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Changements notables à Bangui : un nouveau visage de paix et de sécurité

Redigé par Franck_Espoir Ndizeye
Le 23 novembre 2023 à 03:05

Fin 2020, une visite à Bangui, capitale de la République centrafricaine, révélait une ville en proie à l’insécurité. Des coups de feu retentissaient quotidiennement, témoignant d’un climat tendu. Aujourd’hui, la situation a évolué, les résidents connaissent une tranquillité retrouvée.

Malgré ces améliorations, Bangui reste marquée par les rumeurs persistantes d’attaques et de menaces terroristes, perturbant la vie quotidienne. Une rumeur particulièrement perturbatrice a circulé, affirmant que des combattants de l’opposition avaient infiltré la ville, provoquant une fuite temporaire du président.

Cet épisode a engendré un mouvement de panique parmi la population, avant qu’il ne soit révélé que ces craintes étaient infondées.

La stabilisation actuelle de Bangui est en grande partie due à l’intervention de l’armée rwandaise.

Arrivés en janvier 2014 dans le cadre d’une mission de l’Union-Africaine (MISCA), ces soldats ont par la suite intégré la mission de l’ONU, la Minusca.

Leur mission première a été de protéger les civils, les installations de l’ONU, ainsi que le chef de l’État et sa famille, contribuant ainsi à la sécurité de la ville, qui abrite près d’un million d’habitants sur une superficie de 67 km².

La République centrafricaine, avec ses cinq millions d’habitants et une superficie de 622 984 km², majoritairement couverte de forêts, a connu un déploiement de l’armée rwandaise suite à un conflit débuté en 2012.

Ce conflit a vu l’émergence du groupe armé Séléka au nord, et une tentative avortée de coup d’État.

Un accord de partage du pouvoir entre ce groupe et le gouvernement a été rompu par François Bozizé, entraînant des affrontements qui ont culminé avec la prise de Bangui par Séléka et la fuite du président.

En réponse, une faction chrétienne, majoritaire dans le sud du pays, a formé le groupe Anti-Balaka.

Les affrontements entre ces deux factions ont plongé le pays dans un chaos profond, marqué par des combats intenses, un effondrement national, des déplacements massifs de population et une crise humanitaire.

Cette situation complexe a conduit à de nombreux accords de paix, qui n’ont cependant pas réussi à instaurer une stabilité durable.

2 110 Militaires Rwandais dans la Mission Minusca

Actuellement, 2 110 militaires rwandais jouent un rôle crucial dans la mission Minusca, dédiée au maintien de la paix. Parmi eux, se distingue un groupe chargé de la protection du chef de l’État depuis 2014, une responsabilité confiée à des jeunes hommes et femmes hautement qualifiés de l’armée rwandaise.

Un membre de cette unité d’élite, affecté à la sécurité du président Touadéra, a partagé ses impressions avec le média IGIHE :

« C’est un engagement exigeant, où la vigilance est de mise à chaque instant. Notre capacité à répondre efficacement aux situations imprévues est le fruit d’une préparation rigoureuse et du leadership inspirant de nos supérieurs. »

En plus de leur mission de protection rapprochée, ces soldats rwandais sont également chargés de sécuriser des lieux stratégiques tels que la résidence présidentielle et l’aéroport de M’poko. Leur présence est un gage de sécurité et de stabilité pour la capitale.

Le déploiement de ces forces a eu un impact positif notable sur l’économie locale.

Les entrepreneurs, rassurés par cette sécurité renforcée, ont repris leurs activités sans entrave. Cette évolution favorable a également attiré des investissements rwandais à Bangui, notamment dans les secteurs du commerce et de l’agriculture, témoignant ainsi de la confiance retrouvée dans la stabilité de la région.

L’excellence des forces spéciales rwandaises en RCA

En complément des forces de la MINUSCA, environ 1 200 militaires rwandais ont été envoyés en République centrafricaine depuis 2020, suite à un accord bilatéral entre les deux pays.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une coopération renforcée, englobant l’échange de connaissances en matière de sécurité et de coopération commerciale.

Ces troupes d’élite ont été déployées à un moment critique, alors que François Bozizé orchestrait des plans pour renverser le gouvernement de Touadera. Face à cette période d’incertitude et de tension, même l’armée rwandaise opérant sous l’égide de l’ONU se trouvait confrontée à des défis majeurs.

Leur mission principale a été de contrecarrer les tentatives de Bozizé et de garantir la protection des membres de la mission de l’ONU. Leur arrivée coïncidait avec les préparatifs de l’élection présidentielle, qui a vu la réélection du président Touadéra.

Après leur arrivée à Bangui, ces forces spéciales ont étendu leur opération à Sibut, puis à Dékoa, à environ 250 kilomètres de la capitale, ainsi qu’à Batangafo et Kaga Bandoro.

Le président Kagame, lors d’une conférence de presse le 21 décembre 2020, a souligné l’importance stratégique de ces troupes.

Il a affirmé : « Les soldats que nous avons déployés avaient une mission distincte de celle de l’ONU, visant à contrer toute action susceptible de perturber les élections et à parer aux attaques contre nos forces en MINUSCA. Ils étaient donc mandatés pour gérer spécifiquement ces enjeux. »

Selon le président Kagame, l’intervention de l’armée rwandaise avait pour but de maintenir l’ordre et d’assurer le bon déroulement des processus démocratiques, en réponse aux tentatives de déstabilisation.

Cette opération démontre l’efficacité et la détermination des forces spéciales rwandaises dans le maintien de la paix et de la stabilité en République centrafricaine, soulignant leur rôle crucial dans des situations de crise complexe.

120 formateurs militaires rwandais : bâtir l’avenir de la défense centrafricaine

Au sein des forces rwandaises déployées en RCA 120 militaires se distinguent par une mission spécifique : ils sont chargés de former l’armée centrafricaine. Cette initiative stratégique vise à assurer que, même après le retrait des troupes rwandaises, les forces centrafricaines soient parfaitement capables d’assurer la défense nationale.

La première promotion de soldats centrafricains formés par les Forces de Défense Rwandaises (RDF) achèvera sa formation le 24 novembre.

Ce groupe, composé de 513 soldats, sera prêt à assumer les responsabilités de sécurité du pays, notamment la protection de la population et des infrastructures, ainsi que l’escorte des marchandises jusqu’aux frontières du Cameroun et du Tchad, des tâches actuellement exécutées par les RDF.

En outre, les forces rwandaises sont actuellement stationnées dans une zone stratégique à la frontière entre la République Centrafricaine et le Soudan, plus précisément à Sam-Ouandja.

Elles jouent un rôle essentiel dans la surveillance des activités susceptibles de perturber la sécurité, en particulier dans la région de Damara, proche de la frontière avec le Tchad.

Le général de brigade Ronald Rwivanga, porte-parole de l’armée rwandaise, a souligné l’impact positif de cette présence militaire :

« La sécurité est omniprésente, les habitants et les étrangers peuvent commercer en toute sérénité, même tard dans la nuit. La crainte d’attaques de la part des groupes Anti-Balaka ou Séléka s’est dissipée. »

En parallèle, les patrouilles militaires rwandaises maintiennent une surveillance constante autour de la ville, adoptant une approche similaire à celle mise en œuvre au Rwanda, pour assurer la sécurité et le bien-être de la population.


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