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Avril des ténèbres :26ème année du génocide des Tutsi au Rwanda- Jour 15/100:Le livre

Redigé par Prince Gael Nyangezi
Le 2 mai 2020 à 09:16

La sagesse réside dans la culture, disait mon père. Lire tout ce qui vous vient en face permet d’analyser les différentes versions. Son efficacité et son pouvoir d’illuminer les esprits font du livre le premier outil tant convoité par les grands de ce monde. Inutile de dire que son utilisation a permis aux décideurs d’être là où ils sont actuellement.

Nous sommes actuellement une société de l’image et nous vivons dans l’image médiatique où nos cerveaux sont hypnotisés par les écrans qui nous sont à portée de main. La valeur du livre se perd, et avec lui la culture et toute sa sagesse. En ces temps de mémoire des victimes du génocide des Tutsi du Rwanda, et cela depuis 26 ans, de plus en plus de gens se livrent au jeu des mots remuant les plaies des rescapés sur les réseaux sociaux. Des intellectuels habiles dans le maniement de leurs plumes détournent et déforment l’histoire qui reste têtue par ses faits et blessures profondément ancrés sur les collines du pays.

La jeunesse Rwandaise doit comprendre que dans ces réseaux sociaux, dans cette connaissance accessible immédiatement dans la société de l’image que nous vivons, il y a une certaine façon aussi de conditionner nos esprits et nôtre vie intérieure par des images qu’on nous offre. Et c’est peut-être là où dans notre conscience d’homme, dans notre conscience contemporaine, il faut s’arrêter et prendre un livre, l’ancien moyen de l’accès à la connaissance. Lire c’est chercher à conquérir ce monde qui nous cache encore des choses pourtant à notre portée. Évitant ainsi de se laisser intoxiquer par l’internet.

On sait combien la nouvelle génération n’aime pas la lecture et pourtant c’est une habitude qu’il faut prendre, se réconcilier avec les mots, se réconcilier avec les phrases. Parce que la phrase, les mots, nous permettent de construire une intelligence qui est la nôtre. Ce sont nos images auxquels nous donnons naissance, ce sont nos pensées que nous construisons. Si non, nous risquons nous enfermer dans les images des autres au lieu de construire nos propres images par le verbe qui devient le nôtre. Le verbe qui décrit les images authentiques des nôtres dans leur pénible voyage de la mort imposé par leurs propres frères et sœurs.

Pour ces étrangers qui s’autoproclament spécialistes du pays de mille collines, se lançant dans des aventures d’écrivains historiens de la tragédie des Tutsi, donnez-vous la peine de quitter le confort de vos bureaux à des milliers de kilomètres des mémoriaux du génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 pour venir sur le terrain écrire vos livres, pour la vraie histoire, celle qui se lit dans les paysages, les collines, les visages et âmes autour de ceux qui ont survécu à cette apocalypse.

Jeunes Rwandais, la lecture, en résumé, c’est l’intelligence en elle-même.Utiliser modérément les médias sociaux et prenez le temps de lire, ça peut être quelques pages, quelques lignes, mais le verbe c’est la réconciliation de notre être avec notre univers intérieur. Le verbe nous libère et notre liberté tiens aussi à ce verbe.


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