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Debora Kayembe rejoint le club des négationnistes

Redigé par Tite Gatabazi
Le 3 août 2022 à 12:56

Elle est Rectrice de l’Université d’Edimbourg en Ecosse. Juriste de formation, elle est avocate et militante politique.

Elle s’était fait connaitre par un twitter controversé avec des ambiguïtés qui rimaient avec le négationnisme. Arguant que ses propos étaient interprétés hors du contexte.

Hier elle a participé au « twitter space » dont le thème était « Genocost » dédié au « génocide congolais ».

Et elle en a profité pour sortir du bois et confirmer ouvertement son engagement aux côtés des négationnistes.

Elle a déclaré qu’elle préparait une plainte contre le Rwanda basée sur le « mapping report ».

On peut imaginer facilement qu’elle n’est pas seule dans cette entreprise. Mais que tous les membres du club des négationnistes y prennent part à des degré divers.

Elle en fait désormais partie et s’active.

On a beau rappeler que le même mapping report, en dépit de ses failles, indique que : « APR/AFDL a épargné la vie et a même facilité le retour au Rwanda d’un grand nombre de réfugiés hutu ».

Ce constat à lui seul aurait suffi pour éviter les polémiques. Hélas non ! Cet agenda politique se poursuit, souvent avec des infortunes.

Il faut bien le rappeler, depuis juillet 1994, le Rwanda post génocide fait face à une puissante machine de désinformation dont la stratégie bien huilée de manipulation de l’opinion publique reste redoutable.

Le mapping report n’en est que la pointe émergée et visible de l’iceberg. Sauf qu’en termes d’insuffisances, il en accumule un paquet et souffre de faiblesses qui le rendent peu ou pas crédible.

Le mapping report est exploité par certains milieux à des fins politiques pour répandre le blâme sur le Rwanda post génocide et couvrir certaines responsabilités dans le génocide contre les tutsis en brandissant la « théorie du double génocide ».

Le mapping report ne répond pas aux normes de la méthodologie de recherche et le reconnait par ailleurs. Pour s’en convaincre, le mapping report repose presque entièrement sur l’utilisation de sources anonymes, des affirmations par ouï-dire, des enquêteurs et des témoins non identifiés, qui n’ont aucun indice de crédibilité, et allèguent l’existence de victimes sans certitude. En termes de rapport d’enquête, on a vu mieux.

Le mapping report fait l’impasse sur le contexte historique, notamment en ce qui concerne la nature du conflit en cours dans l’ex- Zaïre devenu République Démocratique du Congo.

Les rédacteurs du mapping report font preuve de malhonnêteté intellectuelle car ils n’évoquent nulle part le rapatriement et la réintégration de millions de réfugiés au Rwanda.

Ceci atteste du niveau de connaissances des Nations Unies concernant le processus de rapatriement qui a eu lieu au Rwanda.

Le mapping report occulte les récits de la situation, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU, des ONG et de nombreux témoins oculaires de la région ont confirmé que les forces génocidaires, se faisant souvent passer pour des réfugiés civils, opéraient sous le couvert de camps de réfugiés de l’ONU.

Dans ces conditions, le mapping report ne parvient pas à élucider les incohérences selon lesquelles les allégations des actes de génocide sont directement contredites par des efforts coordonnés pour rapatrier, réinstaller et réintégrer des millions de réfugiés hutus ; lesquelles efforts étaient soutenus par l’ONU.

Le mapping report est un rapport à la va vite. Ses auteurs ont eu un délai de six mois, pour enquêter sur un conflit vieux de dix ans dans un pays aussi grand que l’Europe.

Le mapping report est venu suppléer l’échec du rapport Bruguière. Quand des observateurs avisés affirmaient que « le juge Bruguière et son enquête ont d’abord servi la raison d’Etat, visant à protéger la position de la France et son rôle dans le génocide contre les tutsis », ils savaient de quoi ils parlaient.

Il a fallu que le juge Trevidic conduise un collège d’experts français en balistique, acoustique, explosif et que par de minutieux relevés topographiques réalisés sur terrain, ils viennent contredire le rapport du juge Bruguière.

A l’instar du mapping report, le rapport Bruguière était fondé sur des témoignages fragiles, contestés. Dont aucun élément matériel ne venait à l’appui de la démonstration.

Avec le rapport Trevidic, pièce par pièce, la construction Bruguière s’est dévastée.

Un regard rétrospectif sur l’exploitation médiatique de ce rapport atteste de l’acharnement contre le Rwanda post génocide. Et l’incrimination de « double génocide » sera reprise systématiquement depuis lors.

Faut-il le rappeler, les réactions à l’ONU au rapport Mapping, du Burundi, du Rwanda, de l’Angola et de l’Ouganda montrent que tous ces pays contestent ce travail et le considèrent comme dépourvu de rigueur, voire comportant parfois des contre-vérités.

Et pourquoi alors cette fixation sur le Rwanda ? Il y a anguille sous roche. Debora Kayembe et consorts ne le savent peut-être pas ou alors y trouvent leurs propres comptes.

Dans mapping Report, pour ceux qui ont pris la peine de le lire, ses auteurs écrivent ceci : "Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée.

Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, des guerres ainsi que de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes »

Pour les plus curieux, ils constateront que l’expression « nombre indéterminé » est utilisée cent soixante-dix-sept fois dans ce rapport mapping.

L’équipe d’enquête du Secrétaire général de l’ONU déployée en RDC juste après les événements a démontré dans son rapport final les défis que pose la référence à une intention spécifique claire à la base des tueries des Hutus en RDC en ces termes :

« Il est clair que, lorsque les camps du Nord-Kivu ont été attaqués, en octobre et novembre 1996, l’un des objectifs était de contraindre les réfugiés résidant dans les camps à regagner le territoire rwandais. Dans une certaine mesure, le retour a été volontaire puisque de nombreux réfugiés authentiques avaient été empêchés de rentrer dans leur pays par les éléments militaires présents dans les camps ».

Ce rapport est un parmi tant d’autres mais il ne bénéficie pas d’une couverture médiatique aussi fournie que le fameux mapping.

Les tenants dudit mapping n’évoquent jamais ces refugies hutus pris en otage dans les camps, qu’ils ont été utilisés comme bouclier humain par les ex FAR et interahamwe.

Docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix, connu pour son travail de gynécologue à l’hôpital de Panzi, dans la périphérie de Bukavu, fait partie de ces voix qui font la promotion du mapping report.

A l’instar d’autres négationnistes, il en a fait son cheval de bataille.

Compte tenu de son combat et sa notoriété, sa parole est particulièrement légitime. Malheureusement, le mapping report est imprécis et contradictoire même dans l’identification des auteurs du massacre de Lemera, hôpital ou prestait Dr Mukwege avant de déménager à Panzi.

Le mapping report fait usage du conditionnel et de l’hypothèse. Mais Dr Mukwege s’en accommode.

Le paradoxe avec son activisme, ce qu’il n’évoque que le mapping report. Il passe sous silence les massacres de ses voisins du Sud, les banyamulenges, il n’évoque pas les massacres dans le Nord Kivu, dans l’Ituri.

Dr Mukwege est sélectif et cela pose un problème éthique de son engagement. Tout compte fait, après la publication du mapping report, les affrontements entre la centaine des groupes armés et les massacres des civils continuent en République Démocratique du Congo et ce, en présence des troupes de la MONUSCO.

Ces groupes armés se sont fragmentés et multipliés et les atteintes à la sécurité sont perpétrées en toute impunité.

Et la présence de la Monusco n’a pas éradiquer la violence et les forces négatives.


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