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Divorce à la CEDEAO : 3 pays membres importants claquent la porte

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 29 janvier 2024 à 10:36

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso se détournent de la CEDEAO. Accablés par des coups d’État successifs, ces pays dénoncent des sanctions sévères et un manque de soutien face au terrorisme. Leur départ soudain secoue les fondations de la CEDEAO, organisation autrefois symbole de coopération et de stabilité en Afrique de l’Ouest.

Le communiqué conjoint des trois États, sorti dimanche 28 janvier, met en avant plusieurs griefs contre la CEDEAO, notamment l’absence de soutien dans leur lutte contre le terrorisme et des sanctions jugées « illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables ».

Ces pays, tous frappés par des coups d’État récents, expriment également leur mécontentement face à ce qu’ils perçoivent comme une influence étrangère préjudiciable au sein de l’organisation, la qualifiant de « menace pour ses États membres et leurs populations ».

Ce retrait marque un point de rupture significatif au sein de la CEDEAO, qui compte 15 États membres depuis sa création en 1975. L’organisation vise à promouvoir l’intégration économique dans divers domaines d’activité, mais fait face aujourd’hui à une crise politique majeure.

En rappel, ces États, ayant déjà quitté le G5 Sahel, ont formé l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023. Cette démarche a été qualifiée de « tentative fantôme » par Bola Tinubu, président en exercice de la CEDEAO, qui y voit une diversion des objectifs de démocratie et de bonne gouvernance.

Face à la multiplication des coups d’État, la CEDEAO a tenté d’agir en imposant des sanctions sévères contre le Mali et le Niger, et a même menacé d’intervenir militairement au Niger. L’organisation a suspendu les trois pays de ses organes, une décision qui a exacerbé les tensions.

Par ailleurs, ces événements coïncident avec un recul notable de l’influence française dans la région, marqué par l’expulsion d’ambassadeurs français et la fermeture d’ambassades au Niger en septembre 2023 et au Mali début 2022.

Dans un récent communiqué, la CEDEAO s’est dite prête à trouver une « solution négociée » face à cette crise, tout en reconnaissant l’importance des trois pays membres. Toutefois, cette offre de négociation semble arriver tardivement, laissant présager un chemin difficile vers une résolution des différends.

Cette situation soulève des interrogations quant à l’avenir de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest, dans un contexte où la stabilité politique et la lutte contre le terrorisme restent des enjeux cruciaux.


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