Urgent

26ème année du génocide des Tutsi au Rwanda ; Jour 10/100:La Solidarité

Redigé par Prince M. Gaël NYANGEZI
Le 25 avril 2020 à 06:15

La notion de solidarité semble être trop confuse, trop polysémique et émotionnellement chargée pour être introduite directement dans des réflexions philosophiques contemporaines et nous pouvons facilement le comprendre. Si nous envisageons le sens communément accepté de la notion de solidarité comme se référant au fait de se sentir liés par une responsabilité ou des intérêts communs, ou comme relevant d’un sentiment de conscience d’une communauté d’intérêts qui entraîne une obligation morale d’assistance, nous pouvons effectivement avoir l’impression d’entrer dans un sous-bois de concepts mous, ne faisant que jouer sur nos émotions.

Le cas se complique davantage si l’on considère que cette notion, par la suite, fait référence, sinon se conjugue à d’autres concepts mous, comme ceux de "justice sociale", de "respect", de "fraternité", de "cosmopolitisme", etc. Le Rwanda a manqué, a failli à cette notion depuis longtemps, se bornant à faire la propagande du le tribalisme ethnique HUTU, TUTSI et TWA au lieu de se solidariser derrière la seule identité de valeur de "NDI UMUNYRWANDA", je suis Rwandais avant et après tout.

Le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994 aurait été difficilement exécutable au cas où les régimes génocidaires ne s’étaient pas investis à fond dans la division des Rwandais. Ces régimes n’ont fait qu’exécuter l’idéologie divisionniste des colons belges qui ne pouvaient nous offrir que ce qu’ils avaient/ont eux-mêmes. Transposant les clivages Wallons-Flammands dans la société rwandaise qu’ils venaient d’hériter de la Société des Nations en 1919, ces colons ont chambardé les alors existantes classes sociales parfaitement dynamiques en ethnies complètement dissociées de leur origine commune KANYARWANDA dit "fils de GIHANGA" qui a forgé (wahanze) le Rwanda.

Cette année, le moment de deuil où nous nous rappelons des nôtres qui ont subi dans la grande souffrance le génocide des tutsi, coïncide avec le confinement dû à la pandémie mondiale du Covid 19. C’est un moment pendant lequel on parle beaucoup de solidarité. Au moment où nous commémorons la mémoire des nôtres, il faut parler beaucoup de solidarité. Pas seulement en tant que notion mais comme un état d’esprit dans lequel nous devons nous retrouver. Un état de solidarité socialement rwandaise. En ce moment ci, la solidarité commence par la façon dont nous agissons nous-mêmes parce que, dans notre façon de respecter le confinement, on s’aperçoit que bien sûr nous le faisons pour nous- mêmes, que c’est pour premièrement pour nous protéger mais en même temps en préservant la vie des autres.

Et puis beaucoup plus généralement, on s’aperçoit qu’il y a des actes de solidarité qui sont déterminants. Pour nous, ça veut dire que montrer la solidarité que nous avons vis-à-vis de notre entourage, vis-à-vis de nos voisins, vis-à-vis des gens, on voit partout actuellement des hommes et femmes qui sont dans un engagement de solidarité extraordinaire. On parle des soignants, de ceux qui sont dans des hôpitaux, mais pas seulement ceux-là, il y a tous ceux qui sont à pied levé et n’attendent qu’un appel pour porter secours immédiat aux malades et les transporter à l’hôpital. Plus que cela, sont admirables également ceux-là qui vont s’approvisionner en vivres et autres biens de première nécessité dans les alimentations et supermarchés pour distribuer aux plus démunis. Quel élan de solidarité de tous ceux-là qui exposent leurs vies pour faire en sorte que nous continuons de vivre !

Eh bien, il y a une solidarité fondamentale, une solidarité humaine, une solidarité sociale très active de la part des hommes et femmes autour d’une seule valeur-identité (INDANGAGACIRO) d’un Rwandais qui risque sa vie pour d’autres milliers de Rwandais. C’est cette solidarité qui nous assurera la victoire.


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