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L’ancien Premier Ministre génocidaire Jean Kambanda autorisé à ecrire un livre negationniste depuis sa prison à vie

Redigé par Didiane et Jovin
Le 31 août 2020 à 06:13

Le génocide perpétré en 1994 contre les Tutsis au Rwanda est-elle une évidence historique unilateralement attestée ? Les tueries de masses et planifiées, massacres systématiques de la population en raison de leur appartenance ethnique tutsi, ceci est-il perçu dans les métropoles occidentales comme bel et bien un génocide contre les Tutsi du Rwanda ? Si oui, comment la Communauté internationale permet-elle qu’un Jean Kambanda, condamné à vie pour avoir supervisé et sensibilisé la communauté hutue rwandaise à tuer systématiquement ses voisins Tutsi de même colline, continue son œuvre criminelle genocidaire pour laquelle il a écopé la perpétuité ?

Il ne manque pas d’anciens superviseurs de ce génocide qui ont le culot de composer et publier des ecrits niant les crimes qu’ils ont commis. C’est le cas de Jean Kambanda, Premier ministre de la période de cent jours durant lesquels ce génocide a été perpétré, d’avril à juin 1994, qui, de sa prison dorée du Mali, a le temps d’écrire pour revenir sur ses déclarations en plein procès où il reconnaissait avoir supervisé et sensibilisé ses citoyens au génocide des Tutsi du temps où il gouvernait en second le Rwanda.

Son livre : Les Interahamwe du FPR-RPF Killers paraît aux Editions Source du Nil.
C’est parfaitement hideux ce que le reclus accouche sur le papier. Il évoque « la milice ‘‘Interahamwe’’ du FPR actuellement au Pouvoir au Rwanda ». C’est l’accusation en miroir.

Mais il n’est pas le seul à tenter une accusation pareille. La canadienne Judi Rever dans son In Praise Blood , dit elle aussi que pendant que le génocide des Tutsi battait son plein en 1994, 500.000 hutus ont été massacrés par le FPR.

« Il s’agit là aussi de génocide », avance-t-elle, disant tenir cette thèse à partir d’informations contenues dans le rapport confidentiel des enquêteurs du TPIR-Arusha, informations ayant fuité sur l’infiltration d’éléments FPR dans la milice Hutu interahamwe de ce temps-la.

Kambanda Jean collabore avec la cour et plaide coupable

Au cours de son procès au TPIR-Arusha, Kambanda Jean plaide coupable pour la première fois, le 1 Mai 1998, du crime de génocide des Tutsis. Il reconnaît qu’en sa qualité de Premier ministre du pays entre le 8 Avril et 17 juillet 1994, il a contribué à la réalisation du génocide des Tutsis perpétré sous sa gouvernance.

En effet, comme pour donner le ton, on le voit en Avril 1994, civil de son état, arborant un révolver dans son étui à la ceinture, dans un parfait uniforme militaire. Il aura ordonné d’ériger des barrières dans le tout le pays, ce qui facilitait la fouille des identités maudites qui, à cet époque, indiquaient les appartenances ethniques et donc des Tutsi à abattre sur ou juste à côté de ces barrières.

Kambanda a alors plaidé coupable tout de suite de tous les crimes de génocide dont il était accusé, tous concourant à l’incitation de la population aux massacres et au génocide des Tutsis.

La cour d’Arusha a alors condamné Kambanda Jean a un emprisonnement à perpétuité. Il purge jusqu’à ce jour cette peine au Mali, dans la prison de Koulikoro.

Curieux ce qu’est le travestissement de la justice par la Communauté internationale. Pour elle, même un criminel de crime ignoble contre l’humanité a droit à l’expression.

En 2015, le prisonnier Jean Kambanda accorde une interview à ITV, une télévision anglaise. Il lui confie avoir été trompé en confessant son crime ; qu’à son procès, il s’est vu refuser un avocat de son choix. L’homme ne sait pas être conséquent de ses actes. Pourtant, le TPIR –Arusha est contre toute coercition. Il a décidé de son plein gré de coopérer avec la Cour dans l’espoir d’une peine moins sévère.

Le porte-parole du Fond d’appui aux survivants du génocide (FARG), Ahishakiye Naphtal, a dit à ce propos à IGIHE qu’ « il est triste de voir que 26 ans après le génocide des Tutsis, ces méfaits, ces crimes contre l’humanité ne soient pas encore évidents pour certains ».

