Urgent

Des recherches de traitement contre le Covid-19 en Afrique ?

Redigé par Daniel Le Scornet
Le 29 mars 2020 à 08:07

Dans la situation d’extrême urgence actuelle, celle de la pandémie de Covid-19, et en l’absence de traitement conventionnel, la communauté scientifique internationale travaille d’arrache-pied à la mise au point de médicaments de synthèse efficients et la recherche de vaccins.

Ces travaux sont soumis à la temporalité propre aux protocoles de recherche et de validation par des essais cliniques.

Il est donc naturel, dans cette course contre la montre, que des recherches soient aussi entreprises sur des classes thérapeutiques déjà présentes dans la pharmacopée.

On sait en la matière, avec le débat international en cours concernant la Chloroquine, que l’intérêt scientifique se porte principalement sur la classe des antipaludéens.

Dans cette sphère, les médicaments à base de plantes et de produits naturels facilement disponibles et dont l’innocuité a déjà été prouvée peuvent aussi faire gagner du temps.

Artemisia annua et Artemisia afra
L’Artemisia annua et Artemisia afra apparaissent comme deux plantes potentiellement utilisables pour cette première ligne de défense contre le Codiv-19.

Elles sont bien connues pour leurs propriétés anti malariennes largement étudiées et validées par des essais cliniques.

Leurs propriétés virales ont été jusqu’ici moins étudiées mais ce phénomène a cependant été décrit pour la première fois par une équipe de chercheurs indiens en 1991 et des études publiées à ce jour sont prometteuses. En effet plusieurs espèces d’Artemisia présentent des propriétés antivirales.

Des informations récentes rapportent que les autorités sanitaires chinoises ont annoncé, dans un article publié ce mois de mars 2020, que « pour 90% des cas positifs au Covid19, elles ont administré de l’Artemisia annua (Qing Hao) en traitement complémentaire dans le cas de syndromes pulmonaires modérés. » (Information de l’ONG Française La Maison de l’Artemisia).

Cela avait déjà été le cas lors des deux précédentes flambées de coronavirus, MERS-cov en 2012, SRAS-Cov en 2013.

Il est possible que ce traitement complémentaire ait contribué à endiguer l’épidémie de Covid-19 en Chine, pays où la médecine traditionnelle est partie intégrante de la pharmacopée.

Afin de contribuer à la réflexion, un bureau d’études récemment créé à Kigali, « Inter-Culturel  », en lien étroit avec des médecins, des chercheurs et des spécialistes de ces plantes, a entrepris de réunir les informations scientifiques aujourd’hui disponibles pour les mettre à la disposition des autorités sanitaires et de tous les acteurs engagés dans la recherche de traitements et de protocoles de soin à même d’aider les personnes ayant contracté ou étant exposées au Covid19.

Sur ces bases j’apprends juste maintenant qu’en RDC, sur deux projets de recherche contre le Covid -19 présentés à son conseil scientifique, l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), le projet Artémisia vient d’être retenu.

Cette classe de plante est cultivée dans plusieurs pays africains, dont quelques parcelles expérimentales au Rwanda. Madagascar est le pays qui en stocke la plus grande quantité actuelle.

A la condition expresse que l’hypothèse d’une efficacité soit validée par des essais cliniques -essais ayant l’avantage d’être simples, rapides et peu couteux - on peut penser que l’usage encadré des réserves africaines actuelles permettraient de protéger très rapidement, du moins en partie, les soignants et les personnes les plus exposées au Covid-19.

A cette condition, l’autonomie sanitaire des pays africains pourrait, aussi, être renforcée.

Mon souhait, avec tous les acteurs de ce dossier, est que la recherche africaine, notamment rwandaise, ne néglige pas cette hypothèse dont la validation, ou non, ne peut être tranchée que par l’organisation rapide d’essais cliniques.


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