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L’avertissement de Kagame à l’avion des FAR : Une provocation déguisée contre les troupes de l’APR au CND

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 16 janvier 2024 à 12:12

Les quatre mois durant lesquels les 600 anciens militaires de l’APR étaient hébergés dans le bâtiment du CND, avec pour mission de protéger les politiciens du FPR Inkotanyi devant rejoindre le gouvernement de transition avorté, ont été marqués par des provocations continues de la part des militaires gouvernementaux. À un moment donné, Paul Kagame a ordonné l’abattage de l’avion des militaires gouvernementaux qui les provoquait de façon excessive.

L’entrée au CND en décembre 1993 fut un moment historique pour ces soldats de l’APR, étant leur première incursion dans la capitale du Rwanda.

Leur bravoure et leur rôle dans la libération des tutsi et du pays sont souvent salués, mais peu sont au courant des provocations qu’ils ont subies, orchestrées par les forces gouvernementales sous Habyarimana Juvénal.

Durant ces quatre mois au CND, ces forces ont essuyé plusieurs attaques, notamment lors de leurs déplacements depuis Mulindi pour apporter du matériel essentiel.

L’une de ces attaques s’est produite à Gatsata, où des soldats de l’APR ont été pris pour cibles depuis des maisons environnantes. Un soldat de l’APR y a perdu la vie, mais ils ont rapidement reçu le renfort d’autres soldats venus du CND, parvenant à repousser ceux qui les avaient attaqués.

Une autre provocation notable s’est produite le 5 janvier 1994, lors de la prévue prestation de serment du gouvernement de transition échoué. Avant l’arrivée du président Habyarimana, sa garde présidentielle (GP) voulait s’occuper de la sécurité, mais a été contrée par les Inkotanyi déjà sur place, menant à un conflit bref mais intense.

Cheikh Abdul Karim Harerimana, un politique du FPR Inkotanyi résidant au CND, a confirmé dans une interview avec IGIHE les lourdes provocations subies par l’APR durant cette période.

Il a raconté un incident où un avion militaire de Habyarimana survolait le CND à basse altitude, dérangeant par son bruit. Les forces de l’APR ont consulté Paul Kagame pour lui demander quoi faire à ce moment. Il a alors ordonné à ses troupes d’envoyer un « message clair » à cet avion.

« Ils ont envoyé leur avion militaire, qui n’était pas de chasseur, mais de transport militaire. Il survolait le CND si bas qu’il nous dérangeait avec son bruit. Ils sont passés une première fois, puis une deuxième. Alors, les gars ont consulté Afande et lui ont demandé : ’Que pouvons-nous faire ?’ Il a répondu : ’Donnez-lui un avertissement. S’il revient faites lui un message clair, ainsi, ils sauront que s’il revient pour la quatrième fois, il ne pourra peut-être pas retourner’ », a-t-il souligné.

"C’est ce qui s’est passé lorsqu’il est revenu une deuxième, puis une troisième fois. À ce moment-là, nos jeunes soldats ont envoyé un message clair. Les occupants de l’avion ont certainement dû le comprendre, car après cela, ils se sont éloignés et n’ont plus jamais refait surface," a-t-il ajouté.

Harerimana a précisé la réaction des soldats de l’APR face à cette provocation aérienne : "Lorsque nos soldats ont ouvert le feu sur l’avion, ils ont employé une série de canons spécialement conçus pour atteindre l’altitude à laquelle l’avion évoluait."

Le lieutenant-général (à la retraite) Karake piégé par les manœuvres du CDR au CND

Harerimana a aussi mentionné que, outre les militaires gouvernementaux, des membres du parti CDR, marqués par la haine et la violence, ont également provoqué l’APR en érigeant des barrières contre ses représentants. Alors que le FPR Inkotanyi négociait avec le régime de Juvénal Habyarimana, le lieutenant-général (à la retraite) Karenzi Karake, alors lieutenant-colonel, représentait l’APR auprès de la mission de maintien de la paix de l’ONU, la MINUAR.

Amb. Harerimana a rapporté que les militants du parti CDR se sont rendus coupables de nombreuses manifestations à Kigali, bloquant les routes et se livrant à des actes de violence, allant jusqu’à saccager le bureau du ministère des Affaires étrangères.

Il se rappelle : « La CDR avait l’habitude de faire des manifestations, perturbant la vie à Kigali. Quand la CDR disait quelque chose, donnait un ordre, fermait les routes, le gouvernement s’arrêtait, les commerces s’arrêtaient. Je me souviens qu’une fois, ils sont allés au MINAFFET, détruisant le bureau du ministère, cherchant à forcer la signature d’un accord. »

Harerimana a ajouté que les militants du CDR ont étendu leurs actions jusqu’au CND, érigeant des barrières à Gishushu, près du supermarché Simba, pour empêcher toute traversée, se basant sur l’apparence des personnes (la forme du nez) pour décider qui torturer.

La confrontation avec Karenzi Karake est survenue alors qu’il revenait de visiter le Troisième Bataillon au CND.

Harerimana explique : « À ce moment-là, la MINUAR avait une réunion chez Lando, et ils se sont dit : ’non, la réunion n’aura pas lieu parce que la CDR a fermé les routes’. À ce moment-là, le lieutenant-colonel Karenzi Karake, qui représentait le FPR-APR à la MINUAR, était avec nous, il était venu nous rendre visite au CND. Il a dit ’je vais au moins arriver là où la réunion doit avoir lieu pour voir ce qui se passe’. Nous avions deux voitures. Il est allé dans l’une d’elles, avec environ six soldats à bord. »

Lorsque Karake est arrivé à la barrière érigée par le CDR, les militants l’ont arrêté et interrogé sur sa destination.

Harerimana poursuit : « Quand il est arrivé chez Lando, il a tourné pour descendre la route. Ils ont déplacé la barrière vers lui. Quand il est arrivé, ils l’ont arrêté, disant : ’Il n’y a pas de passage’. Il a demandé ’Pourquoi ?’ Ils ont répondu : ’C’est ce que nous avons décidé, il n’y a pas de passage’. Alors, les coups de feu ont été échangés par ceux du CDR. Bien sûr, nos enfants ont commencé à riposter. Au CND, nous étions prêts, les garçons se sont couchés et ont commencé à tirer. »

Harerimana a conclu en affirmant que les soldats de l’APR ont dû affronter non seulement les militants du CDR, mais aussi des soldats gouvernementaux cachés à Gishushu, soulignant ainsi la complexité et la gravité des événements de cette époque.


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