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ESS/ L’économie sociale et solidaire : Entre les rêves et les réalités

Redigé par IGIHE
Le 27 mars 2020 à 09:31

Une autre face de l’histoire sociale de l’Occident peut éclairer la Société civile des pays africains. Celle-ci a des comportements bizarres. Les intervenants dans les organisations de la Société civile des pays africains y entrent comme une porte dérobée de célébrité et d’accès aux richesses et honneurs quand d’autres ONGs sont créées dans le sillage des régimes politiques en vigueur dans ces pays, prolongeant une sorte de dynamisme des systèmes capitalistes en cours. Les Africains peuvent-ils entrer dans la Société civile africaine par conviction de faire autrement que les régimes en place ? Les contours de cette notion de société civile apolitique mais politique autrement ne sont pas circonscrites dans la conscience sociale africaine.

Les Rwandais dirigeant les ONGs peuvent-ils donc avoir mission, tout en se détachant avec grandeur de la chose politique, d’améliorer la qualité des citoyens, alléger leurs conditions de vie, chacune dans les différents secteurs socioéconomiques du quotidiens des citoyens ? Une démarche que les Rwandais ne comprennent pas, eux qui sont incapables d’être des missionnaires dans leur société que le régime actuel recoud tant bien que mal devant les coups bas des milieux revanchards et négationnistes du génocide des Tutsi de 1994.

Restos du cœur, Macif, Crédit agricole, Leclerc… 
L’économie sociale et solidaire regroupe des acteurs nombreux et variés, 
qui rendent sa définition difficile. Certains considèrent 
néanmoins ce secteur comme une alternative au capitalisme.

Une vaste nébuleuse
Concept générique, l’économie sociale et solidaire (ESS) est souvent assimilée au commerce équitable ou aux associations d’aide aux plus démunis, comme les Restos du cœur. Au-delà, l’économie sociale et solidaire désigne aussi de très petites structures qui, à l’échelle d’une commune, organisent des cours de soutien scolaire ou aident les personnes âgées. Même un club de football amateur relève de ce vaste champ, dans la mesure où il crée du lien social, par exemple parmi les jeunes d’un quartier, sans chercher à en retirer de bénéfice autre que celui nécessaire à son fonctionnement. À côté des associations, qui représentent 80 % des acteurs, la grande famille de l’ESS se compose également de coopératives, de mutuelles et de fondations.


Ainsi, l’entreprise bordelaise Motion Twin, qui développe depuis 2001 des jeux pour sites Internet, n’a rejoint l’ESS qu’après sa transformation en société coopérative ouvrière de production (Scop), en 2004. Cette forme juridique, plus conforme à ses aspirations, permet à ses treize salariés d’être associés, de posséder une part égale de l’entreprise indifféremment de leur ancienneté et de leurs qualifications, de prendre les décisions en commun et de partager équitablement les bénéfices entre les membres. Ce n’est donc pas par son activité mais plutôt par son organisation, fort différente des sociétés capitalistes classiques, que Motion Twin se distingue.

Il en va de même pour les autres coopératives (parmi lesquelles figurent entre autres le groupe Chèque déjeuner, le magazine Alternatives économiques, les supermarchés Leclerc et le Crédit agricole), et les mutuelles de santé et d’assurances (Macif, Maïf, MGEN, etc.). De l’association de quartier à la grande banque, l’ESS désigne donc moins une réalité circonscrite qu’une vaste nébuleuse assez hétéroclite et aux contours diffus.

Une vaste nébuleuse
Concept générique, l’économie sociale et solidaire (ESS) est souvent assimilée au commerce équitable ou aux associations d’aide aux plus démunis, comme les Restos du cœur. Au-delà, l’économie sociale et solidaire désigne aussi de très petites structures qui, à l’échelle d’une commune, organisent des cours de soutien scolaire ou aident les personnes âgées. Même un club de football amateur relève de ce vaste champ, dans la mesure où il crée du lien social, par exemple parmi les jeunes d’un quartier, sans chercher à en retirer de bénéfice autre que celui nécessaire à son fonctionnement. À côté des associations, qui représentent 80 % des acteurs, la grande famille de l’ESS se compose également de coopératives, de mutuelles et de fondations.


