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Goma : deux militaires de FARDC tués par des déplacés

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 5 mars 2024 à 04:23

À Goma, des déplacés ont réagi avec violence en tuant deux soldats de la République Démocratique du Congo, suite à l’assassinat d’un homme qui s’était réfugié dans le camp de déplacés de Mugunga, situé à l’ouest de la ville.

L’incident mortel, survenu dans la soirée du 4 mars 2024, impliquait des militaires non identifiés qui ont abattu un citoyen congolais originaire de Sake, sans motif connu.

Dès l’aube, une atmosphère de tension s’est installée au quartier Lac Vert, à l’Ouest de Goma. Cette situation tendue découle de la colère des déplacés, protestant contre l’assassinat par balle d’un des leurs durant la nuit. Cette escalade de violence a engendré des protestations virulentes sur la route reliant Goma à Sake, où des citoyens, manifestant leur indignation, ont capturé deux militaires appartenant au gouvernement.

Un des déplacés a exprimé son désarroi en matinée, déclarant : « Des militaires, non identifiés, ont abattu un des nôtres à bout portant. Sa conjointe était portée disparue mais a été retrouvée ce matin. Nous avons réussi à capturer deux militaires […]. Nous exhortons les autorités à prendre soin de nous car, sans sécurité, nous risquons de périr ici. »

Un autre a souligné l’incompréhension et la détresse face à la violence dans les camps censés être des refuges : « Nous avons fui nos villages à cause du M23, et ne comprenons pas pourquoi nous sommes tués dans les lieux qui devraient nous assurer protection. Ces meurtres doivent cesser ; nous ne pouvons pas succomber à la faim et subir en plus des assassinats. »

Un troisième déplacé a plaidé pour une distance de sécurité entre les militaires et les camps, leur présence étant un facteur d’affrontements violents et parfois mortels.
Il a affirmé : « Nous ne demandons qu’une chose : l’arrêt des tueries dans les camps de déplacés, et aucune présence militaire à moins de 100 mètres de ces sites. Nous ne sommes pas des bêtes que l’on peut abattre chaque jour. Un habitant de Goma vaut autant qu’un autre de Kinshasa. »

Selon des sources locales à Goma, les deplaces auraient exécuté les deux militaires capturés, les accusant d’être impliqués dans le meurtre de leur camarade.

La Commission des droits de l’homme des Nations Unies en RDC a rapporté, le 26 février 2024, que le pays avait enregistré 5 273 actes de violence au cours de l’année 2023. Parmi ceux-ci, 1 947 impliquaient des fonctionnaires, notamment des militaires et des policiers, principalement dans l’Est du pays.

Dans les cinq provinces affectées par le conflit armé, il a été constaté que les groupes armés étaient responsables de 77 % des crimes contre l’humanité, les fonctionnaires étant tenus pour responsables de 22 % de ces actes.

Manifestants déplacés brandissant des pancartes exprimant leur lassitude d'être constamment visés par des tirs dans le camp de déplacés

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