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Ex-Premier ministre et promoteur éducatif, P.D. Habumuremyi, endetté, tombe du haut de son piédestal

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 17 juillet 2020 à 08:25

Ce jeudi 16 juillet, l’ex-Premier Ministre Dr Pierre Damien Habumuremyi comparaît devant le juge du Tribunal de Première Instance de Gasabo en Ville de Kigali. Ce promoteur en Education, il a fondé une Université dite Christian University, est poursuivi pour crimes d’émission de chèques sans provision et d’escroquerie. Il y est actionnaire majoritaire avec 60% d’actions et son fils y détient 30% d’actions.

Entretemps, son université qui n’avait qu’une autorisation provisoire de fonctionner depuis plus de quatre ans a été fermée par le Ministère de l’Education pour ne pas avoir rempli les conditions exigees.

Descente aux galeres

Mais pourquoi cet ancien dignitaire tombe-t-il si bas ? Le business est-il plus difficile que la gestion de la chose publique dont il était responsable dans les hautes sphères du pays depuis plus de quinze ans ? Toujours est-il que la gestion de son université était si opaque que le Recteur et actionnaire minoritaire (10%), Dr Sébastien Gasana, ne savait pas comment gérer cette université jusqu’à la fin de son mandat fin l’an dernier surtout qu’il a toujours été écarté de sa gestion financière.

Dr P.D. Habumuremyi a été arrêté depuis ce 3 juillet 2020. Il comparaît devant le juge pour une mise au point. Il est question de savoir si les crimes dont il est accusé sont trop lourds pour qu’il soit maintenu en détention provisoire ou s’il doit poursuivre son procès en étant libre de ses mouvements.

La salle d’audience est pleine à craquer en cette matinée. Les instructions de prevention du Covid19 sont violees. Il est ordonné que les gens sortent et qu’ils suivent du dehors les débats.
Les caméras de la presse mitraillent l’accusé au point de l’indisposer.

Accuse, levez-vous !
Le Ministère public prend la parole et l’accuse d’avoir émis des chèques sans provisions et d’escroquerie. « Faux », disent les avocats de la défense. « Notre client est innocent », ajoutent-ils jetant le tort à la pandémie du Covid 19 qui a ralenti toutes les activités économiques du pays mais aussi d’ailleurs.

« Nous demandons que notre client bénéficie d’une liberté provisoire, qu’il poursuive son procès tout en vaquant à ses occupations », disent les avocats de sa défense. « Et cela est aussi l’avis de la partie civile constituée de ses fournisseurs impayés », ajoutent-ils.

Laissez-moi le temps d’attirer des actionnaires, je paierai !
« Je ne nie pas que je dois de l’argent à mes fournisseurs », a dit P.D. Habumuremyi ajoutant qu’il lui faut du temps pour collecter cet argent provenant de la vente des actions de son entreprise aux nouveaux investisseurs qui veulent apporter leurs capitaux dans la gestion de cette université.

Ah ! Cet argument tient-il plus que tous les autres ? Le crime commis d’émission de chèque sans provision peut-il être excusé par le Tribunal ? Le juge comprendra-t-il les intérêts des fournisseurs pour laisser la liberté à cet investisseur qui a cru qu’une université peut être gérée comme sa poche ?

Un combat de titans mene pas la defense
Me Ernest Bayisabe et Me J.P. Kayitare de la défense se sont battus comme des lions dans cette arène où le Ministère Public tenait mordicus à faire garder l’ex-Premier Ministre dans la Salle de Police.

A l’argument lancé par la défense sur la nécessité de relâcher l’accusé comme quoi il souffre de maladies exigeant beaucoup de soins. Il a parlé de son œil opéré mais aussi de l’autre à opérer dans les brefs délais.

Des lecons de ce proces : investisseurs et noblesse du secteur Education
Mais au fond, tous les arguments tombent à l’eau. Ce qui compte c’est d’honorer les contrats des fournisseurs de la Christian University. C’est, pour cela, savoir que le secteur de l’éducation appelle des investisseurs ayant au-delà de la recherche de profits individuels, une vocation noble d’intégrité et d’excellence dans la formation de l’apprenant.

De ce procès dont la conclusion provisoire est annoncée pour 21 juillet, il se dégage que toute personne si grande soit-elle doit craindre ou réparer rapidement les gestes criminels qu’elle pose.

De deux, que l’on doit respecter et comprendre en tout temps la personne en contrat de travail ou de fourniture de prestations ou d’items donnés sans prendre de grands airs dédaigneux à son égard.

Enfin, le secteur de l’éducation et celui de la santé ; dans ce monde capitaliste où tout commerce est permis, cherchent des hommes et des femmes posés, honnêtes et mus par le souci de satisfaire les clients d’abord et, partant, de répondre aux principes nobles du respect de l’humanité.

Donnez le temps a l’accuse de se refaire examen de conscience
Mais l’ex-Premier Ministre Habumuremyi ne doit pas être puni pour avoir osé entrer dans la danse de création de l’emploi et de poursuite de la mission d’enseigner même s’il s’y est mal pris.

Il est mille fois meilleur que de nombreux anciens chambellans rwandais qui, à leur soixantaine passée, dans leur retraite méritée, restent toujours dans le sillage des arcanes du pouvoir, incapables de penser qu’au lieu de continuer à recevoir des émoluments gras ou maigres du régime pour quelques éventuelles prestations , devraient plutôt rejoindre ce prospecteur en éducation qui n’a utilisé que ses propres moyens pour construire une si grande et noble institution éducative qu’est la Christian University.

Dommage qu’il n’a pas su à temps que son entreprise était et reste démesurément plus grande que ses propres capacités financières et intellectuelles. Il a tenté en vain de s’y agripper mais hélas…..

Une dure journee de l’ex-Premier en images


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