Ainsi, l’entreprise bordelaise Motion Twin, qui développe depuis 2001 des jeux pour sites Internet, n’a rejoint l’ESS qu’après sa transformation en société coopérative ouvrière de production (Scop), en 2004. Cette forme juridique, plus conforme à ses aspirations, permet à ses treize salariés d’être associés, de posséder une part égale de l’entreprise indifféremment de leur ancienneté et de leurs qualifications, de prendre les décisions en commun et de partager équitablement les bénéfices entre les membres. Ce n’est donc pas par son activité mais plutôt par son organisation, fort différente des sociétés capitalistes classiques, que Motion Twin se distingue. Il en va de même pour les autres coopératives (parmi lesquelles figurent entre autres le groupe Chèque déjeuner, le magazine Alternatives économiques, les supermarchés Leclerc et le Crédit agricole), et les mutuelles de santé et d’assurances (Macif, Maïf, MGEN, etc.). De l’association de quartier à la grande banque, l’ESS désigne donc moins une réalité circonscrite qu’une vaste nébuleuse assez hétéroclite et aux contours diffus.

Lecture recommandée : L’Irrésistible Montée de l’économie sociale. 
Un projet, une culture, des valeurs,
Virginie Robert, Autrement, 2007.

« Une histoire ancienne
L’économie sociale et solidaire (ESS) plonge ses racines dans une histoire ancienne. Pour Philippe Frémeaux, président d’Alternatives économiques, deux logiques la sous-tendent dès le Moyen Âge. Une logique caritative : « Les hospices de Beaune, fondés en 1443, mondialement connus pour leur patrimoine architectural et la vente annuelle de leur production viticole, exploitent toujours un centre hospitalier à but non lucratif de plus de deux cents lits et un institut de formation en soins infirmiers. » Une logique d’auto-organisation lorsque des groupes se rassemblent pour trouver des solutions collectives à leurs problèmes, comme les agriculteurs du Jura qui créent les premières fruitières coopératives.


Mais c’est au xixe siècle que l’ESS prend véritablement son essor. Le dévelop­pement des sociétés industrielles, dominé par le capitalisme, engendre des mouvements philanthropiques. Certains patrons, comme Jean-Baptiste Godin, veulent améliorer les conditions de vie des ouvriers. Ce fabricant de poêles construisit par exemple en 1859 un familistère qui réunissait l’activité économique et la vie familiale des ouvriers tout en leur assurant l’éducation et l’accès à la culture. Des sociétés de secours mutuel sont créées par les ouvriers pour réagir aux licenciements sans indemnités et aider les salariés mala­des. Selon le principe mutualiste, les membres cotisent et peuvent en retour accéder à un minimum de sécurité en cas de pépin. Ce principe est aussi l’un des fondements des banques coopératives (Crédit agricole, Crédit mutuel, Caisses d’épargne, Crédit coopératif et Banques populaires). À la fin du xixe siècle, des paysans, des artisans et des petits patrons, auxquels les banquiers refusent des prêts, s’unissent sur un même territoire, ou au sein d’une même corporation, pour se donner les moyens d’accéder au crédit. C’est ce qui explique que ces banques, qui représentent 60 % de la banque de détail et 56 % des dépôts en France, participent de l’ESS.


À partir des années 1980, la montée du chômage, de l’exclusion et des inégalités ouvre la porte à d’autres champs d’action : commerce équitable, soutien scolaire, aides à domicile pour les personnes âgées, insertion professionnelle des personnes handicapées sont autant d’activités qui composent cette seconde génération de l’ESS.

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Avec revue Editions Sciences Humaines, Février 2012


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