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Urgent

Kabuga échappe à son procès !

Redigé par Jean Jill Mazuru
Le 8 août 2023 à 02:09

Félicien Kabuga, identifié comme le financier clé du génocide contre les Tutsis du Rwanda de 1994, est déclaré inapte à comparaître devant un tribunal. L’affaire illumine de facto un déséquilibre saillant entre la déception des rescapés et les impératifs de la justice international.

Le lundi 7 Août 2023, la cour d’appel de l’ONU a ordonné la suspension indéfinie de sa procédure judiciaire, suite à une "erreur de droit" commise par un tribunal spécial du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux onusiens pour le Rwanda et l’ex Yougoslavie.

La décision initiale, en juin dernier, de juger Kabuga par une procédure simplifiée malgré son état de santé fragile a été vivement critiquée. La cour d’appel estime aujourd’hui nécessaire de "rapidement examiner le problème de la détention provisoire de M. Kabuga".

Agé de 88 ans selon les autorités, ou 90 selon ses dires, Félicien Kabuga est principalement accusé d’avoir créé et financé la tristement célèbre "radio de la haine", RTLM. Durant le génocide, cette station diffusait des appels à l’extermination des Tutsis, motivant les auteurs de ces massacres qui ont coûté la vie à plus d’un million de personnes entre avril et juillet 1994.

La récente décision des juges, bien que jugée nécessaire pour garantir un procès équitable, suscite la déception des victimes et survivants du génocide. En effet, l’arrestation de Kabuga à Paris en 2020 après vingt ans de cavale avait éveillé l’espoir d’une justice rendue.

Cet espoir s’amenuise d’autant plus que des experts médicaux ont attesté en juin de la "démence sévère" de l’accusé. Malgré sa santé déclinante, lors de son procès en septembre dernier, Kabuga avait plaidé non coupable.

La cour d’appel rappelle que "la justice ne peut être rendue qu’en organisant des procès équitables et menés dans le plein respect des droits de l’accusé", mettant ainsi en avant l’importance des droits fondamentaux, même face aux crimes les plus graves de l’histoire.

Après plus de deux décennies d’attente et d’espoirs, les survivants du génocide perpétré contre les Tutsi doivent aujourd’hui faire face à une justice qu’ils jugent inachevée.

Pour beaucoup, la déclaration d’inaptitude de Kabuga n’est pas seulement une décision médicale ou juridique, mais une cicatrice de plus sur les blessures encore vives d’un passé douloureux des rescapés que cette décision remet à vif.


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