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ESS : Une alternative au capitalisme ?

Redigé par IGIHE
Le 1er avril 2020 à 06:19

Le portail Les Editions Sciences Humaines publie des textes rappelant une probable voie économique à suivre des pays du Tiers Monde ; celle d’un capitalisme à visage humain. Cette voie peut être adaptée localement par les régimes africains qui sont souvent secoués par des crises périodiques du capitalisme pur et dur qu’ils subissent, des crises souvent accompagnées de catastrophe ou d’apocalypse humain.
Note de l’édition

Quel rôle peut jouer l’économie sociale et solidaire (ESS) face au capitalisme, qui s’est imposé depuis la chute du mur de Berlin comme « le moins pire des systèmes » ?

Certains, comme Jean-François Draperi, envisagent l’ESS comme « une utopie qui permet d’envisager qu’une autre économie soit possible ». Pour lui, des initiatives telles que la création de monnaies solidaires ou le rachat de sociétés de capitaux par les usagers pour les transformer en groupements de personnes pourraient entraîner un « changement non-violent de l’économie » en substituant des valeurs d’égalité, de liberté et de solidarité à la concurrence.


Thierry Jeantet, président d’un rassemblement européen d’assureurs d’économie sociale, y voit de son côté des modes d’organisation alternatifs qui peuvent résoudre les problèmes actuels : faim dans le monde, dégâts environnementaux, inégalités, exclusion…


Plus circonspect, Philippe Frémeaux reproche à T. Jeantet de présenter « le secteur tel qu’il voudrait qu’il soit, et non tel qu’il est ». Si l’ESS apparaît comme « l’amorce d’une autre économie », le journaliste constate au regard de l’histoire de ses organisations qu’elle se place sous une triple logique.


• De récupération lorsque l’État reprend les initiatives de la société civile. Ainsi, la Sécurité sociale doit son existence au mouvement mutualiste de la fin du XIXe siècle.

• D’instrumentalisation quand des associations se voient confier par une collectivité la mise en place de politiques publiques (par exemple, l’animation d’un centre-ville confiée à un comité des fêtes associatif).

• De banalisation au moment où les acteurs de l’ESS se mettent à poursuivre des fins qui ne les distinguent plus de leurs concurrentes capitalistes (le groupe Limagrain est ainsi une puissante coopérative mondiale de semences et un acteur majeur de la recherche et de la production d’OGM).

D’où le scepticisme de certains, comme le sociologue Matthieu Hély, qui considère que « l’économie sociale et solidaire n’existe pas ». Pour lui, l’essor des activités associatives manifeste davantage « le résultat d’une politique de brouillage des frontières entre privé et public » que l’émergence d’un troisième secteur.


En définitive, malgré les espoirs qu’elle cristallise et l’actuelle remise en question du système capitaliste, l’ESS peine à constituer un mouvement social alternatif visible, reconnu et crédible face au capitalisme.

avec Les Editions Sciences Humaines


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