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Kagame inaugure la 26ème commémoration du Génocide des Tutsi de 1994 : quid d’un fonds de réparation ?

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 7 avril 2020 à 10:12

Le Couple Présidentiel rwandais Paul et Jeannette Kagame ont lancé au Mémorial du Génocide de Gisozi de la Ville de Kigali ce matin du 7 avril 2020 les cent jours de la 26ème commémoration-anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994. Cette cérémonie survient au moment où le monde entier et le Rwanda en particulier connaissent le confinement dû au Covid 19.

La cérémonie a vu la participation d’un nombre limité d’invités pour se protéger contre une possible contamination au Covid 19.

La traditionnelle cérémonie de cette journée a suivi la procédure normale dont la pose de gerbes de fleurs sur les tombeaux des 250.000 victimes du génocide qui se reposent dans ce Mémorial de Gisozi mais aussi l’allumage de la Torche inextinguible de l’Espoir.

Pas de Marche de la Mémoire, pas de veillées funèbres ; Covid 19 !!!

Dans son discours télévisé à Radio et Télévision Nationales adressé à la nation qui a suivi vers treize heures, le Président Paul Kagame a regretté le fait qu’à cause du Covid 19 que connaît le pays, il est impossible de faire ni la traditionnelle Marche nocturne de l’Espoir, ni les veillées funèbres de mémoire des victimes de ce génocide et autres communications publiques de quartiers et de villages.

"A cause de cette période d’exception où le Covid sévit, la façon de commémorer les victimes du génocide des Tutsi de 1994 a changé", a-t-il dit invitant les citoyens à payer la mémoire des victimes du génocide dans leurs foyers, tout en suivant débats et communications divers sur les médias publics et privés locaux.

Dans son message, le Chef de l’Etat a insisté sur le renforcement de la solidarité des survivants du génocide des Tutsi afin de poursuivre leur quête de reconstruction de leur chez soi et de dépassement de profonds sentiments de solitude dont ils doivent nécessairement se libérer pour envisager un avenir sérein et participer pleinement à la reconstruction du tissu national.

Penser un Fonds de réparation des droits des survivants
Le Chef de l’Etat se tient de ne rien promettre à propos de la question de réparation des droits sérieusement piétinés de ces survivants en 1994 qui se meurent à petit feu. Pense-t-il que l’enveloppe d’assistance aux rescapés de FARG/Fonds d’Assistance des Rescapés du Génocide, ce pis-aller, suffit-il de remplacer valablement la réparation de ces droits ?

Curieusement les associations intervenant dans la lutte pour la protection de ces droits semblent avoir oublié le fait qu’entre la promulgation d’une loi sur la réparation de ces droits et le versement effectif des compensations se font à des époques différentes.

L’Etat rwandais sait pertinement qu’une fois votée la loi sur la réparation des droits des survivants du génocide des Tutsi de 1994, un fonds qui peut se mettre en place verrait l’ONU, la Belgique et la France parmi les premiers grands contributeurs de ce fonds qui jouerait comme une vaccination des rescapés du génocide des Tutsi contre leur gêne de se sentir déplumés et esseulés.
Libérer les énergies des rescapés, ecrire et publier leurs Calvaire
Ce fonds clouerait le bec des négationnistes du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994. Il redonnerait du courage des rescapés à raconter leurs Calvaire et cette abondante littérature noyerait les écrits négationnistes qui sont légion en Occident.

Quelques images de la cérémonie :


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