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La CNRU organise un colloque sur le Programme Mémoire du Monde et élit un comité national de pilotage

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 26 mars 2021 à 10:53

Du 24 au 25 mars 2021, la Commission Nationale pour l’UNESCO/CNRU vient d’organiser un colloque centré sur la Mémoire du Monde. En d’autres termes, il est question de répertorier les documents historiques montrant la richesse de l’héritage culturel de référence rwandais à proposer au monde. Il veut ainsi, lui aussi, contribuer à la richesse de l’héritage culturel mondial.

Photo d'ensemble des participants au Colloque du Programme Memoire du Monde -Rwanda

Invitées au dit colloque, quelques 40 personnalités du monde des lettres et des arts ont débattu sur ce sujet. Elles ont exploré tous les coins et recoins d’existants documents du patrimoine culturel rwandais pour tenter un choix difficile de mœurs et pratiques culturelles qu’il faut proposer au Programme Mémoire du Monde.

Ainsi les archives de la Justice Gacaca, cette forme traditionnelle de rendre une justice réparatrice dans un souci de cohésion sociale, ont retenu l’attention des participants. Mais ce sont aussi les apparitions mariales de Kibeho en District Nyaruguru, au Sud du pays, qui attirent régulièrement dans ce lieu, toute une foule de touristes pèlerins venus de toute la région des Grands Lacs et au-delà. Les documents écrits, sonores et animés sur Kibeho la miraculeuse de la Vierge Marie, attestent donc cette nouvelle conscience religieuse rwandaise acquise sur les vestiges du colonialisme occidental des années 1900 qui a inculqué dans la conscience rwandaise de nouvelles dispositions spirituelles en lieu et place des pratiques et croyances traditionnelles.

M. Albert Mutesa, Secretaire general de CNRU avec a sa droite Mme Philomene Mukankusi, Directrice de communication de CNRU ayant dans ses attributions le suivi du Programme Memoire du Monde

Beaucoup de mœurs de la société rwandaise ont été explorées. L’UMUGANURA, cette fête annuelle de la moisson qui, dans le temps, était lancée par le Mwami pour fêter la prospérité agricole et bovine du pays ; le colloque y a vu une tendance royale à aller à la rencontre du peuple. L’Umuganda, cette pratique traditionnelle de solidarité des Rwandais à leurs camarades dont leurs habitations avaient été abîmées par des intempéries, a retenu l’attention de ces chercheurs. Mais que dire d’UBUDEHE, une autre solidarité traditionnelle rwandaise procédant par la conjugaison des efforts de voisins pour cultiver de grands champs de culture, des fois avec un petit tambour qui rythmait les coups de houe dans le labourage de la terre ? Cette corvée rendue agréable par des chants rythmés se terminait par des félicitations réciproques au tour d’une calebasse de bière de sorgho. De telles archives peuvent être un apport appréciable au Programme Mémoire du Monde, ont dit vivement les participants.

Le folklore rwandais INTORE, les jeux de société dont IGISORO et autres pratiques sportives traditionnelles ont été aussi passés en revue.
Des chercheurs ont relevé l’importance de ce travail de la CNRU consistant à protéger les documents écrits, sonores et/ou audiovisuels des différentes manifestations de la culture rwandaise en partenariat avec le Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO.

« Le patrimoine culturel rwandais est riche. Il a beaucoup de documents appréciés de par le monde à proposer à la Mémoire du Monde », a confié le Professeur Déo Byanafashe, invité au Colloque.

Pour ce qui est de la Directrice de Communication près la CNRU, Mme Philomène Mukankusi, « c’est tout un patrimoine culturel rwandais au niveau documentaire à protéger au niveau mondial ».

« Et puis, être membre de ce Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO permet une visibilité de notre pays. Parlant des apparitions de la Vierge Marie de Kibeho qui seront classées dans le programme Mémoire du Monde, entendez par là que les pèlerins se multiplieront par dix ou plus. Entrevoyez alors l’impact que cela aura sur le tourisme religieux au Rwanda », a apprécié Jérome Kajuga, Directeur de la Culture près la CNRU, qui trouve un plus pour un pays comme le Rwanda d’adhérer au Programme Mémoire du Monde. Toute détérioration de tels documents est prise en charge par Mémoire du Monde, a-t-il ajouté.

Dans son mot de clôture du Colloque, M. Albert Mutesa, Secrétaire Général de la CNRU, a trouvé que cette feuille de route est immense et demande un travail d’inventaire des documents à caractère socio-culturel historiques.
Pour lui, « cela va renforcer la culture de la lecture parmi les Rwandais car il y aura le volet sensibilisation à ces documents historiques faits de livres, de documents radiophoniques et audiovisuels… Bref, les chercheurs auront aussi du pain sur la planche », a dit Mutesa.

Un plan d’activité du Comité National de Mémoire du Monde

Des activités graduelles en cinq étapes sont programmées pour la fixation d’un cadre de travail du Comité National provisoire composé de cinq personnes et dirigée par Mme Béatha Nyirabahizi. Il est aussi entendu que le Programme Mémoire du Monde Rwanda sera composé de 11 membres.

De la formation du Comité national provisoire de Mémoire du Monde mis sur pied en ce mois de Mars, l’étape suivante est prévue pour Mai prochain avec le Renforcement de capacité de ce Comité. De l’identification des pistes de travail selon les secteurs culturels puis l’enregistrement des documents à une série d’activités de sensibilisation populaire des objectifs de Mémoire du Monde, le Colloque a donné à ce Comité de boucler ses activités en Décembre 2021 avec l’étape d’informatisation de ces documents constituant l’héritage culturel rwandais.


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