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Violences meurtrières en RCA : HRW pointe l’action tardive de la Minusca
Publié le 2-11-2016 - à 11:10' par IGIHE

Retour sur les violences qui ont embrasé la ville de Kaga-Bandoro dans le nord de la RCA il y a trois semaines, le 12 octobre. La mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) et l’ONG Human Rights Watch sortent quasi simultanément leurs rapports respectifs sur ces événements. Elles aboutissent aux mêmes conclusions à un détail près : le rapport onusien ne mentionne pas le rôle controversé des casques bleus.

Le 12 octobre au matin, entre 8h et 9h, plusieurs groupes de combattants Seleka, des factions du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ainsi que des membres de groupes d’auto-défense musulmans, quittent les quartiers commerçants du nord de la ville pour le sud, la zone administrative où se trouvent les déplacés et les locaux des ONG.

Ils pillent et tuent de manière indiscriminée, en représailles à la mort la veille d’un Seleka tué dans une tentative de braquage. Ils s’en prennent en particulier au site de déplacés de l’évêché : 37 civils sont tués, près de 600 abris ou maisons incendiés et pillés. Des anti-balaka auraient également profité de la confusion pour piller à leur tour, selon ces enquêtes. L’ONU leur impute d’ailleurs deux meurtres. Les Nations unies exhortent le gouvernement à enquêter pour traduire les responsables en justice.

« Nous demandons au gouvernement de bien mener les enquêtes qui sont déjà ouvertes, parce qu’il faut que le gouvernement mette l’accent sur la lutte contre l’impunité, souligne Musa Gasama, le directeur de la division droits de l’homme de la Minusca et l’un des rédacteurs du rapport onusien. Il faut que ça soit clair et il faut initier des poursuites. » Selon lui, les autorités centrafricaines ont besoin d’un « appui international ».

Pour Human Rights Watch, de telles attaques relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale. Les deux organisations appellent également la communauté internationale à soutenir la mise en place de la Cour pénale spéciale, attendue depuis des mois.

Controverse sur le rôle des casques bleus

Mais le rapport des Nations unies ne mentionne pas le rôle des casques bleus dont certains finissent par repousser les assaillants en tuant une dizaine de Seleka. Pour HRW, les casques bleus de la Minusca sont intervenus trop tard, après que les assaillants ont traversé le pont qui sépare les quartiers musulmans du reste de la ville. L’ONG déplore que ces casques bleus n’aient pas stoppé le raid des Seleka au moment où ils passaient le pont qui sépare les quartiers musulmans et non musulmans.

« La première vague d’assaillants armés de machettes et de couteaux, ils ont traversé un pont où se trouvaient une dizaine de soldats de la Minusca, raconte Lewis Mudge, chercheur de l’ONG et spécialiste de la RCA. Par la suite, ils ont attaqué les civils et brûlé les maisons. Tout de suite après, il y a eu une deuxième vague [d’assaillants]. C’était les Seleka à motos, armés des kalachnikovs et des lance-roquettes. On parle d’une vingtaine de Seleka au moins qui ont traversé le pont. »

Il précise que Human Rights Watch demande à la Minusca « pourquoi ils n’ont pas fait un effort pour essayer de stopper » les hommes armés, soulignant tout de même que « vers la fin de l’attaque, ils ont commencé à essayer de repousser les Seleka. Mais à ce moment-là, c’était trop tard ».

En réaction à ces accusations, Musa Gasama admet que la Minusca « aurait peut-être pu faire mieux ». Pour lui, la force de l’ONU a tiré des leçons de cet incident et « le dispositif actuel à Kaga-Bandoro va quand même prévenir d’autres incidents de telle nature ».

Avec rfi.fr


Kwamamaza
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