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Crise en Afrique de l’Ouest : entre aspirations populaires et interventions militaires

Redigé par Tite Gatabazi
Le 14 août 2023 à 07:01

Le Niger devient le quatrième état de la zone à être secoué par un renversement militaire en l’espace de trois ans, s’ajoutant ainsi à la série croissante de pays ouest-africains (Mali, Guinée, Burkina Faso) subissant un sort similaire.

Chaque situation est marquée par des réactions familières : la CEDEAO et l’UEMOA, avec le soutien de l’Union africaine (UA) et d’autres acteurs internationaux, plaident pour un retour à l’ordre constitutionnel et imposent diverses sanctions économiques en réponse.

Concernant le Niger, certains ont souligné que ces sanctions étaient plus sévères que celles imposées au Mali en 2022, sans grand résultat.

Alors que le Nigeria était moins impliqué sous la direction de Buhari, sous la nouvelle présidence de Bola Tinubu, qui préside également la CEDEAO, le pays envisage de reprendre un rôle plus actif.

Cependant, le focus n’est pas sur une coopération accrue, mais sur une éventuelle action militaire. Il faut le dire clairement : une telle démarche, si elle devait se concrétiser, pourrait compromettre les objectifs de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Ce texte ne vise pas à choisir un côté plutôt qu’un autre. Les Africains montrent clairement leur frustration face à des leaders, civils ou militaires, jugés corrompus et inefficaces.

La situation n’est pas simplement une histoire de "bons" contre "mauvais". Les mouvements sociaux qui émergent reflètent le ras-le-bol des citoyens face aux élites liées à des agendas étrangers et leur désir d’un avenir plus prometteur.

Ces mêmes citoyens cherchent la paix, la stabilité, une juste répartition des ressources et la fin de la corruption qui affecte le continent depuis les indépendances. Dans ce contexte, les militaires peuvent sembler une alternative, même si leur légitimité constitutionnelle est discutable.

Dans le tumulte actuel en Afrique de l’Ouest, il est essentiel de rappeler certains faits. La première question qui se pose est : sur quelle base légale la CEDEAO envisage-t-elle d’intervenir militairement ?

L’article 58 du traité, renforcé par le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance signé à Dakar en 2001, n’autorise pas clairement une intervention militaire.

Bien que des sanctions soient envisagées en cas de "rupture de la démocratie", il est difficile d’y voir une autorisation explicite pour une action armée.


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