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Jean-François Ricard face à l’horreur du génocide perpétré contre les Tutsi à Murambi

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 13 mars 2024 à 11:51

Le Procureur de la République antiterroriste de France, Jean-François Ricard, a été profondément choqué lors de sa visite au mémorial du génocide perpétré contre les Tutsi de Murambi mardi 12 mars. Il a été confronté aux atrocités commises contre la population tutsi en 1994, impliquant la participation présumée des militaires français de l’opération Turquoise.

Jean-François Ricard est au Rwanda dans le cadre d’une mission officielle de quatre jours entamée le 10 mars 2024. Pendant son séjour, il a eu des entretiens significatifs avec le procureur général rwandais Havugiyaremye Aimable, et le procureur Serge Brammertz du TPIR, aboutissant à un accord pour l’échange de preuves concernant les accusés du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, actuellement en France.

Mardi, lors de sa visite au Mémorial du Génocide de Murambi, situé dans le District de Nyamagabe, dans la province du Sud. Jean-François Ricard a été confronté à l’ampleur des atrocités commises. Les locaux, qui servaient autrefois d’écoles, sont désormais le lieu de repos des milliers de Tutsi. Certains de ces espaces ont également été utilisés comme hébergement pour les militaires français de l’opération Turquoise, déployés à Murambi du 21 juin au 21 août 1994.

Des témoignages affirment que des déplacés tutsi ont été placés sur les lieux pour donner l’illusion d’une protection par ces forces françaises, malgré le fait que plus de 50 000 autres Tutsi aient déjà été tuées sur place et enterrées dans des fosses communes.

De plus, ces locaux ont été le théâtre de violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles tutsi, commises en plein jour par ceux-là mêmes qui étaient censés assurer leur protection.

La visite a profondément ému Jean-François Ricard, qui a d’abord retenu ses émotions en parcourant la section relatant l’histoire de la planification et de la mise en œuvre de ce génocide, mais a manifesté un choc évident en arrivant dans les lieux où résidaient les soldats français accusés de viol.

Après s’être incliné devant les victimes, Jean-François Ricard a préféré garder le silence lors de sa rencontre avec les médias, choisissant de ne pas exprimer publiquement ses émotions.

Cependant, il a partagé ses impressions avec des étudiants français, en visite au Rwanda, présents sur place, soulignant la différence entre ce qu’ils ont vu et ce qu’ils avaient entendu auparavant en France.

Toutefois, dans un message inscrit dans le livre d’or, il a déclaré : "Je voudras dire que je suis d’abord venu ici à Murambi pour dire que l’immense souffrance des victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994 ne pourrait jamais être oubliée."

Il a ajouté : "Je voudrais ajouter que seule la justice peut aider à construire l’avenir après un tel drame, et que cette œuvre de justice, qui a déjà commencé, devra se poursuivre encore, car il ne peut y avoir d’impunité en la matière."

Ce message clair renforce l’engagement déclaré par Ricard lors de sa conférence de presse : la France poursuivra sans relâche toute personne impliquée dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994 et se trouvant sur le sol français.

Tristes témoignages

Le mémorial de Murambi présente des témoignages glaçants gravés sur ses murs. L’un d’eux émane d’Oliva, une jeune fille violée à l’époque. Elle relate que dans cet enclos, les soldats français avaient hissé les couleurs nationales de la France, avant d’utiliser quotidiennement les bâtiments qui leur servaient de cantonnement pour commettre des viols brutaux et répétés sur des femmes et jeunes filles tutsi.

Elle déclare : "Les Français le faisaient en public. Chaque soir, ils entraient dans les tentes et emmenaient les filles. Ils nous emmenaient là où ils habitaient et disaient à leurs amis qu’ils nous avaient amenés. Une fille pouvait être violée par jusqu’à 10 soldats et le faisaient avec une horrible cruauté. Chaque soir, ils venaient chercher des filles, c’était comme si c’était leur dîner."

Les opérations sur la colline de Murambi étaient supervisées par quatre officiers supérieurs français en charge des troupes stationnées dans cet enclos. Le colonel Didier Tauzin, premier commandant de l’opération Turquoise à Gikongoro, le colonel Jacques Rosier, son supérieur hiérarchique qui ordonna l’installation du camp à Murambi, le lieutenant-colonel Erik De Stabenrath qui prit la suite du colonel Rosier, ainsi que le capitaine Marc Zwilling, commandant effectif dudit camp.

Jean-François Ricard a d'abord retenu ses émotions en parcourant la section relatant l'histoire de la planification et de la mise en œuvre de ce génocide, mais son visage exprimait un profond choc
Cet emplacement constitue l'ancien terrain de jeux des soldats français, qui etait situé au-dessus d'une fosse commune où reposaient des Tutsi victimes du génocide perpétré contre les Tutsi à Murambi

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