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Avril des ténèbres ; 26ème année du génocide des Tutsi - Jour 6/100 : Le temps

Redigé par Prince Gael Nyangezi
Le 17 avril 2020 à 07:44

Il n’y a jamais eu assez de mots. Il n’y en a tout autant qu’il n’y en aura jamais assez pour exprimer, qualifier ou définir les peines et souffrances qu’on a ressenties,ressentons de ce qui s’est passé pendant le génocide des tutsi en 1994.

Quand vos« Nazi Hitlériens » à vous, ce sont vos époux, frères de vos épouses, avec ou sans leur complicité, enfants des voisins avec qui vous avez tout partagé …
Cependant, 26 ans plus tard, il y a une notion sur laquelle il faut s’arrêter et souligner son rôle et sa magie dans le cheminement de l’accomplissement de soi, et c’est celle du temps.

Catherine Malabou, dans ses Textes expliqués, sujets analysés, glossaire de janvier 2019 définit le temps qui passe comme étant synonyme de vieillissement et de déclin. Cela est vrai.Mais alors,peut-on appréhender le passage du temps comme un parcours en ligne droite qui, de la naissance à la mort, donnerait à l’existence la forme d’une trajectoire rectiligne ? Si tel était le cas, comment pourrait-on expliquer le travail de mémoire, les brusques retours du passé dans le présent, qui nous donnent le sentiment que la mort et le néant sont tout autant derrière que devant nous, comme si notre vie était prise en un cercle ?
Ce qui est sûr et vrai, nous abordons ici une notion d’autant plus importante parce que, aussi simplement qu’on le sait tous, le temps c’est la vie.Et la vie, c’est effectivement ce que nous dépensons sans nous en rendre compte. Une journée de notre vie qui part, c’est une journée qui ne reviendra jamais, une journée pour laquelle il faut se poser la question de savoir si nous en avons donné le vrai sens, la vraie orientation, la juste vie, la bonne vie.

C’est donc à travers le temps que nous avons une appréciation des choses mais c’est aussi à travers le temps que nous nous réalisons. La vie quotidienne nous permet de gérer le temps de la façon la plus aisée possible. Nous nous retrouvons donc dans ces moments, dans cette période de lourds souvenirs pendant laquelle il faut faire face à son temps, face à sa gestion du temps, face à la réalité du temps pour lui donner du sens, pour lui donner de la densité, parce qu’avec le temps tout s’en va sauf l’essentiel.

L’essentiel en question est la mémoire que nous entretenons à l’endroit de nos disparus. C’est aussi notre relation avec le créateur ou l’univers pour les non croyants, notre relation avec nous-mêmes. C’est notre quête au quotidien de l’amour, de la fraternité, de la solidarité humaine…

Dis-moi comment tu gères ton temps je te dirai qui tu es. Et si tu passes ton temps à le perdre, tu te perds. N’oubliez pas, il faut dire je t’aime à ceux et celles que vous aimez.


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