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Escalade de la violence, catastrophe humanitaire redoutée au Soudan Une mise en perspective du conflit en cours

Redigé par Jean Jill Mazuru
Le 2 mai 2023 à 05:03

Les affrontements au Soudan entrent dans leur troisième semaine, avec plus de 500 personnes tuées depuis le début des combats le 15 avril dernier. L’ONU a averti ce lundi 1er mai 2023 que plus de 800 000 personnes pourraient fuir les combats au Soudan, où des tirs et des explosions secouent à nouveau la capitale, enfreignant le dernier cessez-le-feu convenu entre les généraux belligérants.

IGIHE vous propose une mise en perspective de la crise soudanaise. Nous passerons en revue les coins et recoins de ce conflit qui risque de mettre sur les routes plusieurs milliers d’autres Soudanais.

"Nous espérons ne pas en arriver là, mais si la violence ne cesse pas, nous verrons davantage de personnes contraintes de fuir le Soudan à la recherche de la sécurité", a déclaré sur Twitter Filippo Grandi, le patron du HCR, exprimant l’inquiétude de l’ONU face à ce que l’organisation mondiale en charge des réfugiés qualifie de situation humanitaire catastrophique déclenchée par cette guerre vieille de trois semaines.

Des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées depuis le déclenchement des combats le 15 avril entre le chef de l’armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Daglo, qui commande les Forces de soutien rapide paramilitaires, RSF.

Des millions de Soudanais, incapables de payer les prix gonflés pour échapper aux combats, se sont réfugiés chez eux avec des réserves de nourriture et d’eau qui s’amenuisent de jour en jour, et des coupures de courant fréquentes, pendant que des avions de chasse font régulièrement des raids qui attirent un lourd feu anti-aérien.

Burhan et Daglo ont ignoré plusieurs cessez-le-feu et ont prolongé le dernier de 72 heures tard dimanche 30 avril.

Dans un camp de fortune près d’Adre, à la frontière tchadienne, le personnel de l’agence des réfugiés de l’ONU distribuait des rations alimentaires d’urgence à des familles qui avaient fui la violence avec peu d’affaires, assises dans le sable à l’ombre des arbres.

La situation chaotique au Soudan a conduit à la mort de travailleurs humanitaires, au bombardement d’hôpitaux, au pillage d’installations humanitaires et à la suspension de la plupart des opérations des groupes d’aide étrangers.
"L’ampleur et la rapidité de ce qui se passe est sans précédent au Soudan", a déclaré Stephane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a déclaré qu’il prévoyait de reprendre prochainement la distribution de nourriture dans certaines parties du pays après une suspension suite à la mort de trois de ses travailleurs humanitaires.

"Au moins 528 personnes ont été tuées et près de 4 600 blessées dans les violences, selon le ministère Soudanais de la Santé, des craintes subsistent toutefois que le bilan réel des morts risque d’être bien plus élevé.

Les combats se sont étendus à travers le Soudan, y compris dans la région du Darfour, longtemps en proie à des troubles. L’ONU a indiqué qu’au moins 96 personnes avaient été tuées à El Geneina, dans l’ouest du Darfour, où des fournitures médicales étaient éparpillées sur les sols des hôpitaux gravement endommagés.

Les FSR de Daglo sont issues des milices Janjaweed déchaînées dans une campagne de terre brûlée au Darfour en 2003 par l’ancien homme fort Omar al-Bashir, qui est accusé de crimes de guerre et de génocide.

Les combats mettent en péril le secteur de la santé déjà fragile du Soudan, a averti le directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, Ahmed al-Mandhari.

Il a tiré la sonnette d’alarme face à la menace croissante de choléra, de paludisme et d’autres maladies alors que la saison des pluies approche et que l’eau potable se fait de plus en plus rare.

Depuis Port-Soudan, Volker Perthes a expliqué les retards dans l’aide au Soudan :

"Beaucoup de l’aide humanitaire que nous avions en stock a été pillée. Tous les entrepôts, du PAM (Programme alimentaire mondial), du HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et d’autres au Darfour ont été pillés. Les véhicules des agences humanitaires ont été pillés."
"Les bureaux de ma propre mission UNITAMS (Mission d’assistance intégrée des Nations unies pour la transition au Soudan) ainsi que, bien entendu, les agences dans la plupart des villes du Darfour ont été pillés."

Un premier avion de la Croix-Rouge a transporté dimanche (30 avril) huit tonnes de fournitures médicales de la Jordanie à Port-Soudan, qui a servi de centre d’évacuation.

Lundi Ier courant, un navire d’évacuation américain est arrivé en Arabie saoudite en provenance du Soudan avec plus de 300 civils de plusieurs pays, selon les médias d’État saoudiens.

Alors que les pays étrangers procèdent à l’’évacuation des milliers de leurs citoyens par air, route et mer, environ 50 000 Soudanais ont déjà fui par voie terrestre vers les pays voisins, selon l’ONU.

Un envoyé de Burhan, Dufallah al-Haj Ali, a rencontré dimanche (30 avril) à Riyad le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Faisal bin Farhan, et devait rencontrer mardi (2 mai) le ministre des Affaires étrangères égyptien au Caire, un ballet diplomatique qui comme on le crait risque d’accoucher d’une souris.


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