Un livre niant le génocide des Tutsi publié chez les négationnistes

Il s’entend que les négationnistes du génocide des tutsi profitent d’un flou juridique savamment entretenu par les législations occidentales. La dénomination qui a du mal a s’estomper de « génocide rwandais ». Ici, tout est possible. Cette dénomination est un fourre-tout y compris le négationnisme, le double génocide et le révisionnisme du génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda.

Les Editions Source du Nil qui publient le livre de Jean Kambanda écrit dans sa prison dorée de Koulikoro doit passer. Du reste, il ne sera pas le premier du genre. D’autres avant lui, mais cette fois-ci en liberté, ont publié dans ces éditions qui sont une arme précieuse pour les anciens dignitaires, militaires, politiciens et activistes de la société civile du régime Habyarimana. Ils ne cachent pas leurs sentiments négationnistes du génocide des Tutsi de 1994. Cette arme, ils l’exploitent sérieusement. Avant Jean Kambanda, c’était entre autres,
Le Col. Renzaho Tharcise avec son La bataille de Kigali .Pour lui, le Rwanda est agresse par "les militaires venus d’Uganda"."Il fut nommé préfet de la nouvelle préfecture de la ville de Kigali, le 5 octobre 1990 et a vécu les affres de la guerre du Front Patriotique Rwandais de 1990-1994", lit-on dans l’avant-propos du livre.

C’est aussi Rwanda, l’idéal des pionniers : les hommes qui ont fait la différence de Kabanda Pierre-Célestin, ancien Ministre du Plan. Ici tout est clair pour cet homme qui garde une dent contre le regime rwandais actuel. "Pierre-Célestin Kabanda nous livre un témoignage sans concession sur la 1ère et la 2ème républiques, sur les hommes qui ont renversé une monarchie féodale multiséculaire et fondé un état républicain ex nihilo".

Dans la Grandeur et décadence des Forces Armées Rwandaises de Neretse Emmanuel, il est question de montrer que les anciennes armees gouvernementales sous Habyarimana ont tout fait. Il ne souffre neanmoins pas un mot sur le fait que seule cette armee aurait pu arreter le genocide des Tutsi qui se commettait sur les collines entre avril et juin 1994.

Mais c’est carrement Renzaho Tharcisse qui n’a plus rien a perdre. Dans son Les Interahamwe du FPR , "il livre sa version des faits sur la planification du génocide des Tutsis et du génocide des Hutus par le général Kagame".

Les parlements européens se moquent du génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda
Comment se fait-il que, le sachant bien, le Parlement belge tolère parfaitement l’existence de la Maison Editions Source du Nil, une maison qui charrie et sème à tout vent le négationnisme du génocide des Tutsi avec en soubassement l’idée d’une possible revanche sur les Tutsi qu’elle croit au pouvoir à Kigali ?

Bizarre de voir Guy Verhofstadt demander pardon au Peuple Rwandais au nom de la Belgique dont il était alors en 2000 Premier Ministre, pour rentrer au pays et trouver normal le fonctionnement d’une institution comme Les Editions Source du Nil. Dommage que la loi réprimant le génocide des Tutsi votée par les Belges soit si vague pour ne rien comprendre des agissements de cette maison d’Edition, d’autres associations comme Jambo asbl…

Une societe civile rwandaise honteusement inactive
Mais au fond, ces Belges ont raison. Ils ne traitent qu’avec des hommes et femmes doctes ; ceux-là qui osent assumer leurs idées et les défendre quoiqu’avec animosité, rancœurs et ressentiments pour avoir échoué dans leur projet macabre génocidaire.

Est-ce dire que Kigali n’a pas une société civile forte capable, en toute intégrité et honnêteté intellectuelle, de montrer et faire comprendre la tragédie qu’annoncent les négationnistes du génocide des Tutsi qui ont pignon sur rue en Occident ?

Dans cette guerre médiatique autour dudit négationnisme, les forces du mal doivent-elles vaincre celles du bien ?

Le fait qu’au Rwanda les itinéraires intellectuels ne sont pas suffisamment poursuivis à fond, le fait que les lectures de la société rwandaise ne sont pas suffisamment consistantes… c’est sur ces deux axes que se jouera la victoire ou l’échec sur les négationnistes du génocide des Tutsi.

Avouez qu’un génocidaire qui ecrit et publie un livre aux relents nauséabonds du négationnisme du génocide des Tutsi c’est déjà un échec annoncé !!!


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