwabo :
Pour l’annulation de la dette, moi-meme et cette equipe d’Africains (hautes personnalites africaines) et les sommites dans le domaine de l’economie et de la finance internationale, nous demandons plutot un moratoire, un gel sur le paiement de la dette puisque l’Afrique comme le reste du monde doit trouver l’espace et le temps de s’ adresser a cette question tres epineuse de la maladie et ensuite remettre ses economies sur les rails. En realite, l’Afrique ne veut pas de traitement special, elle veut tout comme d’autres Etats, les grands pays ici en Europe et ailleurs ont pris des mesures economiques importantes, change meme les lois pour pouvoir gerer cette crise, ensuite se preparer a remonter leurs economies apres la crise. Pour ce gel... il faut considerer tous les pays africains. Ce ne sont pas tout les pays, c’est un bon nombre. C’est un bon debut. Cette maladie ne discrimine pas les grands, les petits, ca se voit meme a travers le monde.

Ensuite, le moratoire qui va jusqu’en 2020...C’est moins d’un an. Nous aimerions que cette periode s’etende jusqu’a la fin 2021. Ensuite, il faut un echange franc et productif sur le secteur prive africain. Beaucoup de pays ont pris des mesures pour accompagner les entrepreneurs, les grandes societes de par le moment ne soient pas emportes par cette crise. Et l’Afrique en a vraiment besoin. Il en va aussi de la necessite d’emplois. Beaucoup d’intervenants dans le secteur informel se retrouvent aujourd’hui sans emploi. Ca aussi c’est une discussion qu’on aimerait voir mener entre les dirigeans africains et leurs creanciers.

(...)

Christophe BoisBouvier-RFI : Au Rwanda, le 17 février, l’artiste Kizito Mihigo est mort en prison. Officiellement c’est un suicide mais beaucoup en doutent. Depuis la déclaration de Bamako de novembre 2000, on sait l’attachement de la Francophonie aux droits de l’Homme, on sait aussi qu’en octobre 2018 votre élection à la tête de l’OIF a été facilitée par la libération quelques semaines plus tôt du même Kizito Mihigo. Alors aujourd’hui est-ce que la mort en prison de cet artiste ne vous met pas en porte-à-faux par rapport à l’une des missions fondamentales de la francophonie ?

Louise Mushikiwabo : Ne faisons pas d’un arbre une forêt. D’abord une correction, peut-être de l’avis de Radio France Internationale, mais mon élection n’a rien à voir avec la libération de ce jeune homme. Il a été libéré à côté de 200-300 personnes à cette époque.

C’est une bonne coïncidence mais cela n’a rien à voir. Je connais bien ce cas, je connais ce jeune homme de par mes fonctions précédentes. Je dois dire que moi ce qui m’a étonné c’est cette idée qu’un suicide est suspect au Rwanda.

Je vous réponds peut-être comme Rwandaise, ensuite je vais vous répondre comme Secrétaire générale de la Francophonie. Il y a une partie des médias et certainement la presse dans notre région, notre pays aussi, mais je pense qu’il faudra un jour accepter qu’il y a des Rwandais qui meurent de mort naturelle ou de suicide.

En une année, j’ai connu trois suicides de jeunes gens au Rwanda et chaque fois il fallait trouver la main du gouvernement derrière ça. Je pense que c’est une erreur qu’il faudra un jour corriger. Maintenant du point de vue de la Francophonie, bien sûr, tout ce qui est droit, autant les droits liés à la personne que le droit à la dignité, c’est extrêmement important pour le Rwanda et pour notre organisation. On reste très vigilant.

La secretaire Generale de l'OIF, a sa droite, Perelman et a sa gauche Christophe BoisBouvier

Je pense que si on devait aller chercher dans chaque État membre un cas particulier on en trouverait beaucoup. D’ailleurs j’ai du répondre à cette question pour vos consœurs de TV5 Monde il y a quelques semaines et cela m’a fait réfléchir et m’a incité à aller voir comment est la situation en France, et j’ai remarqué qu’il y a un an ou deux, il y avait eu au moins 130 suicides en prison. Je crois que cet incident ne devrait pas définir le Rwanda par rapport à nos textes de Bamako. Ce qui est sûr c’est que, et moi-même, et la Francophonie, restons très vigilants sur tout ce qui est droit et liberté. (...)


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