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Le Kenya aux JO : brillant sur la piste, étincelant dans la controverse
Publié le 25-08-2016 - à 16:21' par IGIHE

Avec des coureurs de fond élevés au rang de héros nationaux, le Kenya pensait sans doute oublier les vieux démons du dopage et de la corruption aux jeux de Rio, mais la délégation kényane se sera au final distinguée par des frasques aussi étincelantes que ses performances athlétiques.

Six médailles d’or, dont un doublé inédit sur les marathons masculin et féminin, six d’argent et une de bronze ne suffiront pas à faire oublier les faux-pas à Rio de cette nation est-africaine, dont l’athlétisme est déjà affaibli depuis plusieurs années par de nombreuses accusations de dopage.

En tête des controverses kényanes, le renvoi au beau milieu des jeux du manager de l’équipe d’athlétisme, Michael Rotich, accusé d’avoir réclamé en janvier un pot-de-vin en échange d’informations sur des tests antidopage, suivi par celui d’un entraîneur soupçonné de s’être présenté en lieu et en place d’un de ses athlètes à un contrôle antidopage.

Arrêté à son retour au pays puis libéré sous caution notamment en raison de son état de santé, M. Rotich fait l’objet d’une enquête mais n’a pas encore été inculpé.

Mais au-delà du dopage, c’est toute la gestion de l’équipe olympique qui est pointée du doigt, les dérapages allant de vols présumés de tenues sportives officielles au voyage à Rio de dizaines de délégués aux fonctions obscures, vraisemblablement désireux de passer quelques jours tous frais payés du côté de Copacabana.

Les cafouillages administratifs ont aussi été au rendez-vous, entraînant des situations aussi cocasses que surréalistes : lors du départ de l’équipe olympique depuis l’aéroport de Nairobi, aucun billet d’avion n’avait été réservé pour le champion du monde du lancer du javelot Julius Yego, qui s’est paré d’argent aux jeux de Rio.

Le sprinter Carvin Nkanata a quant à lui failli être privé des séries du 200m : aucune accréditation ne lui avait été fournie, entraînant son retour forcé aux Etats-Unis, où il vit, avant qu’il ne soit finalement autorisé à concourir.

Lors de la cérémonie d’ouverture, les athlètes kényans ne portaient pas tous les mêmes tenues, car une partie d’entre elles n’aurait jamais été remise aux sportifs.

L’équipementier Nike s’en est plaint auprès du gouvernement kényan, qui a par la suite ordonné l’ouverture d’une enquête pénale et parlementaire sur la gestion de l’équipe olympique.

- ’Des têtes doivent tomber’ -

"Il faudra répondre de certains actes", a averti lundi le président kényan Uhuru Kenyatta. "Nous ferons en sorte d’apprendre de ces erreurs, de trouver des réponses, de prendre des mesures", a-t-il encore assuré.

Déjà sous pression au parlement, où certains députés réclament sa démission, le ministre des Sports en personne, Hassan Wario, a été convoqué mardi au Département des enquêtes pénales (DCI) pour être interrogé.

"Il lui a été demandé d’expliquer ce qui s’est passé exactement à Rio, et plus spécifiquement comment l’équipe a été traitée, qui a voyagé au sein du contingent envoyé à Rio ainsi que d’expliquer les allégations de l’équipementier Nike sur la distribution des tenues", a indiqué à l’AFP une source bien informée au sein du département du DCI.

"Il est évident que des têtes doivent tomber", a ajouté la même source.

La gronde se faisait également entendre parmi les députés. "Ces histoires à Rio sont une honte, il est choquant de voir que des responsables vendaient des tenues de course", s’est emporté l’un d’eux, Isaac Mwaura.

Une quarantaine d’athlètes kényans ont été impliqués dans des affaires de dopage au cours des trois dernières années.

Ce n’est qu’à la veille de la cérémonie d’ouverture que l’Agence mondiale antidopage (AMA) a retiré le Kenya de sa liste des pays "non conformes", à la suite de l’adoption d’une nouvelle loi antidopage que le pays est-africain a dû réviser dans l’urgence à plusieurs reprises.

Reste à savoir si le tollé provoqué par les frasques des officiels kényans à Rio donnera lieu à des poursuites ou si les récentes déclarations comminatoires de l’exécutif s’ajouteront à longue liste des promesses de lutte contre la corruption restées lettre morte.

AFP


Kwamamaza
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