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[Reportage] Irak : au cœur du conflit, des familles parviennent à fuir Mossoul
Publié le 27-10-2016 - à 13:57' par IGIHE

Mossoul, deuxième ville d’Irak sous contrôle jihadiste, est au cœur d’une bataille acharnée. Les forces irakiennes combattent sans relâche depuis une dizaine de jours pour mettre fin à la présence du califat en Irak. Principale difficulté : épargner la population. Plus d’un million d’habitants sont prisonniers dans cette ville. Chaque jour, les forces spéciales irakiennes mènent des missions de sauvetage pour récupérer les familles qui parviennent à s’échapper des zones jihadistes.

De notre envoyé spécial sur le front de Mossoul,

Avec des chants religieux en guise de branle-bas de combats, la base militaire de Qayyarah, au sud de Mossoul, se réveille. Les soldats irakiens s’extirpent de leurs tentes poussiéreuses. Direction les premières lignes du front pour prendre la relève. Les blindés se mettent en route. Lentement, ils quittent leur camp.

La visibilité quasi nulle n’inquiète pas le soldat Hussein Attia : « Toute cette fumée ici, dans la région de Qayyarah, (…) vient des puits de pétrole qui sont en train de brûler. Les terroristes de Daech y ont mis le feu et ont fait exploser une usine de soufre. Ce sont surtout nos lignes avancées qui ont été affectées. Mais nous avons des masques. La fumée va bien finir par se dissiper. »

Sur la position d’une division d’infanterie, un groupe de soldats procède à des tirs d’obus. Dans la nuit, les forces spéciales sont parvenues à sauver trois personnes, une mère et ses enfants. Ils ont quitté Mossoul à pied et ont erré plusieurs heures dans la plaine de Ninive.

Le sous-officier Ziad Qrin a participé à l’opération de sauvetage : « Nous avons peur pour les familles. En opération, nous devons être vigilants. Il y a beaucoup de familles qui fuient Mossoul. Il ne faut pas les confondre avec l’ennemi. Depuis le début de l’offensive, nous en avons sauvé plusieurs. A l’aube, nous avons vu cette femme seule. Ses enfants étaient derrière elle. Nous les avons tout de suite mis dans un véhicule et envoyés vers le village de Qayyarah. »

« J’espère vraiment que le monde fait la différence entre Daech et nous »

A Qayyarah, la plupart des familles qui ont fui Mossoul refusent de s’exprimer. Terrorisées par deux ans de vie sous le règne des jihadistes, elles craignent des représailles.

Seul un jeune homme accepte de raconter son histoire, à condition de rester anonyme : « Daech applique ses peines sur une place publique à Mossoul. Certains se déplaçaient pour assister aux exécutions. Je voyais toutes ces personnes qui se rassemblaient. Mais moi, je ne voulais pas voir ça. Ils coupaient les mains de gens qu’ils accusaient de vol, alors que ce sont eux les plus grands voleurs. Ils accusaient des hommes d’actes homosexuels et les tuaient. Pour eux, nous sommes tous des criminels. J’ai honte de l’image qu’ils ont donnée de notre société. A l’étranger, les gens doivent se dire que les habitants de la province de Ninive et de Mossoul sont tous des dépravés. J’espère vraiment que le monde fait la différence entre Daech et nous. »

Durant l’été 2015, ce jeune habitant de Mossoul a vu certains de ses amis partir en Europe. Leurs proches ont tout vendu et payé des passeurs, seul moyen pour quitter cette ville, véritable prison à ciel ouvert. « Il fallait beaucoup d’argent pour partir, affirme-t-il. En plus, ce n’est pas facile de laisser sa famille. Ceux qui sont partis avaient peu d’attaches. Mais pour les personnes comme moi, ce n’est pas possible. Lorsque vous avez des parents âgés à votre charge, vous ne pouvez pas les laisser. Les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens n’ont pas pu partir. Ils ne voulaient pas abandonner leur maison. Et moi non plus, je ne voulais pas laisser notre maison. C’est tout ce qu’on possède. La vie était dure. Parfois, des avions bombardaient les positions de Daech. Alors Daech a établi ces centres de commandement au milieu de nos quartiers pour échapper aux frappes aériennes. »

A Mossoul, les civils servent de bouclier humain aux jihadistes. Sur le million d’habitants que compte cette ville, seules 5 500 personnes ont pu fuir depuis le début de l’offensive.

Avec rfi.fr


Kwamamaza
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