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L’égoïsme ordinaire

Redigé par Tite Gatabazi
Le 5 avril 2022 à 04:54

On est tous frappé d’entendre des gens autour de nous dire “ça ne me concerne pas”.

Et aussi : « de toutes façons tu ne penses qu’à toi », n’est pas l’insulte suprême ?

Une attitude observable dans la vie quotidienne qui dénote d’un manque d’empathie pour les autres.

On voit dans l’autre une menace potentielle et on le tient à distance jusqu’à développer une indifférence.

Alors on jette un regard sur les autres mi- désabusé, mi- ironique vaguement compatissant pour dissimuler son cynisme.

Un égoïste est un être replié sur lui-même et aigri.

Et donc ce constat qui peut paraitre à bien des égards impitoyable : les actions qui ne visent que le bonheur personnel. En d’autres termes du « chacun pour soi ».

Il trouve absolument normal d’exploiter les gens et les ressources, de corrompre. La glorification de l’individualisme semble pour lui une justification du droit d’opprimer autrui et avec le moins de contrôle possible.

L’égoïsme est semble-t-il une force irrésistible et même inconsciente qui pousse l’individu à orienter ses pensées, ses actions et ses attitudes avant tout vers la satisfaction de ses intérêts personnels.

Il existe pourtant des personnes qui ressentent une joie authentique à se soucier des autres alors qu’elles n’espèrent pas en tirer une quelconque gratification.

Car l’égoïsme est un véritable mode d’être qui colore le monde de celui qui l’adopte.

Il est vrai que depuis la nuit des temps, il existe une certaine idée de l’homme calculateur qui cherche en toutes circonstances à promouvoir ses propres intérêts sans se soucier de l’autre.

Pendant que la vie en société impose à chacun des règles, des codes de conduite qui l’obligent à ne pas se faire passer nécessairement avant tout le monde.

L’être humain est en effet par nature un être social et donc relationnel.

La littérature a exploré avec une plus grande profondeur, qu’au for intérieur de l’être, il existe des motivations complexes et des ressorts obscurs de l’âme.

Il suffit de se référer aux écrits de La Rochefoucauld dans « Sentences et Maximes » pour réaliser que le portrait qu’il brosse est impitoyablement vrai.

Pour lui, il n’est aucun comportement qui ne puisse être rapporté à l’intérêt, à l’avantage ou au bénéfice.

Pour peu qu’on puisse nuancer, on pourrait lui opposer cette question : est-ce que toutes les vertus se perdent dans la recherche de l’intérêt ? L’homme est-il à ce point incapable d’altruisme ou d’actions désintéressées ?

Le conflit entre égoïsme et vertu est une source ancienne de réflexion. L’égoïsme concerne le rôle du « soi » ou de l’ »ego » en tant que motivation et but de sa propre action. Une gamme d’idées disparates en fait la description.

Quoi qu’il en soit, un égoïste est gêné par lui-même avec cette forme de cécité plus ou moins prononcée qu’il traine et que l’entourage lui rappelle par moment.

Il se connait mal et n’arrive pas à donner crédit aux divers critiques qu’il reçoit périodiquement.

Il ne peut faire confiance à qui que ce soit. Obnubilé par la reconnaissance, la richesse, la position sociale, le pouvoir sur les autres.

Cela en fait un interlocuteur désagréable et stérile et de mauvaise foi. Incapable d’affronter ses peurs et des dynamiques malsaines dans les relations.

Peut-être intuitivement conscient du néant qui l’habite, tout se passe comme s’il voulait attirer la terre entière à lui pour combler ce vide. Ce qui est matériellement impossible et l’insécurise encore plus.

Et pourtant, Montaigne nous enseigne que « l’esprit généreux peut régler son énergie et son inventivité dans le rapport éthique à soi-même et indirectement à autrui ».


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