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Avril des ténèbres : 26ème année du génocide des Tutsi au Rwanda ; Jour 13/100 : Les Frontières.

Redigé par Prince M. Gaël NYANGEZI
Le 29 avril 2020 à 12:09

Tout se décida entre novembre 1884 et février 1885, lors de la conférence de Berlin. Si les territoires africains ont été découpés sans tenir compte des peuples qui y habitaient, c’est simplement parce que les frontières n’ont pas été tracées pour ses peuples, mais plutôt en fonction des intérêts géostratégiques et économiques des colonisateurs. Et tout cela est bien connu par tous nos dirigeants africains même si cela n’empêche pas que nombreux parmi eux, ont accentué ces division en menant des politiques divisionnistes à l’intérieur même de leurs pays. Ce fut le cas des régimes extrémistes et génocidaires au Rwanda jusqu’à sa libération en 1994.

À Quelque chose malheur est bon, dit-on. Avec la pandémie covid-19, un paradoxe s’observe dans le monde d’aujourd’hui. Tous ces pays qui se ferment, toutes ces frontières qui s’affirment entre les pays où l’on ne doit pas traverser la frontière, où l’on doit rester confiner chez lui, chaque pays réagissant au destin qui est le sien, à sa façon avec sa politique. La cohésion de l’action commune se révélant être, encore une énième fois dans notre sous-région, comme une utopie ou un mirage qui disparaît à chaque fois qu’on s’en approche.

Cependant, dans toutes ces frontières qui se ferment, où on nous renvoie à nos nationalités, à nos territoires, que retrouvons- nous ? Eh bien, rien d’autre que la commune condition humaine. Nous nous retrouvons tous réduits exactement à la même chose. Avec les mêmes questionnements et avec les mêmes réalités.Ca nous renvoie à quelque chose qui est un enseignement fondamental.Nous avons beau nous distinguer en nations, en nous séparant et penser que notre destin vaut mieux que celui du voisin. Mais au bout du compte, nous restons des êtres humains, devant vivre avec la même peur face à la mort et on se rend compte que même avec les frontières qui nous séparent, l’objectif commun de survie nous oblige de nous réunir dans la même humanité qui nous définit et qui nous détermine.

A défaut de cette cohésion de l’action commune de part et d’autre des frontières, Il faudra bien que nous, en frères et sœursdansl’identité Rwandaise, nous trouvions les solutions qui sont adéquatement et proprement viables pour tous. Face au sacrifice et aux conséquences économiques que ça nous inflige, nous pouvons nous tromper en tant que nation, mais nous ne pouvons pas nous tromper en tant qu’humanité tout entière. Il faudra bien trouver les moyens de se protéger mutuellement ensemble en solidarité.

Ce qui se passe au-delà des frontières, nous ne pouvons pas y échapper mais nous pouvons faire en sorte que ça ne nous affecte pas ou d’en limiter la portée des dégâts si nous restons unies, disciplinés et que nous ne nous éparpillons pas dans la mise en applications des directives des autorités compétentes. Pour nos voisins, on ne peut que leur rappeler ce que disait Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des … ».


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